Calais : des associations dénoncent un arrêté incitant "à la haine" envers les migrants

Calais : des associations dénoncent un arrêté incitant "à la haine" envers les migrants
Population

COLÈRE – Des associations d’aide aux migrants dénoncent un arrêté pris par la ville de Calais visant à interdire aux réfugiés de se rendre dans le centre-ville.

Le 18 octobre dernier, la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), a pris un arrêté municipal stipulant que, "sauf autorisation particulière, sont interdites toutes occupations abusives, prolongées et répétées du centre-ville de Calais". Une disposition que dénoncent une vingtaine d’associations et de collectifs d’aide aux migrants. Elle a selon eux pour effet d’interdire les distributions de repas en centre-ville et "[relève] de l’incitation à la haine".

La mairie justifie cette décision par "les troubles à l’ordre public générés par les attroupements de migrants" avec "amoncellement de déchets, déjections humaines, présence de rats et rixes", et affirme que la distribution de repas assurée par l'Etat depuis 2018 "a toujours répondu aux besoins".

"En raison de la richesse de la programmation culturelle, sportive et touristique des prochaines semaines, les familles et les touristes sont attendus en masse et les troubles générés par la présence de migrants risquent de fragiliser la bonne organisation de ces événements d’une part, mais surtout de porter atteinte à la sécurité de ces familles et de ces touristes", est-il écrit dans l’arrêté, qui court jusqu'au 6 janvier 2020.

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Les associations dénoncent une "exclusion spatiale"

Cet arrêté a donc mis en colère les associations, dont la fondation Abbé Pierre, le Secours catholique du Pas-de-Calais et l’Auberge des migrants, qui ont publié un communiqué. Pour eux, ces propos "créent une catégorie 'migrants' qui serait composée de personnes violentes et sales, utilisée pour invisibiliser une fois de plus ces personnes dont la simple présence est considérée comme agressive". "Cet arrêté ajoute à l’exclusion sociale de ces personnes vulnérables une exclusion spatiale qui contribue à créer un clivage entre les personnes vivant à Calais", ajoutent-ils.

Des maraudes et distributions de repas avaient lieu tous les soirs, notamment autour de la gare. Elles continuent, "en s’adaptant", selon Antoine Nehr, coordinateur d’Utopia 56 à Calais, une association qui vient en aide aux migrants. Selon lui, 4 bénévoles ont déjà été convoqués au commissariat depuis la publication de l’arrêté. La maire de Calais n’a, elle, pas voulu réagir.

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