Cancers pédiatriques en Loire-Atlantique : quatre hypothèses et beaucoup de questions

Population
PAROLE - Une semaine après que des parents de Sainte-Pazanne aient décidé de rendre l'affaire publique, près d'un milliers d'anonymes et de spécialistes se sont retrouvés dans la salle communale en présence des autorités sanitaires. les lignes à haute tension ? les ondes des téléphones ? les pesticides ? Une eau polluée ? Tous cherchent à comprendre l'origine des cas de cancers qui ont touché plusieurs enfants depuis 2015.

C'était une première étape importante après la révélation de l'augmentation inexpliquée des cas de cancers chez des enfants de Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique). Une réunion publique de près de trois heures s'est tenue jeudi soir dans la commune où une douzaine de cas de cancers  pédiatriques ont été recensés entre 2015 et 2019, dont trois mortels. 


Quelle est l'origine du mal qui touche certains enfants du secteur ? La question était sur toutes les lèvres dans la salle communale où plus de 600 personnes  se sont réunies, à la demande du collectif Stop aux cancers de nos enfants, en présence de médecins, d'experts de la santé, de l'ARS (Agence régionale de santé) des Pays-de-la-Loire et Santé publique France. Dans l'assistance, les hypothèses ont fusé : les lignes à haute tension, les ondes des téléphones, les pesticides, le stress, une pollution des nappes phréatiques, le radon, ce gaz naturel présent dans la région...  

Quatre pistes identifiées

A la suite d'une première enquête, uniquement sur des données et non sur le terrain, menée en avril 2017 par l'ARS à la suite d'un premier signalement de six cas de cancers pédiatriques, quatre pistes ont été identifiées. Il s'agit de la pollution des sols aux hydrocarbures,  de celle de l'air au benzène, des pesticides et du radon. A l'époque, les autorités de santé avaient en effet reconnu "un excès de cas" entre 2015 et 2017, sans toutefois parvenir à en définir la cause. 


"On recherche s'il y a une cause commune qui explique ce regroupement, pour voir s'il faut mettre la population à l'abri", a souligné jeudi Bertrand Gagnière, épidémiologiste et membre de Santé publique France, pointant la problématique centrale de l'étude. "Nous n'excluons rien, nous n'écartons aucune piste, mais si nous voulons trouver une cause, nous ne pourrons pas avoir un périmètre et un nombre de cas trop grands", prévient-t-il.

Une consultation recommandée uniquement en cas de signes d'alerte

Face aux questions de plusieurs parents se demandant s'il existait un principe de précaution, l'ARS a appelé à ne pas céder à la panique. "Je ne vais pas raconter de bobards, il est possible qu'il n'y ait aucun risque, il est possible qu'il y en ait un, je ne sais pas répondre à cette question", a expliqué Thierry Le Guen, médecin à l'ARS des Pays-de-la-Loire. Mais il n'y a "aucune indication à faire une prise de sang à tous les enfants pour diagnostiquer la maladie", assure Caroline Thomas, pédiatre oncologue au CHU Nantes, qui préconise d'abord une consultation chez le médecin en cas de signes d'alerte.


Pour faire la lumière sur neuf cas de cancers pédiatriques survenus depuis 2015 sur des enfants et adolescents de 3 à 19 ans, causant le décès de trois d'entre eux, une étude épidémiologique va être menée par Santé publique France, saisie par l'Agence régionale de santé (ARS) Pays-de-la-Loire. Les résultats devraient être communiqués à l'automne.

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