Ce qu'il faut retenir du plan de sauvetage de l'automobile

400 000 voitures neuves dorment actuellement sur des parkings en attente d'un acheteur. L'État a annoncé une prime à l'achat pour liquider ce stock. Une bouée de sauvetage pour l'ensemble de la filière.
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SAUVETAGE - Emmanuel Macron a présenté ce mardi chez l'équipementier Valeo, dans le Pas-de-Calais, les mesures destinées à soutenir le secteur automobile, au point mort avec la crise du coronavirus.

"Un plan historique face à une situation historique." Le président de la République a choisi un ton grave pour annoncer le plan de 8 milliards d'euros de sauvetage de l'industrie automobile depuis l'équipementier Valeo dans le Pas-de-Calais.  Avant d'annoncer les différentes mesures et engagements pris par l'Etat, Emmanuel Macron a fait le bilan des conséquences des deux mois et demi de crise sanitaire du coronavirus pour le secteur : 1.500 sites ont bénéficié du chômage partiel, 300 millions d’euros de prêts garantis par l’Etat ont été accordés et le nombre des véhicules neufs invendus atteint les 400.000. Une situation inédite, "la crise sanitaire du Covid-19 coup d’arrêt massif et brutal à travers le monde", rappelle le président.  

Si pour soutenir l'industrie automobile - qu'Emmanuel Macron a qualifié de "génie de notre nation" - la première réponse "a été de préserver les femmes et les hommes, les entreprises et notre savoir-faire", le président veut désormais que l'Etat passe à l'action. Il a présenté pour cela un plan en trois axes : relancer et soutenir l'achat de véhicules propres, encourager les investissements et assurer une production nationale. 

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Une salve de primes exceptionnelles

Le soutien de la demande est le premier axe de la politique de soutien au secteur automobile. Faute de débouchés à cause de la crise sanitaire du coronavirus, aujourd'hui les constructeurs se retrouvent avec 400.000 voitures sur les bras. Pour doper les ventes, Emmanuel Macron a annoncé une prime exceptionnelle pour les 200.000 premiers véhicules achetés mise en place dès le 1er juin. Son montant est de 3.000 euros pour les personnes qui se séparent de leur ancien véhicule pour l'achat d'une voiture plus propre, neuve ou d'occasion. Cette prime de 'déstockage' atteint 5.000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique. 

Egalement, une prime à la conversion sera instaurée. Désigné "prime de relance" par le président, elle permettra aux Français dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 18.000 euros nets - soit les trois-quarts de la population assure Emmanuel Macron - d'acquérir un véhicule essence ou diesel de dernière génération ou hybrides ou électriques. 

Accélérer le développement de l’électrique

Pour Emmanuel Macron, "l'après dans l’industrie automobile, c’est le monde de la motorisation électrique, ce sont les véhicules autonomes". Pour dynamiser le marché du véhicule électrique, il a été décidé le renforcement de la prime à l'achat pour ces véhicules propres, qu'ils soient totalement électriques ou hybrides rechargeables. Son montant est de 7.000 euros maximum pour les particuliers et 5.000 euros pour les entreprises et collectivités. 

De plus, le déploiement des bornes électriques sera accéléré. Elles seront 100.000 en 2021, et non en 2022 comme prévu initialement. 

Encourager l'investissement en France

Le président place l'ambition très haut. Emmanuel Macron, qui entend "faire de la France la première nation de production de véhicules propres en Europe, avec plus 1 million de véhicules électriques et hybrides par an", a annoncé trois plans de soutien exceptionnel à la recherche et développement pour affirmer le poids de notre pays dans la production d'automobiles moins polluantes. 

Premièrement, 200 millions d’euros de subventions seront accordés pour accompagner les équipementiers. En plus de quoi, un fond d’investissement de 600 millions d’euros sera assuré pour moitié par l'Etat et pour moitié par les constructeurs. Enfin, 150 millions d'euros seront mobilisés dès la fin août 2020 en soutien de la recherche pour le véhicule du futur. 

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Les mesures de l'État en faveur de l’automobile sont-elles suffisantes ?

Davantage de production sur notre territoire

"Relocaliser la production à valeur ajoutée en France et consolider et maintenir la production déjà présente" dans le pays, tel est le souhait du chef de l'Etat. Il s'agit du troisième axe du plan de sauvetage de l'industrie automobile : avoir "une ambition clairement défensive pour notre secteur industriel". Si la France apportera en tout "un peu plus de 8 milliards d'euros d'aides", Emmanuel Macron a assuré avoir déjà obtenu des contres-parties. 

Concernant Renault, le constructeur au losange se serait engagé à tripler d'ici 2022 sa production de véhicules électriques en France et à la quadrupler d’ici 2024, soit un objectif de 240.000 voitures par an. Emmanuel Macron a annoncé que Renault avait finalement choisi de fabriquer son futur moteur électrique destiné au groupe à l'usine de Cléon (Seine-Maritime) et non plus en Asie. L'entreprise rejoindra également le programme européen de batterie électrique. 

Du côté de PSA, le groupe tricolore se serait lui engagé à produire plus de 450.000 véhicules électriques à l'horizon 2022, notamment sur les sites de Poissy (Yvelines) et Sochaux (Doubs). C'est d'ailleurs sur ce site historique de Sochaux que seront finalement produites les futures Peugeot 3008 électriques. Un choix qu'a tenu à féliciter Emmanuel Macron. 

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