"Cela pourrait beaucoup nous aider moi et ma maman" : les enfants de soignants décédés bientôt "pupilles de la Nation" ?

Des enfants de soignants décédés de leur engagement contre le coronavirus pourraient prétendre au statut de pupille de la Nation. Découvrez les témoignages de ces orphelins du Covid-19.
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HOMMAGE - Des députés demandent à l’Etat d’attribuer un statut exceptionnel aux enfants des membres du personnel soignant décédés pendant l’épidémie de coronavirus. Une équipe de TF1 est allée à la rencontre de ces enfants devenus orphelins du jour au lendemain.

Ils ont combattu le virus au péril de leur vie, laissant parfois derrière eux de jeunes enfants, désormais orphelins. Ceux-ci s'appellent Baptiste, Axelle, Christiane ou encore Anouchka. Des enfants d'aides-soignants et d'infirmiers, dont la vie a brutalement basculé. Âgés de 4 à 19 ans, ils ont perdu un de leurs parents. Des victimes, elles aussi, du coronavirus, que l'Etat pourrait bientôt protéger. 

Des députés de tous bords soutiennent en effet l’initiative de François Jolivet (LaREM), qui réclame un statut de "reconnaissance nationale" pour les enfants de ces professionnels de santé qui ont perdu la vie en essayant de sauver celle des autres. Un dispositif qui devra, plaident-ils, subvenir à leurs besoins en matière de scolarité ou d’accompagnement vers l’emploi.

Justine avait 48 ans. Aide-soignante à l'hôpital de Châteauroux (Indre), elle élevait seule ses 4 enfants. A la mi-mars, elle ressent les premières douleurs. Au moment de son hospitalisation, ses deux filles, âgées de 18 et 19 ans, ne sont pas plus inquiètes que cela. "Le jour où elle est partie, elle nous a dit : ‘à bientôt, ne vous inquiétez pas. Tout va bien se passer. Protégez-vous’", se souvient Christiane, la cadette, auprès de TF1. "C’est surtout le ‘à bientôt’ dont on se rappellera toujours", dit-elle. "Elle comptait revenir", poursuit sa grande sœur, Anouchka.

Alors que leur mère se bat contre la maladie, les deux sœurs se retrouvent alors confinées à leur domicile, seules avec leurs deux petits frères. "Lorsqu’on l’appelait, elle disait qu’elle était trop fatiguée. Nous n’avons pas pu communiquer avec elle", explique Anouchka. Après quinze jours en réanimation, le 9 avril, leur maman rend dernier souffle. Si le statut de pupille leur était appliqué, les deux jeunes filles y verraient une forme d'hommage à leur maman décédée.

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Le député de l'Indre François Jolivet souhaite donc  que l'Etat les protège en leur offrant un statut semblable aux pupilles de la Nation. Un statut habituellement réservé aux enfants de militaires morts au combat et qui permet de les accompagner tout au long de leur vie. "Ce sont des aides qui sont données pour les études, par exemple des bourses, mais aussi pour la recherche du premier stage, pour la recherche d’un emploi. Des avantages fiscaux lorsqu’on accède à la propriété", explique-t-il. Pour Patrick Chamboredon, président de l'ordre des infirmiers, cette marque de reconnaissance est nécessaire. "C’est comme si on avait envoyé des fantassins à la guerre, finalement. Ils y ont laissé leur vie. Et leur famille doit à ce titre-là avoir ce statut", indique-t-il.

De la chair en canon, c'est aussi le sentiment de Laure Beaumal. Son mari était infirmier libéral. Le 11 avril, il a succombé des suites du covid-19. Olivier avait 57 ans. "Il avait quatre masques dans sa mallette. Mais il ne les utilisait pas. C’était pour protéger ses patients", rappelle-t-elle à TF1. Aujourd'hui, ce héros anonyme laisse deux enfants de 4 et 11 ans. Baptiste, l’aîné, a déjà entendu parler du statut de pupilles de la Nation. "Je pense que cela pourrait beaucoup nous aider moi et ma maman, surtout financièrement. Elle ne pourra pas agir toute seule", estime le jeune garçon.

Le gouvernement "étudie" la demande

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La secrétaire d'Etat aux Armées, Geneviève Darrieussecq, a indiqué que le gouvernement étudiait la proposition des députés. "Le gouvernement est en train de travailler pour vérifier si les dispositifs existants sont adaptés à toutes les situations. Le cas échéant, bien sûr, nous les compléterons. Notamment, nous étudierons (la) proposition sur les pupilles de la Nation", dit-elle.

Depuis le début de l’épidémie, une vingtaine de décès ont, à ce stade, été rendus publics parmi les professionnels de santé et les salariés d’établissements médico-sociaux. Un bilan sans doute inférieur à la réalité, les données disponibles restant très incomplètes. 

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