Champs-Elysées saccagés : dans les vitrines des boutiques, même les mannequins ont été volés

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REPORTAGE - Quelques 80 boutiques ont été incendiées, pillées, endommagées samedi dernier sur les Champs-Elysées. Ce lundi matin, leurs gérants et leurs employés essayaient tant bien que mal de les réparer, souvent à l'abri des regards, derrière les palissades.

Neuf heures du matin ce lundi 18 mars sur les Champs-Elysées. Les téléphones et appareils photos qui sont de sortie ne sont pas ceux des touristes, encore peu présents sur les lieux, mais des Parisiens se rendant au travail et immortalisant les tristes stigmates de la manifestation de samedi. Vitrines cassées, magasins murés, kiosques à journaux incendiés… l’avenue est méconnaissable pour ceux qui ont l’habitude de l’arpenter quotidiennement.


Depuis le rond-point des Champs-Elysées, nous remontons l’avenue en direction de l’Arc de Triomphe en empruntant le trottoir de gauche. Il ne nous faut pas longtemps avant de trouver les premières vitres brisées. Toutes celles de la marque de luxe J.M. Weston le sont. Les deux employés présents à l'intérieur ne souhaitent pas faire de commentaires. Idem chez Ladurée, où tous les accès à la boutique et à la terrasse sont encore recouverts de panneaux de bois et où une employée est chargée de filtrer les entrées.

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Violences sur les Champs-Élysées : le saccage de trop

A la Société Générale, les panneaux sont déjà prêts à être réinstallés samedi prochain

Plus haut, l'agence bancaire de la Société Générale est elle aussi en mauvais état. Les banques sont chaque samedi parmi les établissements les plus pris pour cibles par les Gilets jaunes, car symboles du capitalisme. Des employés sont chargés d’enlever les panneaux de bois qui avaient été installés vendredi soir dernier. "Nous les remettrons vendredi prochain", nous explique l’un d’eux. Ils ont été efficaces puisqu’aucun manifestant n’a pu pénétrer à l’intérieur de l’agence, mais plusieurs vitres dont la porte d’entrée sont à changer, et les distributeurs automatiques de billets sont hors service. "Les DAB étaient eux aussi recouverts de panneaux mais ils avaient dû repérer les lieux puisqu’à cet endroit précis ils ont été enlevés. Et les distributeurs ont été détruits" nous précise notre interlocuteur. 

A de nombreux endroits, il n’est plus possible de se rendre compte des dégâts. Beaucoup de boutiques ou de restaurants se sont calfeutrés, installant panneaux de bois et bâches pour occulter de la vue des passants le sinistre spectacle de leurs établissements pillés ou incendiés, et pour éviter de nouveaux saccages. C’est le cas du maroquinier Longchamp, et du Fouquet’s. De l’autre côté de l’avenue, les grandes marques de vêtements Celio, Zara, H&M sont également fermées au public et leurs vitrines complètement obturées. Elles n'ouvriront pas ce lundi.

"Personne ne nous a dit que ça risquait d’être un samedi très chaud"

Au contraire du flagship Levi’s. Les clients devront toutefois pénétrer à l'intérieur du magasin via les accès secondaires, la vitrine donnant sur l'avenue et la porte coulissante étant hors d'usage. Constatant les dégâts sur le trottoir, Pascale, en charge des services généraux de la marque, nous a exprimé sa désolation et sa colère. "Jusque-là nous avions été épargnés. Il faut dire qu’à chaque fois nous avions eu la présence d’esprit de mettre des palissades, suivant les informations qu’on recevait de la préfecture. Cette fois-ci nous n’avons pas eu d’informations ! Personne ne nous a dit que ça risquait d’être un samedi très chaud. Nous ne nous attendions pas du tout à être saccagés" nous a-t-elle expliqué. L'intégralité de la marchandise se trouvant au rez-de-chaussée du magasin a été volée... y compris les mannequins. 

En visite dans l'Eure ce lundi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé  qu'il allait présenter des mesures aux commerçants des Champs-Elysées. Le président de la République réfléchirait également à interdire les manifestations sur l'avenue.

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