"Clause du grand-père", "âge pivot", "éléments paramétriques" : notre lexique de la réforme des retraites

"Clause du grand-père", "âge pivot", "éléments paramétriques" : notre lexique de la réforme des retraites
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LEXIQUE - La réforme des retraites, promesse électorale d'Emmanuel Macron, agite le débat public en cette fin d'année. L'occasion de voir fleurir un certain nombre de concepts, entre "âge pivot", "clause du grand-père" et mesures "systémiques". On vous explique.

Un projet de loi pour un système "universel" de retraite. En 2017, Emmanuel Macron en avait fait une promesse de campagne. Seulement voilà : deux ans plus tard, la réforme a du plomb dans l'aile, la contestation ayant grandi au fil des semaines avec en point d'orgue une journée de mobilisation prévue le 5 décembre. 

D'ici là, le gouvernement peaufine sa copie, avant d'en communiquer le contenu à la mi-décembre. Au programme : des mesures phare, qui reviennent souvent dans l'actualité ces derniers jours. LCI vous aide à les décrypter ces notions parfois très abstraites. 

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"Éléments paramétriques"

Difficile de passer à côté de cette expression, pour peu que vous suiviez les débats qui agitent ces jours-ci la classe politique. "En janvier normalement, il y aura un projet de loi. D'ici là, on veut connaître les arbitrages" et savoir s'il y a "un élément paramétrique", déclarait lundi 2 décembre Laurent Berger, le patron de la CFDT. 

"Au-delà du projet de régime universel des retraites, il y a une nécessité impérieuse de faire une réforme paramétrique", a défendu de son côté le chef du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. 

Derrière ce mot se cache une idée simple. Cela consiste à faire une réforme dans laquelle on conserve la structure du système de retraite actuel, mais où l'on modifie périodiquement ses paramètres (durée de cotisation, salaire de référence, valeur du point…) pour financer le système. Cela peut se traduire, par conséquence, par une hausse des cotisations, une baisse des pensions ou une augmentation de l'âge de départ en retraite. Autant d'éléments qui sont des lignes rouges pour un syndicat comme la CFDT, favorable à un passage à la retraite par points mais opposé à toute mesure budgétaire.

"Clause du grand-père"

Cette expression désigne une disposition qui permettrait d’appliquer la réforme seulement aux nouveaux entrants sur le marché du travail. Elle permettrait donc aux salariés actuels de bénéficier d'un régime pourtant voué à disparaître. Cette hypothèse a été évoquée au sein de l'exécutif, mais contestée par le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye. Pour les régimes spéciaux, la mise en application pour les travailleurs nés en 1985 en est une bonne illustration. Idem pour les cotisants au régime général et son application pour les conscrits de l'année 1975.

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"Liquidation des droits"

Cela consiste à faire valoir ses droits à la retraite afin de pouvoir les percevoir. Actuellement, les régimes spéciaux permettent une liquidation de la retraite avant 62 ans, âge légal de départ. Reste à savoir ce que prévoira le nouveau dispositif… Hypothèse la plus probable : si l'âge légal de départ à 62 ans n'est pas modifié, la réforme instituera un "âge pivot", potentiellement 64 ans, à partir duquel la liquidation des droits permettra de toucher une retraite complète.

"Réforme systémique"

La CFDT l'assure depuis plusieurs semaines : elle "veut une réforme systémique des retraites". C'est aussi la volonté d'Emmanuel Macron, depuis sa campagne en 2017. Une réforme du système actuellement en vigueur donc, basé sur une cotisation durant l'ensemble de sa carrière professionnelle et non plus sur les 25 meilleures années ou les six derniers mois comme c'est en vigueur dans le régime général et dans la fonction publique.

Le nouveau système prôné par Emmanuel Macron consiste en l'acquisition de points et une retraite calculée sur l'ensemble de la carrière.

"Âge pivot"

Là aussi, il s'agit d'une expression qui revient régulièrement dans le débat public. Il est ici question de l'âge auquel il sera possible de partir à la retraite en percevant l'intégralité de sa pension. Le gouvernement a choisi de ne pas toucher à l'âge légal de départ (62 ans), préférant déterminer un "âge pivot" du futur dispositif, à savoir l'âge en dessous duquel il y aurait une décote sur la pension. Un compromis a été trouvé autour d'un "âge d'équilibre" fixé à 64 ans, avec une décote pour ceux qui partiraient avant et une surcote pour ceux qui voudraient "travailler plus longtemps".

Pour éviter une guerre de tranchée sur cette question épineuse, le gouvernement n'écarte pas l'éventualité d'envisager "un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge", à condition que le système "soit équilibré financièrement" en 2025.

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