Charles de Gaulle : le Covid-19 introduit à bord avant l'escale à Brest

Charles de Gaulle : le Covid-19 introduit à bord avant l'escale à Brest

PORTE-AVIONS - Selon les enquêtes rendues publiques ce lundi par la ministre des Armées Florence Parly, le virus était déjà à bord du Charles de Gaulle avant son escale à Brest mi-mars, même si celle-ci a favorisé sa propagation. Le commandement du navire, malgré une "confiance excessive", n'a lui pas commis de faute.

Elle avait promis la "transparence". Le 17 avril dernier, auditionnée lors d'une visioconférence par les députés de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, la ministre des Armées Florence Parly avait assuré sa détermination à faire toute la lumière sur la façon dont le Covid-19 a massivement atteint l'équipage du porte-avions Charles de Gaulle. Elle avait alors précisé que les deux enquêtes, l'une épidémiologique, l'autre de commandement, diligentées le 8 avril après que 36 cas eurent été détectés à bord du fleuron de la marine nationale, seraient "rendues publiques". C'est chose faite. 

Entendue ce lundi 11 mai par la commission de la Défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale, la ministre des Armées a livré les conclusions des deux enquêtes sur la contamination qui a atteint au final les deux-tiers de l'équipage du bâtiment. "Au regard des informations dont nous disposons aujourd'hui il y a eu des erreurs sur les mesures à prendre pour lutter contre le coronavirus", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'un malade est toujours hospitalisé après être sorti de réanimation. 

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Un excès de confiance mais "pas de faute" du commandant

Devant les députés, Florence Parly a indiqué que le commandement du porte-avions et son équipe médicale ont eu une "confiance excessive" dans la capacité du bâtiment et de son escorte "à faire face au coronavirus". "Au terme de la quatorzaine imposée à bord et en l'absence de cas identifié, le 30 mars, le commandement a pris la décision d'assouplir les mesures de distanciation très strictes", notamment en rétablissant les briefings et en autorisant un concert à bord le 30 mars. "Cette décision a été provoquée d'une part en raison de la baisse de moral de l'équipage et d'autre part, sans doute, par un excès de confiance du commandement ainsi que de son service médical dans la maîtrise de la situation", a-t-elle commenté.

Cependant, d'après l'enquête, "le commandement a toujours eu le souci de la santé de son équipage" et "a constamment veillé à prévenir ce risque sur la base des infos dont il disposait", a insisté Florence Parly, en affirmant que les conclusions des investigations soulignaient certes que "des erreurs" avaient été commises, mais "pas de faute" de la part du commandement.

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L'escale à Brest, "un facteur d'accélération" de la propagation

Par ailleurs, revenant sur la chronologie de la contamination, la ministre des Armées a précisé que le virus avait été introduit pour la première fois à bord en Méditerranée, avant l'escale à Brest mi-mars, où il a été réintroduit. Après une escale du bâtiment du 21 au 26 février au port de Limassol, à Chypre, des "mouvements aériens ont amené jusqu'à lui du personnel en renfort, en relève ou revenant à bord", "depuis Chypre, la Sicile, les Baléares, l'Espagne continentale et le Portugal". 

"C'est à l'occasion d'un de ces mouvements" en Méditerranée, "après Chypre et avant l'escale de Brest (du 13 au 16 mars), que l'enquête situe les premières introductions du virus à bord", a-telle souligné. "L'escale à Brest n'est donc pas la cause de la première introduction du virus à bord", a-t-elle expliqué. Toutefois, la "réintroduction" du virus à Brest a été un "facteur d'accélération de sa propagation", selon l'enquête, même si "des mesures de distanciation ont été prises à la suite de l'escale à Brest", et "ont considérablement ralenti la propagation du virus au sein de l'équipage".

Après la découverte des premiers cas, le porte-avions Charles de Gaulle avait regagné le port de Toulon le 12 avril. Au total, 1046 marins ont été testés positifs au coronavirus. L'origine de la contamination n'a pas été clairement établie.

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