Contraception : des femmes réclament des pilules et stérilets sans effets indésirables, et des méthodes destinées aux hommes

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SEXUALITÉ - "Marre de souffrir pour notre contraception !". C’est le cri que lancent plusieurs femmes ce mercredi pour alerter sur les effets indésirables des pilules contraceptives et stérilets, dont la prise incombe aux femmes. Elles demandent également la promotion de contraceptifs masculins.

Baisse de libido, douleurs, dépressions, risques d'embolie et d'AVC... Pour ces raisons et beaucoup d'autres, certaines femmes choisissent d'abandonner leur contraception. Mais aucunes autres solutions satisfaisantes ne leur sont proposées en retour. C'est ce que déplore la journaliste Sabrina Debusquat, déjà autrice de J'arrête la pilule, qui publie ce mercredi un manifeste pour une contraception épanouissante. En plus de ce livre illustré par Joy, Libération publie une tribune intitulée "Marre de souffrir pour notre contraception !", et toutes les femmes sont invitées à apporter les témoignages de leurs souffrances contraceptives grâce au hashtag #PayeTaContraception.

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Dans la tribune signée notamment par la lanceuse d'alerte Marion Larat, victime à 18 ans d'un AVC imputé à la prise d'une pilule de 3ème génération ou la dessinatrice Emma, Sabrina Debusquat écrit : "Trop heureuses de pouvoir faire l’amour sans peur au ventre, nos mères et grands-mères sont passées outre l’inconfort et les effets indésirables des hormones contraceptives et autres stérilets. Mais les choses changent. Grâce aux combats de nos aînées, nous considérons aujourd’hui la contraception comme un acquis mais qui nécessite des améliorations."

Des souffrances "qualifiées d'imaginaires"

L'initiatrice de cet appel déplore également le manque d'écoute dont font preuve les partenaires ou les médecins quand les femmes expliquent leur inconfort, leur désir de changer de méthode contraceptive. "Il arrive même parfois que leurs souffrances soient niées, qualifiée d’imaginaires" lit-on. "Celles qui refusent de s’exposer à des effets indésirables devraient-elles donc accepter des rapports à risques parce que nous n’avons 'rien de mieux à leur proposer' ou parce que 'ces messieurs' n’aiment pas l’inconfort du préservatif ?" continue la journaliste, regrettant que les hommes soient "totalement déresponsabilisés".

Pour essayer de trouver des solutions, les signataires proposent "d'organiser une grande concertation nationale pour la contraception. Le but : mobiliser femmes, hommes, chercheurs.es, médecins et société civile pour développer et promouvoir des contraceptions sans effets indésirables mais également des contraceptions masculines". Ils espèrent que cette concertation pourra aborder la question du financement d’études scientifiques visant à développer des contraceptions féminines et masculines fiables avec peu d’effets indésirables ; la responsabilisation des hommes ; une meilleure écoute des médecins.

"Une nouvelle bataille est en marche pour que les femmes se réapproprient pleinement leurs corps et leur sexualité. Alors, comme l’ont fait avant nous nos mères et nos grands-mères, joignons nos forces et osons rêver à ce monde pour qu’un jour il puisse devenir réalité" espère Sabrina Debusquat.

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