Coq ou cigales qui "dérangent" des néoruraux : la contre-offensive d'un député pour protéger les bruits de la campagne

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RURALITÉ - Devant les nombreuses plaintes des néoruraux contre les bruits de la campagne, comme les chants de coqs ou de cigales, un député de Lozère, Pierre Morel-À-L'Huissier, veut inscrire au patrimoine rural ces bruits traditionnels.

C’est un problème de société qui revient souvent sur la table ces derniers mois : les bruits ruraux. Car de nombreux citadins à quittent la ville pour s’installer à la campagne. Avec dans leurs valises un mode de vie pas du tout en adéquation avec celui qui rythme la ruralité. Résultat : les plaintes des néoruraux à propos de bruits habituels comme les chants de coqs, des cigales ou encore la présence plus forte de différents insectes se multiplient ces dernières semaines.

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Je propose qu’une commission départementale détermine les bruits et les odeurs qui font partie prenante de la vie locale.- Pierre Morel-À-L'Huissier, député des Républicains-UDI.

Le député des Républicains-UDI Pierre Morel-À-L'Huissier entend bien redonner de la voix à la campagne en inscrivant "les bruits de la campagne" au patrimoine rural. Il a ainsi préparé une proposition de loi permettant d’inscrire la notion de "patrimoine sensoriel", aussi appelé "inventaire du patrimoine" englobant les bruits et odeurs de la campagne. Une proposition qui devrait être discutée à l’Assemblée nationale en octobre prochain.

Dans un entretien accordé au Parisien, le député explique sa démarche : "L’idée n’est pas d’interdire à des personnes de contester et d’aller devant des juridictions. Mais je propose qu’une commission départementale détermine les bruits et les odeurs qui font partie prenante de la vie locale, par exemple avec la cigale en Provence. Cette commission serait composée de maires, de citoyens, de personnalités du département ou de la chambre d’agriculteurs, etc."

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Le but est de ne pas systématiquement donner raison aux plaignants et de faciliter la tâche des juges dans le traitement des affaires pouvant aller jusqu’aux tribunaux. Le 4 juillet dernier, le coq Maurice avait été au cœur d’une bataille entre riverains et avait été jugé pour avoir chanté trop tôt sur l’île d’Oléron. Idem pour Coco, un coq de Margny-lès-Compiègne, dont le propriétaire avait été condamné à s’en séparer fin mai.

Au Figaro le 19 juillet dernier, le député de Lozère avait déjà poussé un cri d’alerte : "Si vous ouvrez la voie à des plaintes parce qu'on accepte plus la réalité d'un territoire, on va abîmer toutes les campagnes françaises et donc au même titre que ce qui existe pour l'Unesco, avec une protection du patrimoine bâti, les croix, les églises, les châteaux, là on protégerait les odeurs et les bruits intrinsèques à la vie rurale."

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