Appel à aller "dans les champs" : qui peut venir en aide aux agriculteurs, et à quelles conditions ?

D'ici à fin mai, il va manquer 200 000 personnes dans les champs et les usines agro-alimentaires. "Des bras pour ton assiette" a donc été lancée par le gouvernement et la FNSEA pour éviter cette pénurie de main-d'oeuvre.
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TRAVAIL - Le ministre de l'Agriculture a appelé les Français dont l'activité a été suspendue pendant le confinement à aller travailler dans les champs pour aider les agriculteurs en difficulté. Alors que les besoins sont estimés à 200.000 travailleurs, qui peut proposer ses services, et à quelles conditions ?

"Il y a aujourd'hui la possibilité d'avoir 200.000 emplois directs dans les métiers de l'agriculture", privée de la main-d'oeuvre notamment étrangère qu'elle emploie habituellement, a déclaré le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume mardi 24 mars,, appelant ceux qui le souhaitent à aller travailler "dans les champs". 

"Je lance un grand appel aux femmes et aux hommes qui ne travaillent pas, qui sont confinés chez eux, qui sont serveur dans un restaurant, hôtesse d'accueil dans un hôtel, coiffeur de mon quartier, qui n'ont plus d'activité... Et je leur dis de rejoindre la grande armée de l'agriculture française, ceux qui vont nous permettre de nous nourrir de façon propre, saine", a-t-il déclaré. Les volontaires "seront salariés par les agriculteurs et on regardera comment les choses pourront se faire", a ajouté Didier Guillaume. Un appel qui a donné lieu à un communiqué conjoint des ministres de l'Agriculture, du Travail et de l'Economie, pour en préciser les conditions et les modalités.

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"Les demandeurs d’emploi ou les indépendants dont l’activité a été stoppée sont évidemment les premiers concernés par ces opportunités d’emploi dans la filière", précisent les ministres. "Mais, en cette période de ralentissement pour l’économie, des salariés employés par des entreprises en baisse d’activité sont également susceptibles de répondre aux besoins intenses en recrutement de la filière", ajoutent Bruno Le Maire, Muriel Pénicaud et Didier Guillaume. 

Le gouvernement prendra prochainement "les dispositions législatives et réglementaires, prises en application de la loi du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie de COVID-19 (...) permettant aux salariés qui subissent une mesure d’activité partielle de conclure un contrat de travail avec une entreprise du secteur."

Quelles conditions respecter ?

Les trois ministres précisent d'ores et déjà que "le salarié pourra cumuler son indemnité d’activité partielle avec le salaire de son contrat de travail dans la filière agroalimentaire, sous réserve que son employeur initial lui donne son accord pour respecter un délai de prévenance de 7 jours avant la reprise du travail". A propos des bénéficiaires du fond de solidarité pour les très petites entreprises, indépendants, micro-entrepreneurs et professions libérales, ils "pourront cumuler le versement par le fonds (1500 euros début avril sur demande auprès du site des impôts) avec des contrats courts dans les entreprises agricoles et agroalimentaires". 

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Mais peut-on travailler lorsqu'on est au chômage partiel ? Pourrait-on imaginer qu'en plus des agriculteurs, les chômeurs partiels puissent également passer des contrats avec d'autres secteurs en manque de main d'oeuvre ? Au Huffington Post, le ministère du Travail a répondu : "On en est train d’étudier pour voir comment faire des conventions de mise a disposition, assouplir et inventer de nouvelles formes de mises a disposition."

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