Confinement : 800 parents ont signalé s'être vu refuser l'entrée d'un magasin avec leur enfant

Confinement : 800 parents ont signalé s'être vu refuser l'entrée d'un magasin avec leur enfant
Population

DISCRIMINATION - Plus de 800 signalements de personnes disant avoir été été refoulées d'un magasin parce qu'elle étaient accompagnées de leur(s) enfant(s) ont déjà été reçus à l'adresse dédiée mise en place depuis le 10 avril par le gouvernement.

La mesure est "illégale", et pourtant. Plus de 800 parents ont signalé au gouvernement qu'on leur avait interdit d'entrer dans un magasin avec leur enfant, ce qui n'a jamais été préconisé dans le cadre du confinement. "À notre grande surprise, nous avons été saisis par des mères isolées, parfois des pères aussi, qui sont seuls avec leurs enfants - soit parce qu'ils sont célibataires, soit parce que leur conjoint travaille", a expliqué la secrétaire d'État chargée de la lutte contre les discriminations Marlène Schiappa, invitée de franceinfo ce jeudi 16 avril. "Ces personnes vont faire les courses et sont rejetées à l'entrée du magasin qui leur dit parfois 'non, nous n'acceptons pas les enfants'" pendant le confinement.

C'est notamment le cas d'Audrey, mère célibataire d'un enfant de cinq ans, interrogée il y a quelques jours par LCI. "Le vigile m'a fait un geste de la main me disant que je ne pouvais pas rentrer. Je me suis avancée vers lui pour bien entendre ce qu'il venait de me dire", nous racontait la jeune femme. "Il m'a dit que ce n'était pas possible que je rentre avec mon enfant."

C'est une forme de discrimination- Marlène SCHIAPPA, secrétaire d'Etat contre les discriminations

Les signalements ont été reçus sur une adresse mail (dgcs-coursesparentsisoles@social.gouv.fr) spécialement mise en place depuis une semaine par le gouvernement pour alerter dans le cadre du confinement généralisé. "Nous faisons de la médiation. Les services de l'État contactent un par un les magasins pour dialoguer, leur rappeler que non, il n'y a aucune consigne (en ce sens) du gouvernement, que c'est une forme de discrimination, et que les enfants peuvent venir", a souligné Marlène Schiappa. "C'est impossible pour un parent de laisser son petit enfant tout seul à la caisse avec un inconnu, et c'est très dangereux de demander aux parents de laisser des enfants, notamment en bas âge, seuls à la maison", a-t-elle insisté.

Si cette attitude est "illégale", le gouvernement n'a pas pour autant l'intention "de sanctionner telle ou telle personne", a observé la secrétaire d'État, car souvent les salariés qui émettent un tel refus "ne le font pas de mauvaise foi, ils pensent bien faire, ils pensent appliquer des consignes". D'éventuelles sanctions seraient du ressort de la justice, et pas du gouvernement, a-t-elle encore fait valoir, rappelant que les familles victimes de tels refus pouvaient en outre saisir le Défenseur des droits.

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Le 8 avril dernier, le Défenseur des droits Jacques Toubon avait déjà alerté dans un communiqué sur la mise en place de telles pratiques, qui ont pour effet "de rendre impossible l'accès à des biens de première nécessité" ou de "porter atteinte à l'intérêt supérieur des enfants en imposant qu'ils soient laissés seuls à la porte du magasin", avait-il alors déploré.

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