Coronavirus : contre l'isolement dans les Ehpad, des familles demandent la mise en place de parloirs

Coronavirus : contre l'isolement dans les Ehpad, des familles demandent la mise en place de parloirs
Population

CONFINEMENT – Interdits de visite pour limiter la propagation du coronavirus, des proches des résidents de maison de retraite réclament l'installation d'un espace dédié aux échanges familiaux. Un dispositif qui aurait pour but d'améliorer l'état psychologique des personnes âgées, menacé par cet isolement forcé.

Selon les derniers chiffres, plus de 3.200 personnes âgées sont décédées dans les Ehpad. Une situation d'autant plus cruelle que les familles n'ont plus le droit de rendre visite aux résidents : les mesures de confinement le leur interdisent. Sabrina Déliry n’a donc pas vu sa mère, résidente dans un Ehpad parisien, depuis des jours. Elle est isolée dans une chambre de 15m², et les seuls contacts se font par téléphone. "C’est l’ennui total, c’est l’horreur", lui raconte sa mère, avant d’ajouter : "Qu’est-ce que tu me manques ma chérie. "

Pour le bien-être psychique de sa mère, Sabrina demande un assouplissement des mesures de restriction. Elle propose d’installer des parloirs, qui permettraient de rompre l’isolement des résidents des Ehpad, une solution soutenue par certains responsables au service de personnes âgées, à l’instar d’ Éric Fregona, directeur adjoint de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) : "Cet espace dédié aux échanges familiaux, effectivement, pourrait permettre d’améliorer la santé psychique et affective des personnes âgées."

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Mais la plupart des maisons de retraite, par crainte de faire entrer le coronavirus au sein de leur établissement, préfèrent privilégier le lien virtuel. La logistique serait aussi difficile à mettre en place, soulignent-elles. 

"C’est très compliqué d’organiser les relations à titre individuel, ici il y a 180 résidents. Ce qu’il faut comprendre aussi c’est que rien que les séances en visio qu’on organise c’est pour nous beaucoup de temps, donc les parloirs ce n’est pas quelque chose qu’on a imaginé", reconnaît Elise Gambier, directrice d’un Ehpad à Villers-Bocage dans le Calvados.

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Les psychologues, eux, s’inquiètent. Les conversations par téléphone ou même grâce aux tablettes ne compensent pas l’absence des proches. "Il va falloir qu’on réfléchisse à toutes ces questions-là parce que ça devient très compliqué pour les résidents, constate Jessica Milano, psychologue d’Ehpad. Il y a des syndromes dépressifs, une grande tristesse, beaucoup d’angoisse."

Après l’annonce le 11 mars de la suspension des visites aux résidents, France Alzheimer avait aussi rapidement réagi sur son site internet, craignant les dommages collatéraux de cette mesure sanitaire : "Cette décision peut avoir un impact significatif sur le bien-être des personnes âgées et notamment des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, ayant besoin de repères réguliers, souvent attachés à la présence d'un proche. Cela pourrait avoir des conséquences directes sur l'évolution des troubles cognitifs."

Pour l’instant, aucun assouplissement n’est annoncé pour les résidents des 7.400 Ehpad de France. 

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