Covid-19 : à l'heure des grands départs, les contrôles sont-ils suffisants dans les aéroports ?

Covid-19 : à l'heure des grands départs, les contrôles sont-ils suffisants dans les aéroports ?

PRÉCAUTIONS - Avec les grands départs en vacances de ce week-end, les aéroports devraient connaître un trafic plus soutenu. Y-a-t-il suffisamment de contrôles sanitaires ? Des voix s'inquiètent.

Alors que plusieurs médecins alertent sur une possible deuxième vague épidémique dès cet été, les contrôles jugés "trop laxistes" dans les aéroports sont pointés du doigt. Une situation pour le moins inquiétante à l'heure des grands départs en vacances. Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, s'interrogeait ainsi mercredi sur les vols arrivés la semaine dernière à Lyon et à Roissy en provenance d'Algérie, avec un certain nombre de personnes qui se sont avérées être positives au coronavirus, dont plusieurs ont dû être hospitalisées à leur arrivée. 

"Les conditions sanitaires de transport par les compagnies aériennes étaient loin d'être optimales, et il y avait donc un mécanisme de contamination possible à l'intérieur du transport aérien. De plus, il n'y avait pas de consignes particulières pour ces vols, puisque l'Algérie était considérée comme zone verte par la Commission européenne", a-t-il déploré auprès de l'AFP, appelant à se donner les moyens d'avoir un dépistage à l'arrivée, comme par exemple une quatorzaine.

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Ni test PCR, ni traçage

Autre lieu, autre provenance, mais une situation tout aussi ubuesque : le 25 juin dernier, une habitante des Landes, venue accueillir ses trois petits-enfants guyanais à l'aéroport de Bordeaux, s'étonne qu'il n'ait eu pour seul contrôle qu'une prise de température, rapporte France-Bleu. Prévoyante, elle décide finalement d'emmener toute la famille, dont elle-même, se faire dépister au Covid-19s. Résultat, sur les 6 tests, 4 sont revenus positifs. 

Un réflexe qui a certainement évité des contaminations à la chaîne. Et qui pose aussi la question : les autorités sanitaires prennent-elles assez de précautions concernant les voyageurs arrivant sur le territoire ? Didier Couteaud, le délégué régional de l'ARS dans les Landes, rappelle auprès de de France-Bleu que selon le protocole actuel, il est normal que ces Guyanais n'aient pas été testés, car ils étaient asymptomatiques. "On peut simplement encourager les personnes, notamment dans un cas comme celui des Guyanais, à se mettre en quatorzaine de manière volontaire", précise-t-il à nos confrères.

Cette situation laisse beaucoup plus perplexe Karine Lacombe, la cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Invitée jeudi 9 juillet de 24H Pujadas sur LCI, elle a regretté que si peu de mesures soient mises en place dans les aéroports, indiquant par exemple que les voyageurs français qui vont dans certains pays doivent avoir fait un test PCR dans les 48 à 72 heures avant leur départ, mais que la réciprocité n'est pas vraie. "Cela pose évidemment question... D'autant que les cas enregistrés à l'hôpital Saint-Antoine à Paris sont pour beaucoup des cas importés", dit-elle dans la vidéo en tête de cet article. 

"Je ne comprends pas non plus pourquoi il n'y a pas de traçage avec un questionnaire à remplir à l'arrivée avec la destination où le voyageur se rend en France, de façon à ce que si jamais il développe des symptômes ou si l'on découvre un cluster dans la zone où il est, on puisse le recontacter", poursuit-elle. 

Une campagne de dépistage à l'essai

Pour l'heure, alors que de plus en plus de pays rouvrent leurs frontières, comme le Maroc par exemple à partir du 14 juillet, les mesures sanitaires mises en place paraissent bien peu suffisantes. Voyez plutôt : à part, quelques milliers d'affiches pour marquer la distanciation physique apposées à Orly, des distributeurs de gel et des plexiglas installés sur tous les comptoirs d'accueil, banques d'enregistrement et d'embarquement, et le port du masque rendu obligatoire dans les terminaux et à bord des avions, le seul véritable point de contrôle est une caméra thermique qui prend la température des voyageurs à l'arrivée pour détecter d'éventuels cas de contamination. 

Interrogé ce vendredi sur le manque de contrôles, notamment à l’aéroport de Roissy, Olivier Véran a expliqué qu’il y avait deux types de pays, "des zones vertes""Il n’y a pas de raisons de procéder à des contrôles particuliers", et "des pays pour lesquels les frontières sont fermées". Pour ces derniers, "la situation est compliquée, notamment parce qu'il y a des bi-nationaux et des Français qui en reviennent. Il leur est alors demandé de procéder à des tests PCR sur place", a-t-il souligné sur BFMTV.

Si cela n'est pas possible, le ministre de la Santé a annoncé qu'à l'aéroport de Roissy, dans un premier temps, une campagne de dépistage consistant en "des tests salivaires" allait être lancée dans les prochains jours. Ces tests ne seront en revanche pas obligatoires. "On ne peut pas contraindre quelqu’un à avoir un test", a t-il expliqué. Ces tests rapides de diagnostic de l'infection sont encore en cours de validation par les autorités de santé. 

Autre tentative, un centre de dépistage au Covid-19 a ouvert le 9 juillet à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, piloté par l’ARS avec les Hospices civils de Lyon et l’aéroport. Ainsi, chaque passager atterrissant à Lyon se voit désormais proposer un test PCR quel que soit le pays d’où il arrive. Un bon est remis aux passagers souhaitant se faire dépister, ils n'ont ensuite plus plus qu’à se présenter au centre où des personnels sont présents pour procéder au test. Si l’ouverture de ce centre apparaît comme une première mesure pour essayer de mieux surveiller les cas importés de Covid-19, sa portée reste tout de même limitée puisque'elle est là-aussi basée sur le volontariat.

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