Appels à instaurer le couvre-feu : vers un durcissement du confinement en France ?

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MESURES - Alors qu'un nouveau Conseil de défense se réunissait ce vendredi matin, plusieurs responsables politiques ont réclamé un durcissement des règles de confinement, face à l'incivisme de certains Français. A Paris, des sites trop fréquentés ont été interdits. A Nice, Christian Estrosi veut instaurer le couvre-feu.

Faut-il durcir à nouveau les règles de confinement en France ? La question devait être cœur du nouveau Conseil de défense qui se réunissait ce vendredi matin.  "Je vois que des gens continuent à aller au parc, à la plage ou à se ruer sur les marchés ouverts, ils n'ont pas compris les messages", déplorait Emmanuel Macron, jeudi lors d'une visite à l'institut Pasteur. 

Dans plusieurs grandes villes, l'image d'habitants circulant dans les rues malgré les consignes, ou multipliant les sorties pour courir, ont suscité de nombreuses réactions. A Bordeaux, la municipalité a d'ores et déjà décidé d'interdire les accès aux quais, arpentés par les promeneurs malgré les consignes de confinement. Reims a décidé d'interdire les promenades sur sa "coulée verte". A Mont-de-Marsan (Landes), la mairie a décidé d'annuler le marché du mercredi et du samedi en raison des alertes des autorités sanitaires pour le département.

Sur les côtes françaises, les préfets ont pris mercredi 18 mars des mesures d'interdictions massives d'accès aux plages pour empêcher les badauds d'y circuler et des gendarmes à cheval étaient déployés vendredi pour y effectuer des contrôles. 

Les élus locaux ont obtenu la possibilité, pour leur police municipale, de dresser des amendes de 138 euros en cas de non respect des consignes, à l'instar de la police nationale, ayant constaté que les règles étaient insuffisamment suivies dans leur commune et que le simple avertissement ne suffisait pas. La mesure, objet d'un amendement du Sénat jeudi, ne devrait être effective qu'à partir de lundi. Le maire LR de Reims Arnaud Robinet, veut ainsi "réprimer les comportements irresponsables de certains".

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La maire de Paris Anne Hidalgo et le préfet de police Didier Lallement avaient lancé un "appel solennel" aux habitants de la capitale afin qu'ils cessent de se rendre en nombre sur certains sites de la capitale, "en particulier le parc des Rives de Seine, le Champ-de-Mars, les Invalides et les bois de Boulogne et de Vincennes". Après avoir décidé de renforcer les contrôles sur ces sites, la préfecture a annoncé vendredi l'interdiction pure et simple d'accéder aux voies sur berges (rive droite et rive gauche), aux pelouses des Invalides et au Champ-de-Mars. 

Parallèlement, les contrôles ont été renforcés dans les gares, la préfecture de police rappelant que "les départs en vacances et en week-end ne font pas partie des cas avisés par l'attestation de déplacement", et que seuls les déplacements professionnels sont autorisés.

Mais pour certains, ces mesures ne vont pas assez loin. Un collectif de soignants (le syndicat Jeunes médecins) appelait,dès le  jeudi 19 mars, à un "confinement total de la population" et a saisi le Conseil d'Etat pour obtenir un durcissement des conditions de circulation, qui devraient notamment, selon ces soignants, être interdites aux joggeurs. 

Des responsables politiques ont également demandé un durcissement des règles. Le maire de Nice Christian Estrosi a annoncé, ce vendredi sur LCI, qu'il comptait prendre un arrêté instaurant le couvre-feu à Nice le soir. Dans cette commune, un arrêté était également en préparation pour interdire les regroupements de plus de trois personnes sur toutes les grandes artères de la ville. La Promenade des Anglais était interdite d'accès vendredi après-midi. 

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Vers un couvre-feu ?

Dans une lettre adressée vendredi à Emmanuel Macron,  le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti réclamait "un confinement beaucoup plus généralisé, strict et ferme", jugeant le système actuel d'autodéclaration de sortie "trop laxiste", et estimant que "la pratique du sport est devenue le prétexte à tous les détournements". 

Le député a réclamé l'instauration d'un couvre-feu "dans les quartiers où le confinement n'est pas respecté ou appliqué", "des sanctions financières et pénales plus lourdes" (l'amende est actuellement de 138 euros), mais aussi "l'interdiction du sport en extérieur" et "la mobilisation de l'armée" pour faire appliquer ces mesures. La président du RN Marine Le Pen a également appelé à l'instauration d'un couvre-feu généralisé à 20 heures, "qui ne nuira à personne", a-t-elle assuré jeudi soir sur RTL, "sauf aux dealers, voleurs, braqueurs et autres racailles qui profitent de la situation". 

L'hypothèse d'un couvre-feu général était jusqu'ici repoussée par l'exécutif.

"On peut toujours faire davantage, en termes de restriction", prévenait toutefois, dès mardi, une source à l'Elysée. Exemple en Italie où, malgré l'entrée dans sa deuxième de confinement, le pays envisage, à l'instar de la région d'Emilie-Romagne, d'interdire toutes les activités en plein air.

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