Filtrage à l'entrée des gares, distribution de masques : ce qui vous attend dans les transports franciliens le 11 mai

Filtrage à l'entrée des gares, distribution de masques  : ce qui vous attend dans les transports franciliens le 11 mai
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REPRISE - La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, dévoile, ce dimanche 3 mai, ses mesures pour le déconfinement du 11 mai dans les transports en commun franciliens.

"Je veux lancer ici un signal d'alarme et un appel à la mobilisation générale. Le déconfinement dans les transports sera un parcours du combattant", prévient d'emblée Valérie Pécresse, dans l'édition du 3 mai du Journal du dimanche. Celle qui dirige à la fois la région Île-de-France et Île-de-France Mobilités (IDFM), le réseau de transports Franciliens, se penche ensuite concrètement, dans cet entretien accordé à l'hebdomadaire, sur les mesures qu'elle compte mettre en place pour accompagner la reprise programmée le 11 mai. Passage en revue.

Des masques distribués à l'entrée des gares

"Nous sommes aujourd’hui en capacité de distribuer des masques chirurgicaux pour tous les voyageurs aux entrées des gares pendant les trois premières semaines du déconfinement. Nous en avons déjà fourni plus de 600.000. Avec les maires de l'Île-de-France, nous amorçons la pompe le temps que les entreprises s’organisent et prennent le relais pour équiper leurs salariés. Par ailleurs, Île-de-France Mobilités a commandé deux millions de masques en tissu qui seront distribués aux détenteurs d’un pass Navigo, disponibles aux guichets. Enfin, tous les points de vente du réseau, ainsi que les distributeurs automatiques, proposeront des masques chirurgicaux au prix fixé par Bercy de 95 centimes", détaille-t-elle à ce sujet.

Je sais que c'est dur à entendre pour les employés et les cadres concernés, mais il faudra qu'ils n'aillent pas au bureau plus d’un jour par semaine.- Valérie Pécresse

Ce n'est pas tout : ceux qui prendront les transports sans masque seront sanctionnés par une amende d'un montant probable de 135 euros.  "J'ai demandé au gouvernement que l’amende soit la même que pour le confinement, soit 135 euros. Je crois que l’État y est favorable. Il faudrait que les agents de sécurité de la RATP et de la SNCF, mais également les polices municipales, soient autorisés à verbaliser. Un décret sera nécessaire", précise-t-elle en effet. Il est en effet prévu dans le projet de loi sur la prolongation de l'état d'urgence que le pouvoir de verbalisation soit élargi à compte du 11 mai aux agents de sécurité assermentés dans les transports. 

Limitation du flux de passagers

Il s'agira aussi de maintenir la distanciation physique dans les gares, les rames, les bus... Pour ce faire, "les Franciliens vont devoir rationner leur usage des transports en commun, le limiter à ceux qui n’ont pas d’autres options, affirme Valérie Pécresse. Cela nécessitera un effort de la part des employeurs. Avec l'État, nous proposons que 100% des salariés qui sont aujourd’hui en télétravail ne retournent pas au bureau la semaine du 11 mai. Nous voulons tendre vers un objectif de 90% la deuxième semaine, puis 80% jusqu'à l'été. Je sais que c’est dur à entendre pour les employés et les cadres concernés, mais il faudra qu'ils n'aillent pas au bureau plus d’un jour par semaine en moyenne".

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Pour ce qui est des transports, la présidente de région propose de maintenir l'obligation de disposer d'une attestation, sous peine, là encore, d'une amende de 135 euros mais cette demande a peu de chance d'aboutir. "Il faudra qu’elle mentionne le créneau horaire autorisé. Nous négocions avec les entreprises pour que l'arrivée au travail le matin soit étalée, par tranches horaires, entre 6h30 et 10h30 ; et le retour, entre 15h30 et 19h30. Comme dans un musée avec réservation, on entrera à l’heure dite. Il s’agit de lisser les heures de pointe." Alors que le gouvernement a justement décidé de ne plus rendre obligatoire l'attestation pour les déplacements de moins de 100 km, cette proposition risque de rester lettre morte.  "Je ne souhaite pas qu'on réinvente un dispositif d'attestation pour pouvoir voyager" a en effet répondu sur LCI Christophe Castaner lors du Grand Jury dimanche. 

Filtrage aux entrées des grandes gares et stations

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C'est l'autre énorme chantier francilien pour éviter une trop grande promiscuité dans les transports à compter du 11 mai . C'est même "là que réside le plus gros problème" selon Valérie Pécresse. Qui estime à 750 le nombre de ces grandes gares et stations, auxquelles s'ajoutent 300 stations de tramways et plusieurs dizaines de milliers d'arrêts de bus. "Nous aurons besoin d’un renfort de 5.000 forces de sécurité pour ce filtrage : polices nationale et municipales, sécurité civile, pompiers, associations type Croix-Rouge ou secouristes, énumère-t-elle enfin. J’ai demandé au préfet de battre le rappel. Nous avons besoin de ces 5.000 personnes en renfort dès le 11 mai ! Sinon, la RATP et la SNCF menacent de fermer des gares et des lignes."

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