Grèce, Italie, Espagne... ces Français qui ont quand même choisi l'étranger pour leurs vacances

Environ trois Français sur dix comptent partir à l'étranger malgré la situation sanitaire
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PARTIR QUAND MÊME - Partir à l'étranger ou rester en France pour les vacances ? Covid ou pas, de nombreux Français ont choisi la première option en maintenant des vacances prévues parfois de longue date. Pour LCI, ils expliquent pourquoi.

Non, le Covid-19 ne bousculera pas leurs vacances.  Alors qu'un rebond de l'épidémie se fait jour dans de nombreuses régions d'Europe, certains Français ont décidé de ne pas se priver d'un séjour de l'autre côté de la frontière française. 

Début juin, avant la période estivale, un sondage d'OpinionWay pour Sofinco estimait que 16% des Français avaient choisi de voyager dans un pays étranger et 12% hésitaient encore. Destination prévue : principalement l'Espagne, Italie ou en Grèce. 

Pour ces vacanciers que nous avons contactés, ces destinations restent moins chères et, finalement, pas plus "contagieuses" que certaines régions françaises.  Témoignages

Des voyages prévus depuis longtemps

"Après avoir pesé le pour et le contre, on s'est dit qu'on allait tenter quand même" explique Etienne, en vacance avec sa femme en Espagne dans la région de Valence. Il l'avoue avoir quelques fois hésiter par peur de ne pas pouvoir embarquer, de devoir rester en quarantaine ou de partir dans un pays où le bilan de cas du coronavirus a été plus élevé que la moyenne française (288.550 cas confirmés contre 187.919 en France. Le nombre de décès reste cependant bien inférieur). Mais au final le voyage se fait quand même. "Après avoir parlé avec ma famille sur place, nous avons compris que les gens respectaient les consignes de sécurité bien plus qu'en France, on a choisi de ne pas se priver de vacances !"

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Ces 15 derniers jours, l’Espagne a compté 40 nouveaux cas pour 100 000 habitants contre 16 en France et 15 au Royaume-Uni, si bien que ce dernier a annoncé la mise en quarantaine des touristes revenant d’Espagne. La France déconseille également à ses ressortissants de se rendre en Catalogne, où le nombre de cas a explosé. Mais la situation est très disparate selon les régions. Si la Catalogne et l'Aragon comptent le plus de nouveaux cas, les Canaries ou Valence (qui borde pourtant la Catalogne) sont celles où ils y en a le moins.  . 

Ce projet de voyage nous a aidé à supporter la période du confinement pendant laquelle nous ne pouvions rien faire- Audrey, 25 ans

Imen, 40 ans, originaire de la région parisienne, a elle aussi choisi l'Espagne et loué une maison à Peniscola, à quelques kilomètres de la frontière catalane. Les informations sur l'Espagne ne l'inquiètent pas au contraire. "Les masques se portent dans la rue, il y a du gel à l'entrée de tous les commerces, restaurants, piscines. Les distanciations sont bien respectées. On se sent presque plus en sécurité ici qu'en région parisienne."

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Elle avait prévu de faire ce voyage avec sa famille depuis février. "Nous hésitions à remplacer nos vacances espagnoles par des vacances françaises. Mais on ne va pas se mentir, au niveau du budget ça n’a rien à voir." Pour Audrey, c'était surtout un besoin après les semaines de confinement. Elle et ses amis, un groupe de jeunes actifs parisiens, se rendent dans quelques jours du côté de Bénidorm, dans le sud de l'Espagne.  “Je pense que ce projet de voyage, et tout ce qui va avec, à savoir l'excitation des préparatifs, l'envie de soleil et de chaleur, nous a aidé à supporter la période du confinement pendant laquelle nous ne pouvions rien faire à part rester chez nous, explique-t-elle. Nous pouvions nous remonter le moral entre nous en parlant du séjour à venir, et d'à quel point ce serait génial !”

"J'ai quand même pris beaucoup de masques et du gel hydroalcoolique"

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Claire, qui reprend des études d'informatique à la rentrée, est plutôt partie sur un coup de tête. Il y a trois semaines, elle décide de réserver des billets de train, "en toutes connaissances de cause" pour l'Italie pour aller faire du woofing (un système qui permet de travailler dans des fermes contre le gîte et le couvert). Elle ne le cache pas, à part quelques masques en plus dans son sac, ses habitudes de voyage ne vont pas énormément changer. "Ce n'est pas que j'ignore la situation, assure-t-elle, mais je ne cours pas plus de risque dans un pays étranger qu'en France"

La situation épidémiologique en Italie est globalement sous contrôle. Il est le premier pays européen à avoir rouvert ses frontières le 3 juin, aux touristes de l'Union européenne. Pour autant, le pays continue d'enregistrer entre 150 et 290 nouvelles contaminations, de 5 à 12 décès par jour et reste en état d'alerte. 

Kevin, un jeune musicien qui revient de Grèce était du même avis. "On allait quand même boire des coups en bar, plutôt en terrasse, on allait quand même à la plage." Cependant, il insiste : "J'ai quand même pris beaucoup de masques et du gel hydroalcoolique." Etienne, lui, compte bien respecter toutes les mesures barrières mise en place par les autorités. En tant que touriste français, il estime qu'il doit être particulièrement vigilant. "Je ne veux pas donner l'image de Français qui ne respectent pas les consignes".

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