Coronavirus : l'Île-de-France, région la plus touchée par l'excès de mortalité

Le gouvernement a décidé de lancer un dépistage massif dans une trentaine de communes d'Île-de-France. Dans quelques jours, 1,3 million d'habitants recevront des bons par courrier pour le réaliser dans n'importe quel laboratoire.

EN CHIFFRES - L'Insee a indiqué ce mardi que l'Île-de-France était la région la plus touchée par l'excès de mortalité durant la période de confinement, avec 79% de décès supplémentaires. Le nombre de morts de plus de 85 ans y a même quadruplé.

Une hausse significative. Entre le 2 mars, début de la hausse du nombre de cas de coronavirus en France, et le 10 mai, dernier jour du confinement strict, 25.700 personnes résidant en Île-de-France sont décédées, rapporte ce jour l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ce qui en fait la région la plus touchée du pays.

Dans le détail, ce nombre représente "18% des décès au niveau national, contre 12% en moyenne sur la même période entre 2015 et 2019", précise l'Insee. "Au total, 11.300 décès supplémentaires sont survenus par rapport à la même période des cinq dernières années. Cela représente une hausse de 79%, contre 22% pour l'ensemble de la France. Jusqu'au déconfinement, l'Île-de-France est donc de loin la première région touchée à ce titre, devant Mayotte (+53%) et le Grand Est (+48%)."

Toutefois, l'institut prévient : "ce surcroît de décès, toutes causes confondues, ne peut pas être interprété comme uniquement dû à l'épidémie" de Covid-19. En effet, l'Insee rappelle que d'autres facteurs tels que le vieillissement de la population ou la restriction de l'accès aux soins entrent en compte.

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Le Seine-Saint-Denis, département le plus touché de la région

Même si "tous les départements d'Île-de-France ont connu un fort excédent de mortalité pendant la période", et figurent d'ailleurs tous parmi les 15 départements les plus touchés du pays, certains ont connu une hausse de mortalité plus forte que d'autres. En tête, la Seine-Saint-Denis. Le nombre de décès y a plus que doublé entre le 2 mars et le 10 mai par rapport aux dernières années (+110%). En France, seul le Haut-Rhin (Grand Est), qui a abrité l'un des premiers foyers de l'épidémie à Mulhouse, connaît un excédent de mortalité supérieur (+112%).

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Suivent ensuite le Val-d'Oise (+92%), les Hauts-de-Seine (+85%), le Val-de-Marne (+84%), Paris (+76%), l'Essonne (+71%) et les Yvelines (+61%). La Seine-et-Marne est le département francilien le moins touché avec 53% de décès supplémentaires durant le confinement. L'une des explications pourrait se trouver dans la densité de population (236 habitants au km² selon l'Insee), la plus faible de la région.

L'ensemble de ces territoires, à l'exception de Paris, sont concernés par l'opération massive de dépistage en Île-de-France, dont 32 villes ont été sélectionnées pour que leurs habitants se fassent tester, afin de détecter d'éventuels foyers de contamination (voir vidéo ci-dessus).

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Une hausse de 260% des décès pour les plus de 85 ans

Toutes les catégories d'âges n'ont pas été impactées de la même façon. Ainsi, "l'Île-de-France se caractérise par une mortalité particulièrement importante aux âges les plus élevés, notamment au pic de l'épidémie", précisent les auteurs. "Pendant la première quinzaine d'avril, la mortalité des personnes de 85 ans ou plus quadruple presque (+260%)" en comparaison aux standards moyens des années précédentes à la même période. "La mortalité est encore plus importante dans les Ehpad. Durant le pic de l'épidémie, elle y est multipliée par 15, contre un peu plus de 7 dans la région Grand-Est et environ 5,5 dans l'ensemble de la France."

De plus, comme des études l'avaient révélé durant la période de confinement, les hommes s'avèrent plus touchés par l'excès de mortalité que les femmes. Enfin, l'Insee note que "l'épisode pandémique a amplifié les écarts de mortalité par âge : chez les moins de 25 ans, les décès ont même diminué par rapport aux années précédentes". La baisse des accidents de la route et des comportements à risque durant la période de confinement pourrait ne pas y être étrangère.

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