Coronavirus : l'Inserm alerte sur une levée du déconfinement sans stratégie

Coronavirus : l'Inserm alerte sur une levée du déconfinement sans stratégie

ÉTUDE - L'institut estime qu'une levée du confinement sans mesures strictes de tests et d’isolements s'avérerait inefficace et pourrait entraîner une seconde vague épidémique.

Progressif oui, mais sous quelles formes ? Selon une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dévoilée dimanche par Le Monde, le déconfinement devrait avoir lieu courant mai ou en juin. Une estimation basée sur l’impact en Île-de-France du confinement instauré le 17 mars à l’échelle nationale mais aussi sur différentes stratégies que pourrait mettre en place l'État pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus. 

L'institut précise qu'il ne s'agit pas là d'une "tentative de prédiction", mais présente par cette étude "une évaluation des effets des différents scénarios,  tenant compte du type de mesures plus ou moins contraignantes et du moment où celles-ci seraient appliquées". Les chercheurs de l'Inserm alerte en premier lieu que le danger d'une levée brutale du confinement, celle-ci entraînerait un risque de seconde vague épidémique et saturerait tous les établissements hospitaliers. 

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières infos sur l'épidémieA quel stade en est l'épidémie, département par département ?

Dans le cas de la région d'Île-de-France, l'institut estime qu’au 5 avril, la proportion de personnes déjà infectées par le Covid-19 se situait entre 1 % et 6 % et que par l'importante réduction des contacts en raison du confinement, le taux de reproduction passerait de 3 (100 individus infectés transmettrait le virus à 300 personnes) à 0,68 (qu’à 68 personnes désormais).

La levée du confinement ne pourra d'abord se faire, selon les chercheurs, que par une recherche intensive, (et donc par la mise en place de tests) des personnes porteuses du virus et de leurs contacts afin de les placer en isolement. Si trois quarts de ces personnes parviennent à être dépistées et isolées dans le le mois suivant le déconfinement, cela permettrait, notamment d'assouplir les règles en matière distanciation sociale. 

Lire aussi

Une levée du confinement au mieux à la mi-mai

Parmi les premiers assouplissements possibles venant accompagner cette levée progressive du confinement: le retour au travail sur site d'un grand nombre de salariés et la reprise graduelle des activités non essentielles. Les établissements scolaires resteront cependant fermés et les personnes âgées ou plus fragiles demeureront confinées. L'Inserm émet des réserves quant à une levé du confinement début mai, une date qui permettrait de réduire de 80% le nombre de personnes atteintes du Covid-19 lors du pic épidémique et retarderait, de 1 mois et demi à 3 mois, l'arrivée d'une seconde vague. Les capacités d'accueil en unité de soins seraient toutefois débordées par le nombre d'interventions qu'elle soient modérées ou sévères.

Selon Vittoria Colliza , directrice de recherches à l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique travaillant dans modélisation des épidémies pour l'Inserm, le fait d'attendre encore pour lever le confinement a l'avantage de garder un nombre de cas abaissé et ainsi de soulager les établissements hospitaliers mais aussi d'augmenter le nombre de tests et de permettre "une préparation logistique et indispensable en termes humains et organisationnels."

La levée du confinement se fera donc lorsqu'il y aura un contrôle jugé efficace de la circulation du Covid-19 sur le territoire, celle-ci étant nécessaire pour atteindre un pourcentage de la population ayant rencontré le virus suffisamment élevé ( environ 60%) afin de garantir une immunité collective. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : les résidents d'Ehpad "pourront sortir s'ils sont vaccinés", annonce Olivier Véran

Covid-19 : le Pas-de-Calais confiné pour 4 week-ends, mesures renforcées dans 22 autres départements

Affaire des "écoutes" : après Nicolas Sarkozy, le Parquet national financier fait appel de la décision

Meghan et Harry chez Oprah : l'interview qui a fait basculer la famille royale dans un mauvais soap

Séisme en Nouvelle-Zélande : alerte au tsunami en Nouvelle-Calédonie et dans tout le Pacifique

Lire et commenter