Surveillance des personnes infectées : que pourraient contenir les deux fichiers envisagés par le gouvernement ?

Surveillance des personnes infectées : deux fichiers ?
Population

POLÉMIQUE - Afin de limiter la circulation du virus lors du déconfinement, le gouvernement planche sur la création de deux fichiers : un qui regrouperait les malades, tandis que l'autre pourrait répertorier celles qui ont été en contact avec eux. Un point qui fait particulièrement débat.

Comment éviter que les personnes contaminées ne fassent circuler le Covid-19 à partir du 11 mai ? Pour répondre à ce problème, le gouvernement souhaite créer deux fichiers. Le premier recenserait les personnes infectées par le virus. Il serait notamment alimenté par les laboratoires qui ont réalisé les tests. Outre leur identité, ce fichier conserverait les données médicales, les résultats des tests, les traitements suivis ou encore les mesures d'accompagnement dont ont bénéficié les malades. 

La population français y est plus ou moins prête. Certains s'interrogent notamment sur la sécurité de ces données. Pour limiter les risques, ce fichier ne sera consultable que par les professionnels de santé. Mais c'est malgré tout inquiétant pour les défenseurs des libertés individuelles. "Par définition, un fichier a vocation à être alimenté et à être consulté. Qui sont ces professionnels de santé ? C'est évidemment votre médecin. Mais c'est également le médecin de qui a besoin de connaître votre état de santé, c'est-à-dire votre banquier, votre assureur, votre patron", explique à TF1 Me Matthieu Juglar, avocat au barreau de Paris.

Le deuxième fichier viserait quant à lui à répertorier les personnes ayant été en contact avec un porteur du virus. Ce traçage serait effectué par le médecin ou un personnel hospitalier pour l'entourage proche du malade ; par l'assurance-maladie pour l'entourage plus large et par l'Agence régionale de santé pour déterminer l'ensemble d'une chaîne de transmission.

Des données sensibles partagées par de nombreuses personnes et qui, là encore, inquiètent. "A partir du moment où l'on est sur un traitement national, accessible manifestement par des administrations différentes, il faut se méfier du risque de 'détournement de finalité'. A partir du moment où ces données seront accessibles, il ne faudra donc pas en faire n'importe quoi et qu'on en fasse pas autre chose de ce qui était prévu au départ", prévient Guillaume Desgens-Pasanau, magistrat et professer au Conservatoire national des arts et métiers.

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Quoi qu'il en soit, le projet sera donc soumis à un avis de la Cnil, la Commission de l'informatique et des libertés.

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