Coronavirus : face à la ruée des clients, la grande distribution appelle au calme et au civisme

Dans les rayons d'un supermarché de Villeneuve la Garenne

COVID-19 - Depuis quelques jours, il n’est pas rare de voir des rayons littéralement dévalisés dans certains commerces. Du jamais-vu, ou presque ! Une pénurie que les clients organisent eux-mêmes, souligne Jacques Creyssel, directeur général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui lance un appel au calme.

Depuis plusieurs jours, et plus encore depuis l'allocution d'Emmanuel Macron jeudi 12 mars, des cohortes de consommateurs, inquiets face à l’accélération de la propagation du coronavirus, se ruent dans les hypermarchés, occasionnant des ruptures de stock dans certains rayons, notamment alimentaires. A la caisse, les vendeuses assistent, incrédules, à ce défilé de charriots remplis à ras de bord de papier toilette, boîtes de conserves et autres féculents.

Selon le cabinet d’études Nielsen, la semaine du 2 au 8 mars a une nouvelle fois été marquée par une forte augmentation (+5,6% en moyenne par rapport à la semaine précédente) des ventes de produits de grande consommation en hypers et supermarchés. Cette progression recouvre notamment un bond de 21,1% pour les produits d’épicerie (pâtes, riz, conserves…) et une hausse de 12,3% pour les produits de toilette et d’hygiène.

Une course contre la montre absurde face à une pénurie que les clients... fabriquent eux-mêmes. Contacté par LCI, Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), lance un appel au calme, assurant qu’aucun risque de pénurie n’est à prévoir. 

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LCI : Depuis quelques jours, il n’est pas rare, dès la mi-journée, de voir certains rayons littéralement dévalisés. Faut-il craindre un risque de pénurie ? 

Jacques Creyssel : Nous ne sommes pas dans une situation où nous manquons de produits. Il faut tout simplement le temps que les produits qui sont disponibles dans les entrepôts reviennent dans les magasins et soient remis en rayons. Il faut avoir le personnel nécessaire pour cela. Simplement, cela suppose que les gens n’achètent pas 10 kilos de pâtes par tête. Sinon, cela va devenir compliqué. Les clients doivent le comprendre et être raisonnables dans leurs achats.

Que chacun fasse les courses nécessaires pour la semaine, comme d’habitude. Et qu’il en laisse pour les autres. Ce qu’ils n’auront pas acheté aujourd’hui, ils le trouveront demain ou après-demain. Il est inutile de paniquer. Les magasins alimentaires vont rester ouverts dans les jours qui viennent. Certes, il y a des ruptures momentanées, qui sont liées à l’emballement face à l'accélération de la propagation de l'épidémie, mais la disponibilité des produits de première nécessité continuera d’être assurée.

Il faut que les consommateurs continuent d’étaler leurs achats tout au long de la semaine- Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

Au-delà du sentiment de panique, il y a également des raisons objectives, comme le fait que dès lundi les établissements scolaires et les universités seront fermées...

Jacques Creyssel : Au sein de chaque famille française, il y aura effectivement plus de bouches à nourrir à partir de lundi, il est donc normal que la quantité de produits achetés soit en hausse. Les étudiants représentent 16 millions de personnes en France. Une grande partie d’entre eux mangent habituellement à la cantine ou dans les restaurants universitaires. A partir de la semaine prochaine, ils vont être chez eux. Ce transfert de la restauration hors-domicile vers de la restauration à domicile, qui concerne également les salariés en télétravail, nécessite d’acheter davantage de produits. La filière s’est organisée en amont pour faire face à cet afflux. Pour autant, il faut que les consommateurs continuent d’étaler leurs achats tout au long de la semaine, de manière à éviter des ruptures. D'autant qu'à partir de lundi, les magasins auront moins de personnels disponibles. 

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La grande distribution avait-elle anticipé cette réaction des consommateurs ? Et si oui, comment la filière s'organise-t-elle pour y faire face ? 

Jacques Creyssel : Ce phénomène s’était produit en Chine et en Italie, on savait donc que cela pouvait arriver aussi chez nous. Des commandes supplémentaires ont été passées depuis déjà de très nombreux jours. Ce qui a été tout particulièrement anticipé, ce sont les achats de précaution, qui sont assez classiques en temps de crise. A cela s’ajoute maintenant la fermeture des établissements scolaires et des universités. Par ailleurs, des contacts permanents sont pris avec l’ensemble des fournisseurs depuis déjà plusieurs semaines pour augmenter la production industrielle.

Nous sommes également en liaison permanente avec les ministères de l’Agriculture, des Finances et du Transport, pour faire en sorte que les moyens disponibles puissent être mobilisés. Nous avons obtenu hier soir l’autorisation écrite de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, pour que l’ensemble des entrepôts puissent ouvrir désormais le dimanche, de façon à permettre le réapprovisionnement le week-end pour le lundi matin de l’ensemble des magasins. De même que nous avons obtenu des autorisations exceptionnelles permettant aux poids lourds de circuler sans restriction pour assurer le réapprovisionnement. 

Chacun doit être raisonnable et faire preuve d’esprit de responsabilité.- Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

La disponibilité de quelles catégories de produits est la plus impactée ?

Jacques Creyssel : Les produits alimentaires, comme les pâtes, le riz, les boîtes conserves, ou encore la viande, sont les plus prisés. A Paris, les ventes de paquets de pâte ont quasiment doublé à un moment. On constate que cela touche davantage les grandes villes que la campagne. Dans les zones rurales, il semble qu’on est davantage l’habitude de garder raison. Quand il y a des mouvements aussi considérables d’achat, cela conduit à ce que d’autres clients ne puissent pas, momentanément, trouver tous les produits qu’ils souhaitent. Donc il faut que chacun fasse preuve de civisme. La solidarité à laquelle appelle le président de la République passe aussi par le fait que chacun doit être raisonnable et faire preuve d’esprit de responsabilité.

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