Chômage, croissance... les effets de la crise devraient se faire ressentir durant deux ans

Chômage, croissance... les effets de la crise devraient se faire ressentir durant deux ans

CRISE - Après sa mise à l'arrêt pendant le confinement et son redémarrage progressif, l'économie française va mettre du temps à se remettre de la pandémie de Covid-19, prévient la Banque de France.

"Comme l'ensemble du monde, l'économie française a subi un choc d'une ampleur inédite." Les effets de pandémie de Covid-19 devront se faire ressentir durant deux ans, prévient ce mardi la Banque de France qui anticipe notamment dans ses projections macroéconomiques, un recul d'environ 15% du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre, marqué par un mois et demi de confinement puis une reprise progressive à partir du début du déconfinement le 11 mai.

"L'activité rebondit au mois de mai (...) tout en restant à un niveau très inférieur à la normale", avec une perte d'activité estimée à -17% sur une semaine-type de la fin mai par rapport à la normale, contre -27% en avril et -32% fin mars, détaille la banque centrale française dans son enquête mensuelle de conjoncture.

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2021 et 2022, un redressement "net mais progressif"

La reprise "progressive" entamée avec la levée du confinement et qui se traduira par un rebond de l'économie dès le troisième trimestre  ne suffira pas a éviter une récession inédite de l'économie cette année. Évaluée à -10%, cette prévision est proche des -11% anticipés par le gouvernement dans le troisième projet de loi de finances rectificative qu'il présentera mercredi en Conseil des ministres.

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Après cela, "2021 et 2022 seraient des années de redressement net mais progressif", prédit la Banque de France, avec une croissance de 7% prévue l'an prochain, puis une progression de 4% du PIB en 2022. Mais "ce fort rebond apparent ne permettrait pas de retrouver le niveau d'activité de fin 2019 avant mi-2022", souligne encore la première institution publique à publier des prévisions économiques à cet horizon. 

12% de perte d'activité en juin

Selon la banque centrale, l'activité a rebondi au mois de mai, avec une perte d'activité estimée à -17% sur une semaine-type de la fin mai par rapport à la normale, contre -27% en avril et -32% fin mars. Et le mois de juin devrait confirmer cette tendance, avec une perte d'activité ramenée à -12%.

Déjà, les fermetures de sites dans l'industrie "sont devenues marginales" et le bâtiment reprend "de façon très dynamique", note la Banque de France. La situation est plus contrastée dans les services, avec des secteurs toujours en difficulté, comme l'hébergement ou la restauration encore en partie confinés, et d'autres qui ont nettement rebondi, comme les services à la personne, le travail temporaire ou les services automobiles.

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Recul de 9,3% de la consommation

Mais l'élément "essentiel" de la reprise sera le rythme du rebond de la consommation des ménages. Avec une épargne cumulée autour de 100 milliards d'euros, le taux d'épargne des ménages dépassera les 22% cette année et la consommation reculera de 9,3%.

Si le dispositif massif de chômage partiel mis en place par le gouvernement va quelque peu ralentir l'impact de la crise sur l'emploi et le pouvoir d'achat cette année, le taux de chômage devrait atteindre plus de 10% fin 2020, et grimper jusqu'à un pic supérieur à 11,5% à la mi-2021, un niveau "au dessus des précédents historiques", projette la Banque de France. Et là encore, il faudra attendre 2022 pour le voir redescendre à 9,7%. Le pouvoir d'achat devrait lui légèrement reculer de 0,5% cette année, avant de repartir à la hausse mais à un rythme bien plus faible que l'activité. 

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