"Les citoyens ont tout de suite associé la crise sanitaire à une crise écologique"

"Les citoyens ont tout de suite associé la crise sanitaire à une crise écologique"
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ENJEUX - Les Français sont-ils plus "écolos" que jamais depuis l'apparition du coronavirus ? On serait tenté de le croire après la vague verte qui s'est exprimée dans les urnes dimanche lors des élections municipales. C'est aussi la conclusion de l'une des grandes consultations citoyennes lancée fin avril par TF1 et LCI en partenariat avec Sciences-Po et Bluenove.

Le monde d'après sera plus vert, ou ne sera pas... C'est en tout cas la préoccupation numéro 1 qui ressort des 60.000 contributions étudiées dans le cadre de l'enquête "Notre nouvelle vie" lancée fin avril, par les rédactions du groupe TF1, en partenariat avec Science-Po Paris et Bluenove.  

Et ce qui s'est passé dans les urnes dimanche pourrait bien être le reflet de cette prise de conscience qu'on eue les Français pour leur environnement pendant le confinement. Ce que confirme Frank Escoubes, le co-fondateur de la start-up Bluenove, qui a analysé leur ressenti lors de cette grande consultation citoyenne. On lui a demandé de nous détailler ce qu'il en ressort.

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Une écologie du quotidien

LCI - La crise sanitaire a-t-elle vraiment accentué le goût des Français pour un environnement plus vert ?

Frank Escoubes -  Une chose est sûre, les citoyens ont tout de suite associé cette crise sanitaire à une crise écologique. Pour eux, il y a un lien certain entre cette crise et le réchauffement climatique. Il y a d'ailleurs une sorte de consensus pour dire que c'est à cause de ça qu'on a une pandémie aujourd'hui. D'où une vraie prise de conscience autour de l'écologie.

Pour autant, cela se traduit-il par des actes concrets, ou est-ce encore abstrait dans l'esprit des Français ?

Concrètement, ce qui ressort c'est une volonté de changer le mode de consommation et de production. Et pour cela, les Français prônent les circuits courts et la consommation ultra-locale. Mais aussi la relocalisation de la production en France, et la diminution des importations, pour éviter les transports polluants. Ils se disent même prêts à moins consommer et souhaitent réduire la place de la voiture dans leurs vies. Enfin, ils veulent également être plus actifs et davantage sollicités dans les décisions politiques qui sont prises.

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Par ailleurs, toutes les réponses tendent vers une écologie du quotidien et non une écologie incantatoire, consistant à dire 'il faut sauver la planète'. Et le premier élément du quotidien, c'est bien la question du lieu de résidence et du lieu de travail. Dans ce contexte de pandémie, il y a énormément de citoyens qui ont exprimé une vraie envie de déménager pour s'éloigner des grandes métropoles, même s'ils ne sont pas encore passés à l'acte, parce que c'est trop tôt. D'où un plébiscite certain pour le télétravail, mais aussi pour la télémédecine, l'enseignement à distance, ou encore le commerce en ligne... Toutes ces dimensions qui permettent de dire : 'J'habite à 100 km de Paris, mais je peux tout faire comme avant en ayant en plus une meilleure qualité de vie'.

Les Français prônent également un nouveau rapport au temps, ils veulent retrouver un rythme plus lent, plus modeste. Et cette décélération n'est pas un appel à la décroissance, c'est plutôt un appel à retrouver du temps pour soi et pour sa famille, ce qui implique un nouveau rapport entre vie personnelle et vie professionnelle.

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Pensez-vous que ces envies de changement vont perdurer dans le temps ?

C'est une certitude. Lorsqu'on avait analysé les réponses du Grand débat national, en avril 2019, on avait le sentiment que les citoyens attendaient beaucoup de l'Etat pour agir, et n'étaient pas forcément prêts à le faire eux-mêmes. Mais là, il y a un vrai déclic qui s'est opéré. Car ce changement de vie a été rendue possible par la pandémie, donc ils se disent désormais 'pourquoi pas'. Et cela change toute la donne. Ainsi, on a vu qu'on pouvait compter sur des solidarités de voisinage, moins utiliser sa voiture, aller acheter des biens de première nécessité en bas de chez soi, sans dépendre d'une grande surface à la périphérie d'une ville, c'est finalement la preuve par l'exemple.

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