Fête de la musique : les Français ont-ils relâché leurs efforts contre le Covid-19 ?

Fête de la musique : les Français ont-ils relâché leurs efforts contre le Covid-19 ?
Population

DÉCONFINEMENT - Dimanche 21 juin, de nombreux rassemblements ont eu lieu partout sur le territoire, en dépit des gestes barrières. Est-ce le signe d'un relâchement des Français ? Matthieu Moslonka-Lefèbvre, président de DataCovid et modélisateur en épidémiologie, nous éclaire.

Les Français respectent-ils toujours les gestes barrières ou se sont-ils relâchés ? Six semaines après le début du déconfinement, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées partout en France, dimanche, lors de l'édition 2020 de la fête de la musique. Malgré les recommandations du ministère de la Santé, les participants ont fait valser les gestes barrières et la distanciation physique, dans les rues de plusieurs villes de France (voir vidéo en tête de cet article).

Est-ce le symbole d'un relâchement général de la population, ou simplement l'oubli d'un soir, juste le temps de se remémorer les souvenirs de la vie sans le Covid-19 ? Pour Matthieu Moslonka-Lefèbvre, président de DataCovid, un baromètre analysant les comportements de la société française durant la crise sanitaire, c'est plutôt la première solution qui est privilégiée. "Selon notre baromètre, les Français évitent de moins en moins les regroupements", explique-t-il à LCI. "Les Français tendent à se regrouper davantage, même s'il faut souligner que 56% déclaraient encore au 9 juin éviter systématiquement les regroupements."

Le masque et le gel hydroalcoolique, seuls gestes barrières à persister

De manière générale, "tous les gestes barrières tendent à diminuer", indique Matthieu Moslonka-Lefèbvre, qui se base sur les travaux de DataCovid. Dans le détail, les Français respectent moins ces gestes : ne pas se serrer la main ni embrasser, utiliser des mouchoirs à usage unique, se laver les mains plusieurs fois par jour, éviter les regroupements, éternuer ou tousser dans son coude, et maintenir une distance d'au moins un mètre. "Cela semble assez logique", analyse le modélisateur en épidémiologie. "À partir du moment où il y a une reprise économique, cela entraîne plus de fréquentation des transports et plus d'interactions au travail."

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Toutefois, "les gestes de protection individuelle, comme l'utilisation de gel hydroalcoolique ou le port du masque" sont, eux, toujours plébiscités par la population, et même en légère hausse avec le temps. "73% des Français déclarent utiliser du gel souvent à tout le temps", détaille le président de DataCovid. "Pour le port du masque, 71% déclarent le porter souvent à tout le temps au 9 juin, contre 69% fin mai."

Un nombre de contacts multiplié par 4 en deux mois

Compte tenu du relâchement observé des gestes barrières collectifs, faut-il vraiment s'étonner du monde dans les rues lors de la fête de la musique ces derniers jours, pour la plupart sans masque ni distanciation physique ? "C'est dans la continuité" de l'observation des dernières semaines, indique Matthieu Moslonka-Lefèbvre. "Depuis le déconfinement, le nombre de contacts progresse et l'usage de certains gestes s'érode. Mais dimanche, il est certain que c'était plus extrême."

Un relâchement qui peut s'expliquer par la "frustration" des Français, après plus de trois mois à respecter des mesures restrictives et contraignantes. "Avec le retour des beaux jours et le déconfinement progressif", les rassemblements "ne paraissent pas surprenants", avoue-t-il. "Dans notre baromètre, nous avons demandé aux répondants le nombre de contacts proches (moins d'un mètre) qu'ils ont eu lors des dernières 24 heures. Le 7 avril, c'était 2,3 en moyenne, contre 9,7 début juin."

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"C'est une augmentation importante mais pas illogique", constate le président de DataCovid. Tous ces contacts ne sont toutefois pas dus à une hausse des rassemblements privés. "Il y a une différence entre augmenter le nombre de contacts du fait de la reprise économique et se retrouver au sein d'un groupe pour faire la fête", rappelle-t-il. "Ne l'interprétons pas non plus comme un relâchement de tous les Français."

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