Gels hydroalcooliques, masques … ces entreprises qui se reconvertissent pour aider à la lutte contre le Covid-19

Comme les masques chirurgicaux, le gel hydroalcoolique est devenu introuvable dans les pharmacies.
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RECONVERSION - Plusieurs entreprises changent drastiquement leurs activités pour répondre aux besoins urgents de produits permettant de lutter contre la propagation du Covid-19.

Les industriels se mobilisent et dans certains cas reconvertissent leur production pour répondre à des besoins urgents de produits liés à la pandémie du Covid-19, comme les gels hydroalcooliques ou les masques de protection. La demande de gels a conduit plusieurs secteurs, comme la parfumerie, la beauté, la pharmacie ou la chimie, à réorganiser une partie de leur production pour y répondre.

"C'est assez basique de faire du gel hydroalcoolique, il faut des matières premières que nous utilisons déjà", et notamment "de l'alcool similaire à celui que nous utilisons pour nos parfums", explique un porte-parole du groupe LVMH. Une formule a été validée avec la pharmacie centrale de l'AP-HP, et mise en production sur trois sites de parfumerie: Guerlain à Orphin (Yvelines), Christian Dior à Saint-Jean-de-Braye (Loiret) et Givenchy à Beauvais (Oise). 

La Febea, fédération professionnelle du secteur cosmétiques, assure que "de nombreux adhérents se sont montrés volontaires pour lancer une production de gels hydroalcooliques", depuis qu'un arrêté ministériel de vendredi les y autorise. "Cela signifie, pour beaucoup, la création complète d'une nouvelle ligne de production et le transfert de leur production habituelle vers la production de gels", explique la Febea.

Le numéro un mondial des cosmétiques, L'Oréal, s'est lancé la semaine dernière. Le groupe s'apprête à intensifier sa "production en quantités importantes dans les prochaines semaines" avec ses marques La Roche-Posay et Garnier, notamment pour les hôpitaux et EHPAD, mais aussi pour les salariés de ses clients européens de la distribution alimentaire.

Laboratoires pharmaceutiques et groupe de spiritueux

Du côté de l'industrie pharmaceutique, la production de gels désinfectants est aussi à l'ordre du jour. Sanofi a indiqué que certains de ses sites "contribuent à fabriquer du gel hydroalcoolique ou équivalent". Le laboratoire Pierre Fabre va aussi commencer dans huit jours la production de gels.

Dans un autre secteur, les groupes sucriers Tereos et Cristal Union ainsi que le géant des spiritueux Pernod-Ricard ont annoncé mercredi la réorientation d'une partie de leur production vers le gel hydroalcoolique et l'alcool entrant dans la composition. Les chimistes aussi "étudient actuellement la possibilité d'utiliser leurs installations et leurs matières pour produire du GHA" (gel), a ajouté la fédération France Chimie.

40 entreprises de textile proposent de fabriquer des masques de protection

Autre bien en forte tension, les masques de protection, pour tous les personnels médicaux et para-médicaux et plus largement tous les emplois en contact avec le public, comme les commerces alimentaires. Selon les chiffres de France Industrie, 40 entreprises textiles se sont proposées pour en fabriquer et de premiers échantillons ont été approuvés par les autorités.

Ces exemples "montrent une réelle mobilisation" qui est "massive et focalisée", a assuré le président de France Industrie, Philippe Varin. Le président du l'Union des industries textile (UIT) Yves Dubief, lui-même patron du groupe Tenthorey, confirme la disponibilité d'entreprises pour "produire des masques en fibres de coton et des masques en non-tissé".

Son entreprise vient d'ailleurs d'expédier 10.000 m de tissu, prélevés sur une commande, chez un confectionneur qui pourra fabriquer une centaine de masques par mètre. Mais cette production va nécessiter "deux à trois semaines" pour arriver à son plein régime, assure Yves Dubief.

De son côté, le Pôle Textile Alsace active "depuis plusieurs jours le réseau des entreprises (...) pour recenser leurs capacités de production et les compétences" qu'elles peuvent apporter en vue de "constituer une filière complète de fabrication" à brève échéance de masques anti-projection, a exposé Catherine Aubertin, responsable technique de cette association d'entreprises textiles basée à Mulhouse (Haut-Rhin). Jusqu'en Bulgarie, où la petite entreprise de vêtements pour jeunes enfants, Angel Baby, consacre ses stocks de tissu à produire gratuitement des masques non médicaux.

Des projets moins avancés pour les aides respiratoires

Concernant enfin, les aides respiratoires, un domaine où les besoins sont importants, des projets sont en cours, mais moins avancés. Pour Jeremy Ghez, professeur d'économie à HEC, cette mobilisation traduit le fait que "les entreprises vont devoir de plus en plus créer de la valeur partagée, créer des solutions qui sont profitables, mais qui représentent aussi un intérêt pour la société". 

"En investissant dans un écosystème, elles y gagnent quelque chose, surtout dans des temps aussi instables que ceux que nous traversons. Il s'agit d'accélérer la sortie de crise pour pouvoir en bénéficier à la fin", estime l'économiste.

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