L'armée française s'est-elle vraiment procurée des stocks de chloroquine ? Oui, elle évoque un "achat de précaution"

L'Armée a-t-elle acheté de la chloroquine ?
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À LA LOUPE – Une cargaison de chloroquine à destination de l'armée, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, a suscité des réactions massives. Le ministère a confirmé cette information et explique se préparer en cas d'efficacité avérée du traitement contre le Covid-19.

Partagée, repartagée, commentée, débattue… Une séquence vidéo a créé la polémique sur les réseaux, un homme filmant un stock de chloroquine produit en Chine et dont le destinataire n'est autre que l'armée française. 

"Soixante-dix kilos en baril de chloroquine. Soi-disant Raoult là… c’est un gourou, on le fait passer pour je sais pas quoi, et ça va où tout ça ? Pharmacie centrale des armées ! On soigne les militaires. Alors c’est bizarre, c’est bizarre tout ça, non ?", lance l'homme qui filme avec son smartphone. Rapidement sollicité, le ministère des Armées a réagi et confirmé qu'il s'agissait bien d'une commande réalisée par ses soins. Pour autant, il n'est pour l'heure pas encore prévu de l'utiliser.

"Un achat de précaution"

À quoi doit servir ce stock de chloroquine ? Si la molécule était utilisée à une époque au sein de l'armée pour se prémunir du paludisme, les militaires n'y ont aujourd'hui plus recours. Le ministère a ainsi confirmé que cet achat, opéré en Chine, était bien lié à l'épidémie de Covid-19. "Dans un contexte de fortes tensions des approvisionnements de matières premières à usage pharmaceutique, le ministère des Armées a réalisé un achat de précaution, si jamais la chloroquine se révélait validée par les autorités de santé comme étant utile pour lutter contre le Covid-19", a-t-il indiqué à l'AFP.

Il s'agit donc, selon les mots du ministère, d'un "achat de précaution". La quantité évoquée dans la vidéo (un stock de 70 kilos) n'est toutefois pas confirmée. Il s'agit ici de "sel ou phosphate de chloroquine, qui permet le développement d'une forme injectable".

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Prudent, le cabinet de la ministre Florence Parly a précisé à France Info que cette commande "ne préjuge en rien de l’efficacité de la molécule", et prône "l'anticipation" face aux potentielles difficultés d'approvisionnement. "Nous faisons plein d’achats de précaution car c’est notre rôle", a-t-il souligné, sans pour autant "dévoiler son carnet de commandes". Quoi qu'il en soit, "Nous ne faisons rien en parallèle des autorités de santé", clame le ministère. "En aucun cas, nous n’avons acheté ça pour créer un médicament de manière indépendante."

Cet achat préventif peut surprendre alors que la chloroquine et l'hydroxychloroquine n'ont pour l'heure pas encore fait leurs preuves aux yeux d'une majorité de scientifiques, qui attendent des résultats d'études approfondies pour juger de leur pertinence dans le traitement du Covid-19. L'agence européenne du médicament rappelait d'ailleurs il y a peu que ces molécules sont susceptibles de causer de graves effets secondaires, et que leurs effets bénéfiques restaient à démontrer.

En résumé, on peut donc confirmer que le ministère des Armées a réalisé une commande de chloroquine à titre préventif. Un stock dont la quantité n'a pas été confirmée et qui n'a pas vocation à être utilisé avant que ne soit confirmée une éventuelle efficacité de la chloroquine pour lutter contre le Covid-19. 

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