Coronavirus : la crise sanitaire a-t-elle signé la fin des "cars Macron" ?

Coronavirus : la crise sanitaire a-t-elle signé la fin des "cars Macron" ?
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ECONOMIE - Parmi les multiples conséquences de l'épidémie de Covid-19 : la souffrance du secteur des transports. Et si l'on a beaucoup parlé des avions et des trains, les cars sont eux aussi durement touchés.

Depuis leur arrivée dans le paysage, ou plutôt sur le marché français, en 2015, on les surnomme les "cars Macron", du nom du ministre de l'Economie d'alors, qui annonçait à l'époque : "On va créer plusieurs milliers d’emplois." L'expression "cars Macron" nomme en fait deux poids lourds, le groupe allemand FlixBus et le Français BlaBlaBus, devenus à ce jour les symboles de la libéralisation, décidée par Bercy, du secteur du transport en autocar, moyen de transport de plus en plus massivement emprunté. Cinq ans, et une pandémie, plus tard, les salariés déchantent. Eurolines, la filiale d'autocars interurbains de FlixBus, n'a pas survécu au confinement, mettant la clé sous la porte, et laissant 115 salariés sur le carreau.

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Les 45 derniers licenciés d'entre eux sont revenus, ce mercredi 22 juillet, dans la gare routière Paris-Gallieni, à laquelle ils ont dédié de longues années de leur vie. Certains parmi eux comptaient quelque trente ans d'ancienneté. L'une d'entre eux fond en larmes, au moment de se confier à TF1 : "Au bout de seize ans, c'est un abandon ! Et c'est écoeurant... C'est écoeurant... Je ne peux pas..." Depuis quarante ans, toutes les lignes internationales de bus partaient de cette gare. Une ère qui s'achève.

Une baisse des prix fatale au secteur ?

La crise sanitaire est passée par là. "Dans cette zone, surtout en haute saison, on devrait avoir 250, voire 300 cars ici. Et là, regardez, il n'y a rien", montre Carla Raych, responsable de cette gare. "Profitant du Covid-19, FlixBus met le coup de grâce à la société Eurolines pour se débarrasser des salariés aux frais de la collectivité, puisque les salariés bénéficient du dispositif de chômage partiel mis en place par le gouvernement", fustigent les syndicats CFTC, CGT et FO d'Eurolines. Le groupe, lui, n'a pas communiqué sur ce placement en liquidation judiciaire, pas plus qu'il n'a souhaité répondre aux sollicitations récentes de TF1.

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Sur six entreprises engagées au départ sur ce marché, en 2015, il n'en reste plus que deux : FlixBus et BlaBlaBus. Celles qui ont cassé les prix, justement pour distancer la concurrence. En parallèle, la fréquentation de ces cars n'a, elle, cessé de grimper en flèche, passant de 6,2 millions de passagers en 2016 à 11,2 millions en 2019. Sans qu'aucun des opérateurs ne gagne d'argent dans le laps de temps, ces lignes proposant des allers-retours Paris-Marseille à 15 euros... Là encore, une ère qui s'achève ? "Non, la concurrence viendra ensuite du co-voiturage, ou du train, avec des modèles low-cost. Peut-être même du train de nuit, qui va faire son retour", assure Julien de Labaca, spécialiste des nouvelles mobilités. Selon lui, les prix n'augmenteront pas.

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