Coronavirus : la pénurie des masques respiratoires fait flamber les prix et dope le marché noir

Coronavirus : la pénurie des masques respiratoires fait flamber les prix et dope le marché noir
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ÉPIDÉMIE - A l'heure des craintes face à une épidémie potentiellement très contagieuse de nouveau coronavirus, la panique règne en France notamment, et les fournisseurs de masques respiratoires, pris d'assaut, font face à une pénurie. Résultat : les prix flambent et, sur Internet, un commerce parallèle se constitue.

C’est l’objet le plus convoité du moment. En pleine psychose autour de l’épidémie de Covid-19, les fabricants de masques de protection et leurs vendeurs font face à une demande du grand public qui explose. 

Résultat : de nombreux points de vente sont en rupture de stock, et les délais d’approvisionnement sont considérablement allongés. Restent alors les commandes sur Internet, où commence à s'installer un marché parallèle. Une pénurie à laquelle le gouvernement français fait face en déstockant des équipements réservés aux professionnels de santé et aux "personnes à risque".

Des prix multipliés par 4

En France, pour obtenir des masques de protection respiratoire de type FFP2, utilisés notamment dans l’industrie, les pharmacies et autres points de vente font appel à de nouveaux fournisseurs, leurs grossistes habituels faisant face à une rupture de stock.  

"La consommation est multipliée par 50", indique ainsi Jacques Fabre, président du groupe Phoenix Pharma. "Nous étions sur une moyenne de 2000 commandes par mois de boîtes de masques, et nous sommes passés à 100.000", explique le grossiste au micro de LCI. Au niveau mondial, la demande suit une courbe comparable, alors que le nouveau coronavirus concerne désormais des dizaines de pays, où il a contaminé quelque 80.000 personnes.

Comme la production ne suit pas le rythme, une pénurie se fait sentir, et les prix montent. Un marché parallèle émerge : certains sites  proposent des masques à plus de 10 euros l’unité. Des prix 4 à 5 fois plus élevés que la moyenne habituelle, et la provenance des produits n’est pas toujours certifiée.

Priorité aux professionnels de la santé

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Le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué mercredi 26 février avoir "décidé de déstocker 15 millions de masques anti-projections" dans les stocks constitués par l'Etat pour qu'ils soient distribués dans les pharmacies et les hôpitaux aux professionnels de santé et aux personnes "à risque".

"Les stocks mondiaux d'équipements de protection individuelle (EPI) sont déjà insuffisants pour répondre aux besoins actuels de l'OMS et de ses partenaires, et les pays qui demandent du nouveau matériel sont confrontés à une attente de 4 à 6 mois pour recevoir des EPI tels que des masques chirurgicaux, des gants et des blouses", indique Fadéla Chaib, une porte-parole de l’OMS à l’AFP. 

Pour ajouter aux difficultés d'approvisionnement, la Chine, épicentre de l'épidémie, est elle-même le principal producteur de masques au monde. "Environ 50% des masques chirurgicaux sont fabriqués en Chine", rappelle Fadéla Chaib. Par conséquent, "l'épidémie a perturbé leurs systèmes de production et d'approvisionnement", souligne-t-elle.

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