Coronavirus : le prolongement de la trêve hivernale, une "bonne nouvelle" pour les associations

Coronavirus : le prolongement de la trêve hivernale, une "bonne nouvelle" pour les associations
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LOGEMENT - Parmi les mesures annoncées jeudi par Emmanuel Macron face à la pandémie de coronavirus figure le prolongement de deux mois de la trêve hivernale. Le chef de l'Etat a ainsi satisfait une demande des associations qui aident les mal-logés. Cela concernerait 4.000 à 5.000 familles.

Les associations d'aide au logement ont été entendues. Jeudi, lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron a annoncé que la trêve hivernale serait prolongée de deux mois afin de permettre aux familles concernées de faire face à la pandémie de coronavirus qui touche la France.

En temps normal, la trêve hivernale, qui s'applique du 1er novembre au 30 mars, est un dispositif qui interdit toute expulsion locative durant cette période pour tout logement, avec des exceptions (immeuble visé par un arrêté de péril, proposition de relogement adaptée, logement squatté). La trêve hivernale s'accompagne de places d'hébergement d'urgence pour accueillir les sans-abri durant les périodes de grand froid. Après la décision du chef de l'Etat, cette période est donc prolongée jusqu'au 31 mai.

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Une demande pressante des associations

"Vu l'urgence et le risque sanitaire majeur pour les personnes fragiles dont de nombreux sans-abri font partie, c'est une bonne nouvelle", a réagi Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, après l'allocution d'Emmanuel Macron. "L'annonce du président de la République est une satisfaction pour les associations de lutte contre l'exclusion, qui avaient lancé l'alerte", s'est également félicité le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, Florent Guegen.

Le chef de l'Etat a ainsi répondu à une demande pressante formulée par les associations ces derniers jours. Dans un communiqué, Droit au logement avait appelé, jeudi, à "des mesures d'urgence", estimant que "les très mauvaises conditions de logement que connaissent des personnes vulnérables, souvent en mauvaise santé, les exposent à l'épidémie et renforcent sa propagation". L'association appelait à un moratoire sur les expulsions, mais allait aussi plus loin, réclamant "la réquisition des logements vacants et des locaux loués en Airbnb", ainsi qu'un "moratoire sur la baisse des APL" et sur "les coupures d'énergie et d'eau", qui reprennent aussi au 1er avril.

La préfecture d'Ile-de-France a indiqué jeudi à l'AFP que quinze personnes sans abri avaient été testées positives au coronavirus dans deux centres d'accueil de la région, dont la plupart dans un centre dédié à un public ayant des pathologies, géré par le Samu social.

4000 à 5000 familles concernées

Le prolongement de la trêve hivernale concernera "4000 à 5000 familles", a précisé vendredi le ministre du Logement Julien Denormandie, interrogé sur RTL. "Concrètement, il n'y aura pas d'expulsion locative jusqu'à la fin du mois de mai, il n'y aura aucune utilisation de la force publique", a-t-il ajouté. 

Pour les propriétaires, "s'il y a une décision de justice portant expulsion et qu'il n'y a pas d'utilisation de la force publique, l'Etat engage sa responsabilité et doit indemniser le propriétaire", a-t-il également indiqué. 

Les 14000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires qui ont été ouvertes durant l'hiver et qui devaient fermées le 31 mars seront également maintenues jusqu'à fin mai. Au-delà du mois de mai, 7000 de ces places seront pérennisées et ouvertes tout au long de l'année.

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