Prise de température, embarquement "cadencé"... Comment Air France tente de rassurer ses passagers

Après 51 jours de confinement, les habitudes ont changé à l'aéroport et dans les avions. Air France travaille sur un plan de circulation qui sera applicable dès le 11 mai prochain. Alors, quelles sont les nouvelles règles à respecter ?
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CORONAVIRUS - Comme le reste des compagnies aériennes, Air France a décidé de multiplier les mesures sanitaires afin de rétablir la confiance de ses passagers, et de relancer son trafic qui enregistre des pertes colossales.

Un vol Air France en partance pour Pointe-à-Pitre : espacés d'un mètre, masque sur le visage, les passagers, face à une hôtesse tenant un petit pistolet pointé sur leur front, se font contrôler leur température. Si celle-ci dépasse 38 degrés, il sera impossible d'embarquer et leur réservation sera modifiée sans frais pour un départ ultérieur.

Après le port du masque, obligatoire depuis le 11 mai, la compagnie a donc décidé d'adopter toute une série de mesures pour lutter contre la dissémination du Covid-19. "La prise de température en fait partie, même si les porteurs du coronavirus n'ont pas forcément de la fièvre", souligne auprès de l'AFP Vincent Feuillie, médecin conseil d'Air France. 

"Cela permet aussi d'éviter d'être refoulé par les autorités à l'arrivée en cas de fièvre et le fait d'être contrôlé, c'est aussi la peur du gendarme", qui incitera à ne pas prendre l'avion si l'on se sait malade, décrypte le spécialiste au milieu d'un terminal à l'affluence fantomatique.

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Air France est passé d'un millier de mouvements d'avions par jour à Roissy-Charles-de-Gaulle à 44 ce mardi. Résultat, il est impératif pour sa survie que les passagers reprennent dès que possible le chemin des cieux. Et cela ne semble pas gagné : seuls 14% des consommateurs remonteraient dans un avion aussitôt les restrictions de circulation levées, 40% attendraient six mois ou plus et la majorité un ou deux mois, selon un sondage réalisé dans onze pays par l'Association du transport aérien international (Iata), qui regroupe 290 compagnies aériennes.

Repas supprimés pour les vols inférieurs à 2h30

"C'est une épidémie et une crise sans précédent qui provoque l'inquiétude de nos clients. Nous avons donc développé tout un parcours sanitaire pour les rassurer", explique Catherine Villar, directrice "expérience client" de la compagnie nationale française. Un parcours qui va de l'enregistrement, où une borne sur deux est neutralisée et où du gel hydroalcoolique est mis à disposition, à la prise de température, jusqu'à l'embarquement qui sera désormais "cadencé" en commençant par l'arrière de l'avion pour que les gens ne se croisent pas. Autre décision, la vente de produits en duty-free est suspendue à bord, tout comme les repas et boissons qui seront supprimés pour les vols inférieurs à deux heures trente. 

Virucide tous les cinq jours

A cela s'ajoute, après chaque vol, un nettoyage-désinfection "renforcé" de l'appareil. Jusqu'à seize personnes peuvent être mobilisées pendant une heure pour un Boeing 777, contre douze en temps normal. Tablettes, écrans, ceintures, hublots, tout y passe. Un produit virucide est également aspergé le long des allées. "Il est efficace dans la durée, on le fait tous les cinq jours depuis mi-mars", explique Yasmine Geha, ingénieure cabine.

"On a toujours désinfecté les avions, mais là on pousse à l'extrême", explique Géraud Visinoni, directeur délégué d'Acna, une société prestataire. "Avant il y avait un nettoyage des surfaces et points de contact les plus fréquents, désormais on les fait tous, même les plus improbables", comme l'intérieur des coffres à bagages.

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Rien à craindre non plus avec la circulation d'air, assure l'ensemble du secteur aérien. Renouvelé toutes les trois minutes, il est prélevé pour partie de l'extérieur, mélangé avec l'air circulant dans l'avion et préalablement passé dans un filtre Hepa, qui filtre 99,97% des particules, dont le coronavirus.

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