Prolongement du confinement, durcissement des règles, suivi psychique... Ce que préconise le Conseil scientifique

Le confinement devrait s'installer dans la durée. D'après le dernier avis du Conseil scientifique, il devrait durer vraisemblablement six semaines à compter de sa mise en place.
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RECOMMANDATIONS - Dans un nouvel avis, le Conseil scientifique en charge du Covid-19 a évoqué mardi 24 mars la possibilité d'un prolongement du confinement à six semaines en France. "Une estimation", a tempéré le ministre de la Santé Olivier Véran. L'avis propose en outre, sans trancher, plusieurs scénarios pour la suite du confinement.

Il était prévu au départ pour quinze jours. Il pourrait désormais durer "au moins six semaines". Dans un avis rendu mercredi, le Conseil scientifique en charge du Covid-19, sur lequel s'appuie le gouvernement pour prendre ses décisions face à la pandémie, prévient que le confinement de la population française pourrait être largement prolonger pour parvenir à une réduction des contaminations.

Selon cet avis, mis en ligne sur le site du ministère de la Santé, "les effets épidémiologiques du confinement ne peuvent être observés qu'à partir d'une durée de deux à trois semaines à partir de sa mise en oeuvre. Trois semaines après le démarrage du confinement sont donc nécessaires pour obtenir une première estimation de son impact", correspond au délai entre l'infection d'une personne et son admission éventuelle en réanimation "pour les cas les plus graves". 

Compte tenu des "incertitudes" au sujet de la dynamique de l'épidémie, les scientifiques reconnaissent qu'il n'est "pas possible d'anticiper précisément l'évolution de ces indicateurs clés, et donc de proposer une date de sortie du confinement". Pour autant, les experts jugent que "le confinement durera vraisemblablement au moins six semaines à compter de sa mise en place". 

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"Cette réponse, nous ne l'avons pas"

Interrogé mercredi soir au sujet de l'avis du Conseil scientifique, le ministre de la Santé Olivier Véran a refusé de livrer un pronostic sur la durée du confinement de la population française. "Le Conseil scientifique s'est exprimé en donnant une estimation", a-t-il souligné. "Personne n'est capable de vous dire combien de temps il va durer. Il a simplement dit qu'il allait durer au-delà de quinze jours, cela est sûr, mais au-delà, qu'il pourrait durer jusqu'à une date plus lointaine de cinq ou six semaines. Encore une fois, grande prudence. Cette réponse, nous ne l'avons pas". Olivier Véran a rappelé que la date ne pourrait être connue que lorsque "la courbe épidémique le permettra". 

Une source gouvernementale a confirmé par la suite à LCI qu'il n'était pas possible, en l'état, de confirmer un tel pronostic. Autrement dit, le délai des six semaines ne sera pas confirmé dans l'immédiat.

Deux options pour renforcer le confinement

Si les experts affirment être d'accord sur la nécessité de renforcer le confinement, l'avis rendu mercredi pose deux options, sans trancher, constatant que les règles en vigueur depuis une semaine sont inégalement appliquées sur le territoire, et impactent différemment les populations, en raison de la précarité du logement pour certaines d'entre elles. 

"Une première option vise à durcir les mesures de confinement en les appliquant à toute la population dans un esprit d’égalité", énonce le Conseil scientifique. "Cette option peut conduire à restreindre les possibilités de déplacement, de transport voire de sortie du domicile, ou l’accès à certaines activités, y compris le travail hors du domicile pour des activités non essentielles", décrit-il, ajoutant que rien ne garantit que cette option "parvienne à tous les effets escomptés si son application est inégale ou incomplète". 

La seconde option consisterait en une application "stricte du confinement dans ses modalités actuelles sans en modifier les règles", conduisant les autorités à renforcer les contrôles pour les faire mieux appliquer sur l'ensemble du territoire, et à permettre aux autorités locales de réguler les marchés alimentaires et de mettre en place des couvre-feux nocturnes. C'est précisément l'option retenue lundi soir par le Premier ministre Edouard Philippe. 

Plus de transparence sur les stocks de masques

Faisant siennes les inquiétudes exprimées par les soignants au sujet de risques de pénurie de masques et de gels hydro-alcooliques, le Conseil scientifique alerte le gouvernement sur les risques de rupture de stock et lui demande de "faire preuve d'une entière transparence et de plus de clarté" sur les stocks existants et sur la manière "dont les services seront approvisionnés". 

Il recommande en outre que les autres activités "essentielles à la vie de la nation", notamment dans le domaine alimentaire et les services publics, puissent bénéficier de ces matériels de protection au même titre que les soignants.

Surveiller la santé psychique de la population

Dans l'avis rendu mercredi, le Conseil scientifique alerte également les autorités sur "l'importance de la santé psychique de la population, dans cette situation inédite de confinement de longue durée". Il estime que la population est "exposée à des risques spécifiques (situation de confinement ou de promiscuité, peur de difficultés d'approvisionnement, forte exposition à des nouvelles anxiogènes, situation potentiellement sidérantes ou traumatiques, deuils). 

Un suivi psychologique devra donc être appuyé au sein de la population, en particulier pour les professions les plus exposées à la pandémie, personnels soignants hospitaliers, personnes âgées et vulnérables, mais également médecins libéraux, pharmaciens, personnels des Ehpad. 

Plusieurs CHU ont ouvert des cellules d'aide psychologique pour faire face aux effets de la pandémie sur la population. Le gouvernement planche en outre sur un numéro vert dédié à l'accompagnement psychologique des malades et de leurs familles.

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