Rebond de l'épidémie : "Je pense qu'il est beaucoup trop tard", estime le Pr Gilbert Deray

Rebond de l'épidémie : "Je pense qu'il est beaucoup trop tard",  estime le Pr Gilbert Deray

MISE EN GARDE - Alors que le nombre de nouveaux cas de Covid-19 explose en France, le Pr Gilbert Deray, chef de service à la Pitié-Salpêtrière, estime qu'il est "beaucoup trop tard" pour contenir la deuxième vague, et que les hôpitaux vont devoir déprogrammer des opérations pour accueillir des patients contaminés.

Une deuxième vague inévitable. Alors que le nombre de nouvelles contaminations bat des records dans le pays, les hôpitaux sont de plus en plus submergés par les entrées en réanimation, en dépit des mesures de plus en plus strictes au fil des semaines. Mais pour le professeur Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), "il est trop tard" pour "contenir" l'épidémie. Dans un tweet, il a indiqué qu'il fallait désormais faire un choix entre "une circulation forte du virus avec des conséquences sanitaires immédiates ou des confinements régionaux avec leurs conséquences économiques et sanitaires ultérieures".

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Covid-19 : la France touchée par une deuxième vague d'ampleur

Invité du "Tour de l'info" sur LCI ce samedi, Gilbert Deray a confirmé ses propos et appelé à la responsabilité collective. "Il y a depuis longtemps une triade tester-tracer-isoler" pour contrer la propagation de l'épidémie, a-t-il rappelé (voir vidéo en tête de cet article). "Il faut avoir le courage de dire que nous n'avons pas été bons, et nous ne le sommes toujours pas. Lorsque nous démarrons avec cette triade qui n'est pas opérationnelle, inéluctablement", les contaminations "remontent."

"Contenir cette épidémie sans avoir à confiner"

Selon lui, le nombre de patients admis à l'hôpital va d'ailleurs considérablement augmenter dans les prochains jours. Actuellement, le taux d'occupation des lits en réanimation en Île-de-France s'élève à 40,1%, mais "nous allons vers les 50 ou 60%" avertit-il. Conséquence : des opérations liées à d'autres pathologies vont devoir être déprogrammées pour accueillir des malades du Covid-19.

"Je pense qu'il est beaucoup trop tard" pour contenir la deuxième vague, poursuit-il, "il fallait réagir au plus tard en août." Si le virus n'a pas disparu cet été, il circulait davantage dans une population jeune, moins encline à subir des complications. "De l'expérience des autres pays, nous savions que lorsque les jeunes sont contaminés, inéluctablement", les personnes plus âgées sont ensuite touchées. "C'était inscrit dans les faits", assure-t-il. Face à la hausse des cas, "le pouvoir politique va" désormais "devoir décider" entre "la vie" et "l'économie", prévient Gilbert Deray.

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Toutefois, faire un choix entre l'aspect sanitaire et l'aspect économique s'avère complexe. "Imaginer que l'on sacrifie l'un pour l'autre me paraît faux", continue le professeur. "Si l'épidémie continue de progresser, tout le tourisme va s'effondrer puisque personne ne viendra. Et si demain nous n'avons plus 20.000 nouveaux cas par jour mais 50.000, et cela pourrait arriver, plus personne n'ira dans les bars."

Comme ne cesse de le rappeler l'exécutif depuis le début de la crise sanitaire, il va donc falloir continuer de "vivre avec le virus". "Il faut réussir à contenir cette épidémie dans des proportions raisonnables sans avoir à confiner", assure le Pr Deray, qui anticipe déjà une éventuelle troisième vague. "Notre objectif est que les vagues montent le moins possible afin qu'il y ait le moins de morts possible et que l'économie soit préservée. Nous ne ferons pas l'un sans l'autre."

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