Covid-19 : département en état d'alerte, qu'est-ce que cela signifie et qui est concerné ?

Covid-19 : département en état d'alerte, qu'est-ce que cela signifie et qui est concerné ?

COMPRENDRE - Le Covid-19 a apporté dans notre quotidien son lot de termes scientifiques parfois peu clair. Alors que l'épidémie s'intensifie, certains département sont de nouveau en "état d'alerte". Lesquels et pourquoi ?

Dans la Sarthe, le taux d'incidence a "dépassé le seuil d'alerte", a annoncé mardi l'Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire. La zone est désormais classée par l'agence Santé Publique France comme un "département à vulnérabilité élevée". Mais que signifient ces appellations codifiées par les autorités sanitaires ?

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Seuil de vigilance, état d'alerte, situation de vulnérabilité

Le taux d'incidence est un des indicateurs permettant de mesurer l'évolution de la propagation du virus en France. Il est estimé sur la base du nombre de personnes testées positives au Covid-19 pour 100.000 habitants par semaine. Depuis le début de l'épidémie, deux paliers ont été créés pour surveiller la contamination de la population par département. Un "seuil de vigilance" a été établi à 10 cas pour 100.000 habitants en une semaine, et un "seuil d'alerte" a été fixé à 50 cas pour 100.000 habitants sur sept jours.

Entre le 9 et le 15 août, la moyenne nationale pour le taux d'incidence était de 17,3 cas pour 100.000 habitants selon Santé publique France. Dans la Sarthe, sur la même période, le taux d'incidence s'est élevé à 52,5 cas positifs confirmés en moyenne pour 100.000 habitants. Le département est passé en état d'alerte. 

Dans le langage de Santé Publique France, les départements ayant dépassé le seuil de vigilance sont "en situation de vulnérabilité modérée" et ceux ayant dépassé le seuil d'alerte sont "en situation de vulnérabilité élevée".

Quels sont les départements concernés ?

Au 18 août 2020, près d’un tiers des départements dépassent le seuil de vigilance, en particulièrement en Ile-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, explique Santé Publique France dans son bilan quotidien. L'agence recense 28 départements en situation de vulnérabilité modérée : Essonne, Gard, Gironde, Haute-Garonne, Haute-Savoie, Hérault, Ille-et-Vilaine, Loiret, Mayenne, Mayotte, Meurthe et Moselle, Nord, Oise, Réunion, Rhône, Sarthe, Seine et Marne, Alpes-Maritimes, Var, Vaucluse, Val d’Oise, Seine-Saint-Denis, Hauts-de Seine, Val-de-Marne et Yvelines.

Sur la carte mise en ligne par Santé Publique France, actualisée le 15 août, cinq départements ont dépassé le seuil d'alerte en France. Le taux d'incidence le plus élevé est observé en Guyane, avec 106,3 tests positifs pour 100.000 habitants en une semaine. Puis viennent les Bouches-du-Rhône (82,6), Paris (75,1), la Sarthe (52,5) et le Val-de-Marne (52,1). Mais dans le bilan quotidien du 18 août, la Sarthe et le Val-de-Marne n'y étaient plus.

Contacté par LCI, Santé publique France affirment que "les prochaines données de surveillance seront publiées en fin de semaine dans le point épidémiologique hebdomadaire".

Zone de circulation active du virus et conséquences

Lorsque un département passe en état d'alerte - ou en vulnérabilité élevée donc - "la situation du territoire concerné fait alors l’objet d’une évaluation fine, réalisée conjointement par tous les acteurs du terrain", explique la Direction générale de la Santé (DGS) à LCI. L'objectif : déterminer si le territoire est devenu une "zone de circulation active et diffuse du virus". 

Les indicateurs sont passés à la loupe, les données sont croisées pour voir notamment si l'augmentation du nombre de résultats positifs est une simple conséquence de l'augmentation du nombre de tests, ou si au contraire la contamination s'est accélérée. Puis les chaînes de transmission sont étudiées, afin de déterminer si la hausse des cas correspond à la découverte de clusters, ou au contraire, si les nouveaux malades ne sont majoritairement pas rattachés à des foyers connus. 

"Le passage en zone de circulation active n’est donc pas automatique", affirme la DGS. "En Mayenne par exemple, le département n’est pas passé en zone de circulation active parce que l’élévation des indicateurs s’expliquait en grande partie par des cas rattachés à des clusters identifiés et qui ont pu être maîtrisés".

A Paris et dans les Bouches-du-Rhône en revanche, les conclusions de l'analyse des autorités sanitaires locales et nationales ont validé le passage en zone de circulation active. Dès lors, "cela permet au préfet de prendre les mesures inscrites dans l’article 50 du décret n° 2020-860 pour lutter contre la propagation du virus", précise encore la DGS. Parmi ces mesures : l'obligation du port du masque, la fermeture d’établissements, l'interdiction de rassemblements, etc.

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