Covid-19 : les syndicats demandent "plus de moyens humains" pour la rentrée scolaire

Environ douze millions d'élèves feront leur rentrée le 1er septembre. Collégiens, lycéens et enseignants devront systématiquement porter un masque.
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RENTRÉE SCOLAIRE – Le ministre de l'Éducation nationale a annoncé les mesures mises en place pour cette rentrée exceptionnelle. Le port du masque est obligatoire et les distanciations sociales sont privilégiées, mais cela reste insuffisant pour les syndicats qui redoutent ce retour à l'école.

Des syndicats et des parents d'élèves sur le qui-vive à onze jours de la rentrée. "Il y a toujours une très forte inquiétude pour la préparation de cette rentrée " s'est inquiété, vendredi sur LCI, Benoît Teste, secrétaire général de la FSU-Education. Même constat pour la co-présidente de la FCPE, Carla Dugault. Sur LCI, elle demande plus de moyens pour les écoles "pour que les conditions d’accueil des élèves soient les meilleures". 

Port du masque obligatoire à partir du collège, regroupements limités, Jean-Michel Blanquer a souhaité éclaircir les dispositifs prévus pour protéger élèves et enseignants face au virus. Mais ces dispositions annoncées par le ministre de l'Education nationale n'ont pas convaincu les syndicats enseignants. Pour eux, ce n’est pas assez. Benoît Teste considère qu’il reste "beaucoup de flous sur l’organisation, beaucoup de choses ne sont pas prêtes et ne sont pas clarifiées".

La question du masque est notamment mise en avant. S'il sera obligatoire à partir du collège, Jean-Michel Blanquer n'a pas écarté la possibilité de l'imposer à partir du CE2 si la situation le nécessitait. Une mesure qui pourrait être utile aux yeux du co-président de la FCPE, Rodrigo Arenas. Au micro de RTL, ce dernier a réclamé vendredi "le masque, y compris dans les petites classes". 

Des classes à plus petits effectifs

Cela fait près de six mois que certains élèves n’ont pas remis un pied dans une salle de classe. "En tant qu’enseignants, on ne sait pas comment on va retrouver les élèves" alerte Benoît Teste. Une rentrée qui s’annonce donc difficile pour les professeurs qui doivent d'un côté rattraper le retard accumulé par leurs élèves, et de l'autre gérer la situation sanitaire dans leur salle de classe. 

Même si les syndicats ne souhaitent pas un report de la rentrée, ils s’accordent pour demander un réel changement d’organisation dans les salles de classe, et donc plus de moyens humains. Carla Dugault, co-présidente de la FCPE, demande "un recrutement massif de personnels pour organiser la classe en petits groupes". Pour Benoît Teste, "faire cours à 35 élèves dans des classes bondées, surchargées, c’est pénible pour les enseignants, et les élèves évidemment" surtout en temps d’épidémie. Rodrigo Arenas, est du même avis.  "Il faut", juge-t-il, des classes en petits effectifs pour que cela nous permette de réaliser les distanciations sociales".

"Le masque sera une fourniture scolaire"

Sur le plateau de France 2 jeudi soir, puis en déplacement dans une école dans l’Oise vendredi, le ministre l'a confirmé : "le masque sera une fourniture scolaire". Il sera donc à la charge des parents, comme un "vêtement" peut l'être. Pour Jean-Michel Blanquer, la revalorisation de 100€ de l’allocation de rentrée, devrait aider les familles à se fournir en masques, même s’il n'a pas exclu la mise à disposition de masques gratuits pour les élèves "qui en ont le plus besoin".

Une aberration pour le co-président de la FCPE, qui estime que les masques pour les enfants et les enseignants devraient être "pris en charge gratuitement par nos impôts". Rodrigo Ardenas met en avant le fait que c’est une question "de solidarité nationale pour faire en sorte que l’école ne devienne pas un nouveau foyer de contamination". Dans la même veine, le député LFI Eric Coquerel a souligné que la gratuité de l'école publique devrait impliquer la gratuité des masques pour y accéder. 

Des sanitaires mobiles dans les écoles

Face à cette rentrée exceptionnelle, les syndicats ne lâchent pas leurs revendications. "On essaie de préparer les choses au mieux", explique Benoît Teste, mais "on ne peut pas préparer cette rentrée avec si peu d’adultes". La FCPE, de son côté,  a annoncé lancer une pétition pour dénoncer le manque de dialogue avec le gouvernement et son "déni de réalité". 

Carla Dugault dénonce le manque de toilettes et de points d'eau dans les écoles, "on sait très bien que les sanitaires sont le point noir des établissements scolaires, beaucoup sont très dégradés". Pour permettre aux enfants de se laver les mains régulièrement, elle souhaite que "des toilettes et des sanitaires mobiles soient mis en place" dans les écoles. 

Vers un retour de l’école à la maison ?

La grande peur des syndicats reste un possible retour à l’école à domicile. Parmi les scénarios évoqués par le ministre, la mise en place de "l'école à la maison" pour certains élèves d'une école, voire la fermeture complète des classes et des établissements restent envisagés, en cas de circulation active du virus. 

"Les enseignants ont du mal à préparer leurs cours" explique Benoît Teste. Pour l'école à la maison, "aucune des questions qui s’étaient posées en mars ne sont réglées […] On est pas plus organisés que mi-mars" alerte le syndicaliste. Du côté de la FCPE c’est le même constat, "l’enseignement à distance est un métier, il faut une pédagogie adaptée pour cela et des outils. Il est évident que ce n’est pas aux parents d’être sollicités pour faire l’école à la maison, ça ne fonctionne pas". 

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