"Les 4 mois qui viennent seront les plus difficiles", prévient le Pr Delfraissy

"Les 4 mois qui viennent seront les plus difficiles", prévient le Pr Delfraissy
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CORONAVIRUS - Le gouvernement annoncera vendredi 11 septembre des décisions sanitaires permettant de "donner de la visibilité sur les prochaines semaines". Ce jeudi soir, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, était l'invité de LCI, et a livré quelques pistes.

Annonçons-le d'emblée : Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, invité du "grand entretien" de Darius Rochebin jeudi 10 septembre au soir sur LCI, n'a rien annoncé. Car, comme l'a rappelé quelques heures plus tôt Emmanuel Macron, "le Conseil scientifique est dans son rôle, qui est technique", mais "il revient aux dirigeants politiques de prendre des décisions", puis de les annoncer. Ce que fera le gouvernement vendredi 11 septembre, afin, on cite encore le chef de l'Etat, de "donner de la visibilité sur les prochaines semaines", alors que l'épidémie de Covid-19 rebondit actuellement.

On ne sait pas si l'épidémie ne va pas nous revenir de l'hémisphère sud, mais c'est possible.- Jean-François Delfraissy

Jean-François Delfraissy n'a pas pour autant rien dit. "Avec les autres membres du Conseil scientifique, nous avons eu des discussions samedi dernier et en revoyant les chiffres, les prévisions, notamment celles sur l'occupation des lits en réanimation, un critère important, on a constaté qu' un certain nombre de régions, et surtout de grandes métropoles, vont être en tension pendant le mois d'octobre. On repart avec une circulation virale importante. La population la plus à risque doit décider d'elle-même de se protéger. Mais il n'y aura aucune obligation, juste des recommandations", a-t-il d'abord expliqué.

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Le professeur a ensuite tenté de verbaliser l'exercice d'équilibriste qui attend le gouvernement : "Nous entrons sur une stratégie de long terme, peut-être sur plusieurs mois. On ne sait pas si l'épidémie ne va pas nous revenir de l'hémisphère sud, mais c'est possible. Nous devons cependant continuer à vivre. Reconfiner partout, ce n'est pas possible. La population ne l'accepterait pas. Il faut donc tenir compte des disparités des régions."

"Nous devons tous nous reprendre en main"

Continuer à vivre ? "Ce virus touche essentiellement la population jeune en ce moment, avec finalement assez peu d'effets. Le message, c'est que nous devons tous nous reprendre en main. C'était normal d'avoir eu envie de souffler pendant l'été, mais on doit éviter à tout prix d'en arriver à des mesures trop difficiles. Nous avons les outils, les tests, l'isolement, pour éviter un nouveau confinement. Plusieurs mesures peuvent être discutées. Mais elles relèvent des décisions politiques. Personnellement, je considère que l'interdiction de déplacement au-delà des 100 km, par exemple, était intéressante", a développé le médecin, en prenant cependant grand soin d'indiquer qu'il ne s'agissait que de son avis.

Il ne faudra pas précipiter les fermetures d'écoles ou d'entreprises.- Jean-François Delfraissy

Cas concret : les déjeuners en famille sont-ils à proscrire ? "Chacun doit être maître de son destin, mais chacun doit comprendre comment faire le tri, parce que la vie sera encore différente de celle que nous avons connue avant", a-t-il répondu. Selon lui, "les gestes barrières sont relativement bien appliqués, mais pas par la population générale. Il faut resserrer un peu la vis là-dessus". Y compris chez "les plus anciens" qui, eux aussi, "devront renoncer à certaines choses", mais "sans les couper du tissu sociétal et familial", c'est-à-dire en testant plus fréquemment les personnels des EHPAD et les familles, pour anticiper.

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Dit autrement : "On va rentrer dans une gestion du risque, en acceptant ce risque. Il y aura d'autres contaminations, à l'école, au travail, on devra vivre avec. Cela veut dire qu'il ne faudra pas précipiter les fermetures d'écoles ou d'entreprises, tout en veillant à ce qu'il reste des places disponibles dans les services de réanimation. Il faudrait par exemple plutôt fermer une classe que toute une école. (...) Il faut aussi poursuivre la stratégie de télétravail, et peut-être même l'accentuer sur les quatre mois qui viennent, qui seront les plus difficiles." Pour le reste, rendez-vous est pris vendredi avec le gouvernement. Toujours sur LCI.

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