Par âge, avec écoles ouvertes, local ou juste le week-end... 5 nuances de confinement

Ce n'est plus un secret... De nouvelles restrictions devraient être annoncées mercredi soir par Emmanuel Macron. Selon nos informations, plusieurs hypothèses sont sur la table pour tenter de contrer la flambée de coronavirus dans le pays : la plus radicale, un confinement total comme en mars, un confinement local, par ville ou par région. Enfin, dernière piste évoquée, l’avancement de l’heure du couvre-feu dès 18h ou 19h. Explications.

VARIANTES - Un Conseil de défense sanitaire se réunit ce mardi pour évoquer un possible reconfinement, l'hypothèse calquée sur le modèle du printemps dernier ayant, elle, été exclue par l'Elysée. Quelles sont les autres options expérimentées ou suggérées à l'étranger ?

Avec un dimanche 25 octobre à plus de 50.000 contaminations et un lundi 26 record en la matière (20.000), le coronavirus flambe. Le couvre-feu ne semblant pas porter les fruits escomptés, plusieurs hypothèses sont sur la table pour éteindre l'incendie. Selon nos informations, celle d’un reconfinement total, comme en mars dernier, demeure la moins probable. Elle est même exclue, si l’on en croit certains proches du président de la République. S'agissant du confinement partiel, la France est déjà de fait entrée dans cette configuration, puisque deux Français sur trois sont désormais soumis à un couvre-feu nocturne. Cela concerne, pour rappel, 54 départements en plus de la Polynésie, soit 46 millions de Français privés de déplacements entre 21h et 6h du matin.

Dans ce contexte, quelles sont les alternatives à la configuration du printemps dernier, qui permettraient d'aller plus loin que confinement partiel actuellement induit par le couvre-feu ? LCI en a compilé cinq, suggérées ou expérimentées à l'étranger.

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Un confinement ciblé par tranche d'âge

L'idée  d'un confinement ciblé pour une partie seulement de la population est notamment prônée par le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon (Paris). "Les mesures d'après couvre-feu sont des mesures de confinement, mais ciblées", estime-t-il, soulignant que cela ne signifie pas forcément confiner l'ensemble des habitants des métropoles les plus touchées par la deuxième vague. Et d'argumenter : "La circulation du virus chez les 20-29 ans est très importante", expliquait-il ces derniers jours sur LCI, évoquant donc la possibilité d'un confinement "générationnel" les jeunes. "Si on présente cette mesure comme une discrimination par l'âge, c'est totalement inacceptable. En revanche, si on la présente comme un geste altruiste pour protéger le plus fragiles, cela devient autre chose pour la population." D'autres évoquent l'hypothèse de confiner la population la plus vulnérable, à commencer par les personnes âgées. 

Un confinement juste le week-end

Les médecins de l'Union régionale des professionnels de santé libéraux (URPS) de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont réclamé ce lundi un élargissement du couvre-feu et un confinement de la population le week-end, estimant que "la situation est grave et le temps n'est plus aux demi-mesures". Dans leur communiqué, il soulignent que "l'élargissement immédiat des horaires du couvre-feu à partir de 19h en semaine et l'instauration d'un confinement les samedis et dimanches sont nécessaires", rapprochant les "demi-mesures du couvre-feu actuel" de la "drôle de guerre de 1939-40".

En Catalogne, dans le nord-est de l’Espagne, pays déjà sous le coup d’un couvre-feu nocturne, on réfléchit également à cette option, pour éviter un confinement total. "C’est un scénario qui est sur la table, puisque c’est pendant les week-ends qu’il y a le plus d’interactions sociales", a déclaré ce lundi la porte-parole du gouvernement régional de Catalogne, Meritxell Budo, sur la radio publique catalane.

Un confinement local

A l'instar de ce qui a été mis en place chez nos voisins, comme à Madrid, les autorités pourraient opter pour un reconfinement à l'échelle d'une ville ou d'une métropole où la circulation du virus est jugée particulièrement critique. "Ça fait partie des options", indiquait vendredi 24 octobre sur BFMTV le Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du conseil scientifique, cette option impliquant, comme actuellement en matière de couvre-feu, de se baser pour trancher sur le taux d'incidence, le nombre de lits de réanimation occupés et le pourcentage de malades chez les plus de 65 ans. Très localisé, le reconfinement peut même le cas échéant concerner uniquement un quartier particulièrement affecté par l'épidémie.

Dans plusieurs pays où les régions disposent de compétences élargies, des confinements localisés ont ainsi été imposés. C’est aussi le cas au Portugal où les communes de Felgueiras, Lousada et Paços de Ferreira (150 000 habitants au total), dans le nord du pays, ont instauré un confinement depuis le 23 octobre. Leurs habitants ne peuvent quitter leur domicile que pour aller travailler, se rendre à l’école, faire des courses ou s’acheter des médicaments. Le télétravail, s’il est possible, est devenu obligatoire et les commerces ferment à 22h.

Un confinement avec activités scolaires

Premier pays d’Europe à reconfiner toute sa population face à la deuxième vague de la pandémie de Covid-19, l'Irlande a opté pour un reconfinement généralisé mais moins strict que celui du printemps dernier, en faisant le choix notamment de laisser ses écoles ouvertes tandis que les commerces non essentiels et les espaces culturels sont fermés. Dans l’espoir de "célébrer Noël correctement", selon les termes du Premier ministre Micheal Martin, les Irlandais sont ainsi assignés à résidence pour six semaines depuis mercredi dernier. 

Une hypothèse également soufflée en France puisque le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy expliquait ce lundi sur RTL que l'une des options sur la table consistait à "aller directement vers un confinement", mais "moins dur" et moins long que celui de mars à mai, et qui "permettrait probablement de conserver une activité scolaire". L'épidémiologiste Antoine Flahault l'a aussi évoquée sur BFMTV, préconisant toutefois de ne pas rouvrir collèges, lycées et universités le 2 novembre après les vacances de la Toussaint. "Les écoles primaires pourraient rester ouvertes mais devraient imposer le port du masque, même aux enfants de plus de 6 ans".

Un auto-confinement

Pour Yves Coppieters, médecin et épidémiologiste à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), il ne faut pas attendre les décisions des pouvoirs publics pour agir. "Nous ne connaissons pas l’efficacité des mesures prises actuellement", admet-il à LCI. "Pour voir leur efficacité, il faudra attendre entre le 1er et le 15 novembre. Au niveau des hospitalisations, il faudra encore attendre 10 jours de plus, ce qui nous amène vers le 20 ou 25 novembre avant de voir un début d’aplatissement dans les hôpitaux. Tout cela est trop tard, il faut donner un coup complémentaire pour stabiliser plus vite les transmissions au sein de la population."

En ce sens, il appelle donc les Français, comme les Belges, à "s’auto-confiner". "La population doit prendre les devants et rester un maximum chez elle", demande l’épidémiologiste. "Comme en mars et avril, il faut qu’elle ne sorte que pour les activités prioritaires, à savoir l’école pour les enfants, et pour aller travailler si le télétravail n’est pas possible, mais en appliquant fortement les gestes barrières." "Les courses non-essentielles ou les balades doivent absolument s’arrêter pendant un mois", insiste Yves Coppieters.

Mécaniquement, cet "auto-confinement choisi contribuerait à diminuer les relations sociales et les contacts interhumains", responsables de la circulation accrue du virus ces dernières semaines en Europe. Pour justifier cette proposition, l’épidémiologiste s’appuie sur l’exemple suédois. "La Suède ne s’est jamais officiellement confinée, mais la population s’est quasiment auto-confinée lors de la première vague", assure-t-il. "Elle s’est disciplinée par elle-même." Au printemps dernier, les Néerlandais ont également invité de manière insistante au confinement mais sans en faire une obligation légale. Le respect de la distanciation sociale était ainsi la règle aux Pays-Bas mais sans obligation de rester à domicile. 

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