Plainte, recrudescence de l'épidémie à Marseille... L'été compliqué de Didier Raoult

Plainte, recrudescence de l'épidémie à Marseille... L'été compliqué de Didier Raoult
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COVID-19 - Après un printemps marqué par une "Raoult mania" à Marseille, le patron de l'IHU, qui sera mercredi soir l'invité de Darius Rochebin sur LCI, a connu un été turbulent, marqué par les polémiques à répétition et la hausse des cas dans sa ville.

"Je ne suis pas un prophète, même si je suis barbu". Invité fin juin par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise du coronavirus, Didier Raoult avait fait du Didier Raoult. Entre digressions historiques, citations de philosophes et affirmations difficilement vérifiables, le microbiologiste avait déçu les députés… mais soigné son aura, lui qui est devenu un véritable phénomène à Marseille, où certains achètent des cierges à son effigie quand d'autres se font tatouer son portrait. Las, entre temps l'été est passé par là, synonyme de flambée de l'épidémie dans la cité phocéenne. A l'opposé des prédictions du médecin, lequel n'a par ailleurs cessé d'affronter les polémiques en tout genre. 

Les ennuis ont débuté le 1er juillet quand Martin Hirsch, patron de l'AP-HP, a adressé une missive à la présidence de l'Assemblée nationale. En cause ? L'audition du professeur, un "faux témoignage" qui, selon lui, met en cause les hôpitaux de Paris. Martin Hirsch n'est pas le seul à contester les propos du professeur : rapidement, le Conseil scientifique - chargé d'éclairer le gouvernement pendant l'épidémie - et la Haute autorité de santé (HAS) lui enjoignent le pas, fustigeant notamment des accusations de conflits d'intérêts portées par le directeur de l'IHU Méditerranée-Infection de Marseille.

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"Je ne peux pas me retrouver à discuter avec des gens qui font une tribune pour dire que je fraude"

Fin juillet, le conflit entre Didier Raoult et, comme il l'appelle, "la capitale", prend une tournure différente. Le professeur décide de porter plainte contre Martin Hirsch pour "dénonciation calomnieuse". De son côté, la Société de pathologie infectieuse décide d'attaquer devant l'Ordre des médecins le professeur, lui reprochant d'avoir indûment promu l'hydroxychloroquine… Sous le feu des critiques, celui qui affirmait le 12 mai sur Youtube "que les choses sont en train de s'arrêter ici, à Marseille", voit néanmoins déferler en août les cas dans sa ville. A l'heure de la rentrée de septembre, le préfet des Bouches-du-Rhône adopte d'ailleurs une flopée de mesures pour endiguer l'épidémie. 

Pas de quoi faire frémir l'homme à l'éternelle blouse blanche. Interrogé ce mardi devant la commission d'enquête du Sénat cette fois-ci, le patron de l'IHU de Marseille en a rajouté une couche. Lui qui devait initialement échanger avec l'épidémiologiste Dominique Costagliola, directrice de recherche à l'Inserm, et l'infectiologue Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat, a préféré jouer en solo : "Je ne peux pas me retrouver à discuter avec des gens qui font une tribune pour dire que je fraude, ce n'est plus une discussion scientifique". Et d'appuyer : "C'est au-dessus de mes forces" de "discuter sereinement avec des gens qui m'insultent". Le scientifique a par ailleurs une nouvelle fois justifié la politique de tests massives de l'IHU dès le début de l'épidémie et affirmé l'efficacité de l'hydroxychloroquine, malgré les démentis apportés par un grand nombre d'études.

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Malgré les coups, Didier Raoult, qui répondra ce mercredi à 20 heures aux questions de Darius Rochebin sur LCI, peut compter sur de nombreux soutiens. Le président LR de la région Paca, Renaud Muselier, est monté au créneau pour le défendre, assurant qu'il n'avait fait, selon lui, "que respecter le serment d'Hippocrate". "Des scientifiques de sa trempe, qui n’ont pas peur de déplaire à l’avis majoritaire ni aux institutions, manquent au débat public", assure Renaud Muselier le 3 septembre. Quelques jours plus tard, quelque 200 confrères de la région Sud signent une tribune dans le Figaro intitulée : "Conseil de l'ordre des médecins, il faut laisser Didier Raoult en paix !". Même Nicolas Sarkozy y va de son petit mot : invité à Marseille à un forum le 4 septembre, l'ancien président de la République fait l'éloge d'un "homme d'une grande qualité, qui a fait son possible pour soigner au mieux ses patients, qui a sans doute fait des erreurs comme on en fait tous, moi le premier."

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