Grève des enseignants : la mobilisation plus suivie dans les collèges, plusieurs lycées bloqués

Entre la semaine dernière et cette semaine, un collège de Yutz a constaté une explosion des cas de contamination et des cas contact. Dans chaque classe, entre deux et quatre élèves seraient absents.

GROGNE - Malgré un renforcement du protocole sanitaire dans les lycées, plusieurs établissements ont été bloqués ce mardi matin. Du primaire au secondaire, de nombreux enseignants sont en grève pour réclamer une limitation du brassage des élèves.

Tentatives de blocus et affrontements devant plusieurs lycées parisiens ce mardi matin, alors que la grogne des professeurs et des élèves s'amplifie pour réclamer de nouvelles mesures afin de limiter les risques de contamination. L'annonce par Jean-Michel Blanquer la semaine dernière de plus de cours à distance n'a pas calmé les esprits. Loin de là. 

"Insuffisant", répondent en effet les syndicats (FSU, FNEC-FP-FO, CGT Educ'action, SNALC, SUD et SNCL-FAEN) qui ont maintenu leur appel à cesser le travail ce mardi. Ils estiment notamment que la "situation actuelle nécessite la présence massive et urgente de personnels dans les écoles, collèges, lycées" et demandent au ministère de "procéder dès à présent au recrutement de personnels, en particulier en ayant recours aux listes complémentaires des concours".

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Charges des forces de l'ordre et lacrymogènes à Paris

Résultat, à Paris, des tentatives de blocages ont eu lieu dans cinq lycées, a indiqué le rectorat. Avec par endroits, quelques scènes de violence. Des affrontements se sont ainsi déroulés devant le lycée Colbert, dans le 10 ème arrondissement, où les forces de l’ordres ont dû intervenir pour empêcher le blocus que les lycéens tentaient de mettre en place.

On a peur pour nos entourages. On est tous entassés dans les couloirs, dans les classes.- Sirine, élève de Terminale au lycée Colbert à Paris

Le lycée Colbert compte 600 élèves. Parmi eux, Sirine, une élève de Terminale qui a témoigné au micro de Simon Louvet, journaliste à ActuParis. "On a peur pour nos entourages. On est tous entassés dans les couloirs, dans les classes", regrette-t-elle, ajoutant que "le blocus n’est pas la meilleure des solutions mais c’est la seule manière d’être entendus".

Un important dispositif policier a également été déployé dans le 15ème arrondissement après des troubles devant le lycée Louis Armand.

Tensions vives aussi en régions

Même tension dans les régions qui ont aussi fait entendre leurs voix. A Saint-Nazaire, par exemple, l'ambiance était tendue devant le lycée Aristide Briand. Avec une charge des forces de l'ordre et des jets de gaz lacrymogène, comme a pu le constater Mélissa Dupin, journaliste à L'Echo de la Presqu'île.

A Rennes aussi, la police a dû être déployée pour assurer la sécurité devant le lycée Basch, après un blocage ce mardi matin.

Forte mobilisation dans les collèges

Selon le ministère de l'Education, cette journée de mobilisation se traduit par un taux de grévistes de 8,78% dans le primaire et de 10,36% dans le secondaire (collèges et lycées). Les syndicats ont de leur côté fait état d'un taux de grévistes plus élevé. "On est autour de 20% dans le primaire", a déclaré à l'AFP Guislaine David, la secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, alors que le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, dénombrait "environ 45% de grévistes au collège".

Les questions sanitaires demeurent en effet très vives dans les collèges, alors que la colère est montée d'un cran en fin de semaine dernière chez des syndicats qui "n'ont pas compris d'avoir été totalement écartés des annonces du ministère", a expliqué à l'AFP Sophie Vénétitay du Snes-FSU. Et ce mardi matin, de nombreux membres du corps enseignant ont cessé le travail, comme par exemple à Toulouse où là, fait notable, les soignants sont venus leur prêter main forte et rappeler avec force qu'il faut selon eux alléger les effectifs d'élèves.

Pendant ce temps, à l'école REP+ (quartier défavorisé) Victor-Duruy à Lille, 15 des 19 professeurs étaient en grève, et 10 classes sur 12 étaient fermées, selon Clémence Lambinet, professeure des écoles et membre du Snuipp-FSU. "Nous, ce qu'on souhaite, c'est que l'école reste ouverte. On a vu avec le premier confinement à quel point nos élèves ont besoin du contact et de l'éducation qu'on leur donne", souligne-t-elle. "Mais quand un prof est cas contact, qu'il attend son test, il n'est pas présent, les enfants sont répartis dans d'autres classes, ce qui pose un souci pour la santé des enfants et le suivi scolaire"

Baptiste Mahé, professeur des écoles remplaçant et membre du même syndicat, voudrait surtout un protocole sanitaire clair. "On nous demande d'aérer les classes toutes les deux heures. Mais il y a plein d'écoles où les fenêtres ne peuvent pas s'ouvrir (...) pour chaque mesure, on nous dit 'faites le si c'est possible'. Et quand ce n'est pas possible on fait quoi ?" 

Dans le primaire aussi, les inquiétudes demeurent : "L'objectif (du gouvernement) est que les écoles restent ouvertes jusqu'en juin, mais sans moyens supplémentaires, comment assurer le non-brassage, la distanciation, la réduction des effectifs ?", s'interroge de son côté Guislaine David, la secrétaire générale du Snuipp-FSU. "Il est urgent de se mettre autour de la table avec le ministère pour trouver des solutions d'accueil des élèves telles que des gymnases afin de mettre en place des demi-groupes, qui vont nous permettre de tenir sur la longueur", poursuit la responsable syndicale. 

La FCPE (parents d'élèves) va dans le même sens. "On sait notamment à Paris que la mairie a dressé une liste de lieux disponibles pour accueillir des enfants et donc désengorger les classes, alors qu'attendons-nous ?", s'interroge Rodrigo Arenas, son président.

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