Protocole sanitaire : "Les collèges sont les grands oubliés"

Rentrée des classes : port du masque pour les enfants de plus de 11 ans

INCOMPRÉHENSION - Si les lycéens peuvent alterner entre cours en présentiel et en distanciel à compter de ce lundi, les syndicats enseignants demandent qu'il en soit de même pour les collégiens. D'où, entre autres, le maintien de leur appel à la grève sanitaire ce mardi.

Deux poids, deux mesures. C'est l'expression qui résume le mieux le sentiment général au sein des syndicats enseignants après l'annonce du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de renforcer le protocole sanitaire dans les lycées et d'autoriser les cours en distanciel à 50% pour chaque élève. Quid des collèges ? "Ce sont les grands oubliés", déplore Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, le syndicat qui est à l'origine de l'appel à la grève sanitaire de ce mardi. "Les scientifiques disent que les jeunes à partir de 11 ans sont aussi contaminants que les adultes, 11 ans c'est environ l'âge auquel on entre au collège", pointe-t-elle.

Face à cette différence de traitement en secondaire, l'incompréhension est aussi palpable du côté du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc). "On retrouve les mêmes problèmes de brassages et difficultés à respecter la distanciation physique au collège qu'au lycée, que ça soit en récréation, dans les couloirs ou le midi", souligne son président, Jean-Rémi Girard. Et ce en dépit du fait que les classes des collèges sont un peu moins chargées que celles des lycées (26 élèves en moyenne contre 30). 

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"Collégiens et lycéens ont les mêmes comportements"

"Hormis le fait qu'ils fument moins, les collégiens ont des comportements semblables aux lycéens, c'est-à-dire tout simplement des comportements d'adolescents", estime ce dernier, avant d'illustrer : "Il y a la même nécessité, dans un cas comme dans l'autre, de faire des rappels au port du masque, de respecter les distances..."

S'attardant plus en détail sur le cas particulier de la pause déjeuner, il insiste là encore sur le fait que le fonctionnement des cantines est le même au collège et au lycée. "En mettant en place des demi-groupes au collège comme au lycée, ça permettrait de mieux respecter la distance physique dans les salles de classe et de limiter le brassage ailleurs à commencer par les cantines où, ça tombe sous le sens mais ça mérite d'être rappelé, on ne porte pas de masque", explique-t-il. "Brassage, non-respect des distances, pas de port du masque... en gros tout ce qu'il faut éviter en ce moment." Sur ce point, il tient à rappeler que les revendications des syndicats enseignants ne datent pas du reconfinement mais de la rentrée. "On sait comment ça fonctionne depuis septembre la plupart des cantines ne sont pas en capacité de mettre en œuvre les conditions nécessaires pour limiter ces brassages, mais on ne va pas pouvoir étaler à l'infini les pauses",  recontextualise-t-il.

"Sans mesures drastiques, il y aura des fermetures"

"Le ministère lui-même a produit un document daté de juillet où il est expliqué qu'en cas de circulation active du virus, on va réduire les effectifs, on demande simplement à ce que cela soit appliqué et d'autant plus alors que la situation sanitaire se dégrade", poursuit-il. Et d'ajouter : "Ce qui est en place aujourd'hui au collège parait ne faire aucun sens avec les mesures appliquées dans le reste de la société". Selon lui, les arguments opposés par le ministère pour justifier cette différence de traitement entre collèges et lycées, ne repose que sur de la "pure communication". 

Pour Frédérique Rolet, il est certain que "l'économie prédomine" derrière cette décision. Et de résumer : "Comme les enfants sont un peu plus jeunes au collège, si on veut que les parents continuent de travailler il faut que les enfants aillent en cours". Mais la secrétaire générale du Snes-FSU redoute les conséquences de ce qu'elle estime être une "sorte de déni". Et de s'en expliquer : "Si on ne prend pas des mesures drastiques rapidement, à un moment il va y avoir des fermetures, car pas plus tard que ce matin par exemple, dans un collège moyen, il y avait déjà cinq collègues contaminés".

Quid des programmes et des examens ?

Estimant donc qu'"il vaut mieux prévenir que guérir", elle ajoute qu'au-delà de ces revendications propres aux collèges "exclus" de ce renforcement du protocole sanitaire, ce dernier n'est pas optimal concernant les lycées. "Il a aussi été demandé de recruter des agents territoriaux" pour pouvoir assurer très pratiquement ces nouvelles mesures, explique-t-elle évoquant "un nettoyage de salles plus fréquent, tout comme la désinfection de poignées et  matériel, l'aération". Cette requête, comme l'embauche d'assistants d'éducation "pour les élèves en permanence", n'a pour l'heure pas été entendue, à l'exception souligne-t-elle de "quelques collectivités qui ont vu les équipes en charge des services le midi renforcés depuis septembre."

Enfin, se pose aussi dans ce contexte la question de l'allégement des programmes et des examens estiment les syndicats qui demandent qu'on s'y penche urgemment, y compris au collège concernant le Brevet. Pour toutes ces raisons, le Snes-FSU et le Snalc ont maintenu l’appel à la "grève sanitaire" ce mardi dans le premier et le second degré.

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