"Aérer, aérer, aérer" : cet autre "geste barrière" encore négligé à tort ?

"Aérer, aérer, aérer" : cet autre "geste barrière" encore négligé à tort ?
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SIMPLE ET EFFICACE - Le chercheur de l'Institut Pasteur Arnaud Fontanet a rappelé ce lundi sur LCI l’importance de l'aération. Tout comme le fait régulièrement le virologue Yves Gaudin. Que faut-il savoir sur cette protection sans commune mesure ?

"Il y a quelque chose que j'ajouterais auquel les gens ne pas assez, c'est l'aération". Face au rebond de l'épidémie de Covid-19 qui frappe actuellement l'Hexagone, le chercheur de l'Institut Pasteur Arnaud Fontanet a rappelé ce lundi l'importance de respecter au quotidien l'ensemble des mesures barrières  "tout a fait sensées", tout en insistant sur l'enjeu de ne pas s'en contenter. 

"On a de plus en plus d'évidence que les clusters ont lieu en milieu confiné et que l'aération des espaces est quelque chose d'important", a-t-il ainsi expliqué sur LCI avant d'enjoindre : "Ouvrez les fenêtres". S'appuyant sur l'exemple d'un dîner entre amis dans le contexte sanitaire que l'on connait, il a donc rappelé les précautions de rigueur, insistant de nouveau sur la nécessité de faire circuler l'air : "Trois quatre personnes à table et non quinze, vous prenez vos distances, vous mettez un masque, et vous ouvrez les fenêtres un quart d'heure toutes les heures et c'est très bien". 

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"Rappelons nous nos grands-mères"

Un conseil en faveur duquel le virologue Yves Gaudin abonde. Régulièrement, et ce depuis les prémices de la crise sanitaire, ce dernier martèle : "aérez, aérez, aérez". Conscient que ce conseil, a priori basique, peut faire sourire, il déplore pourtant lui aussi qu'on le néglige encore à ce point. "Rappelons nous nos grands-mères, qui aéraient nos maisons, mettaient nos draps aux fenêtres", illustre-t-il, avant de poursuivre : "et à l'armée, quand il fallait aérer son lit..."

Pourquoi ce geste ancestral est-il d'une importance capitale dans le contexte actuel ?  "On est face à une maladie respiratoire, et on le sait ces maladies se transmettent évidemment par l'air à condition bien sûr que l'agent pathogène soit présent", souligne encore le directeur de recherches CNRS à l'Université Paris-Saclay, insistant sur le fait que "les maladies respiratoires sont par nature souvent liées à une forte contamination par aérosol". A la différence, indique-t-il, des gastro-entérites virales notamment dont la transmission est par exemple liée au péril fécal.

Une pièce mal aérée "contaminée durablement"

Évoquant en outre dans le cas des maladies respiratoires une "dualité entre grosses gouttelette manuportées et aérosols", il rappelle que "lorsqu'on parle, on forme des gouttelettes de différentes tailles contenant potentiellement le virus", les plus grosses étant "celles qui sédimentent le plus et qui ne vont pas très loin tandis que les plus petites flottent et contaminent durablement l'atmosphère d'une pièce mal aérée". Or, conclut-il, si "l'on respire les micro gouttelettes, ces dernières vont vite au contact des muqueuses et le virus pénètre dans les cellules de suite"

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S'agissant du Covid, "on est un certain nombre à avoir attiré l'attention très tôt sur ce mode de transmission par micro gouttelettes en suspension dans l'air à un moment où cela devient tellement évident", commente celui qui aussi responsable d’équipe au sein du département de virologie de l’Institut de biologie intégrative de la cellule évoquant "une accumulation de données en ce sens". Et d'insister : "quand on voit cinquante personnes contaminées dans un bar, on imagine bien que c'est pas une personne qui a postillonné sur tout le monde (...) or, si l'on s'attarde sur les grands événements de contamination, les fameux clusters, rétrospectivement, on se rend effectivement compte que la transmission par aérosol est responsable."

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A l'extérieur, les aérosols "dispersés"

L'exemple estival est selon lui très parlant. "Qu'est-ce qu'on retrouvait essentiellement comme contexte de contamination ? L'intérieur", rappelle-t-il, indiquant que selon lui, "cela montre bien qu'à l'extérieur les aérosols sont dispersés par les courants d'air et le volume d'air infini".

Pour conclure, il ne saurait que trop recommander : "focalisons nous sur l’aération."  Et de détailler : "Aérez le matin pour chasser les aérosols de nuit, aérez la journée, voire en continu si la météo le permet et la configuration du logement aussi", conseille celui pour qui la thèse de la transmission aérienne du Covid 19 tombe donc sous le sens, tout en appelant  à "éviter le coup de froid qui n'est jamais bon pour nos défense immunitaires"

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