Crise des urgences : ce que pourrait annoncer Agnès Buzyn pour soulager les services

Population

URGENCES - La semaine dernière, Agnès Buzyn a annoncé une première série de mesures destinées à lutter contre "la surchauffe" des urgences. Des annonces qui ont laissé les paramédicaux et médecins en grève, plutôt sceptiques. Ce lundi 9 septembre, une nouvelle salve d'annonces sera dévoilée, dont le JDD a eu connaissance.

Agnès Buzyn devra être convaincante. Après avoir annoncé une première série de mesures la semaine dernière, la ministre des Solidarités et de la Santé, chargée de gérer la crise qui secoue les urgences depuis six mois, doit dévoiler d'autres mesures qui permettront de réformer les urgences, ce lundi 9 septembre. 

Ces annonces devront être à la mesure des attentes des professionnels, tant la colère est ancrée et les services au bord de la rupture. Le Journal du Dimanche en dévoile ce dimanche les grandes lignes. Des mesures qui semblent toujours dans la lignée de ce qu'explique le ministère depuis des mois : les problèmes des urgences ne relèvent pas d'un problème d'effectifs mais d'organisation. 

De nouvelles mesures devraient être annoncées ce lundi

Selon le JDD, la ministre devrait annoncer la création de lits supplémentaires. Les fameux "lits d'aval", tant réclamés par les paramédicaux en grève. Ceux-ci devraient être rouverts, au cas par cas, région par région. Ces lits supplémentaires devraient permettre de ne plus avoir à prendre à charge des patients sur des brancards dans les couloirs des urgences. 

Autre piste dévoilée par l'hebdomadaire, celle de la suppression du paiement à l'acte. Un système qui, lui aussi, surcharge les urgences en incitant les hôpitaux à accueillir toujours plus de patients. Cela serait remplacé par une rémunération au forfait ou l'instauration de barèmes en fonction des pathologies. 

La piste de la réduction du recours à l'intérim serait aussi à l'étude. Une pratique attractive pour certains médecins qui peuvent être payés jusqu'à 2000 euros la journée, que la ministre avait déjà épinglé sur LCI. Enfin, la création d'un numéro unique, accessible à toute heure de la journée et de la nuit. Au bout du fil, un régulateur qui aiguillerait le patient vers un service d'urgences, ou pas, en fonction de la gravité du problème de santé. 

Des annonces accueillies avec scepticisme

Cette semaine déjà, la ministre avait annoncé la mise en place de l'admission directe pour les personnes âgées. Elle a promis "une incitation financière, une forme de bonus"  octroyée dès l'an prochain aux "hôpitaux qui (les) mettront en place". La mise en place de la vidéo-assistance dans tous les Samu a aussi été mise sur la table. Elle devrait permettre aux Ehpad d'être en lien direct avec un médecin qui sera chargé d'évaluer la gravité d'une blessure par exemple. 

Autre annonce, la possibilité pour le Samu d'envoyer une ambulance vers un cabinet de ville ou un centre de santé, ainsi que la généralisation du tiers-payant ou encore, le métier d'infirmier de pratique avancée. Celui-ci pourrait, à terme, placer des points de sutures, poser un plâtre ou encore demander une radio. 

La ministre souhaite aussi une extension de la gestion informatisée en temps réel des lits d'hospitalisation, ou "bed management", à tous les hôpitaux. Un métier importé des pays anglo-saxons, accessible aux infirmiers et autres paramédicaux "de façon à optimiser les lits vides qui existent aujourd'hui au sein des" groupements hospitaliers de territoire. Cette mesure pourrait permettre aux médecins urgentistes de se délester de cette problématique relativement lourde et chronophage.  Comme l'estimait Yves Duffait, médecin urgentiste à Lons-le-Saunier à LCI : "la norme, c'est de chercher des lits, de faire de l'administratif. On a une gestion hospitalière où on est obligé de faire rentrer chez eux, des patients fragiles". 

Malgré ça, ces premières annonces d'Agnès Buzyn avaient laissé les professionnels du secteur relativement sceptiques

En vidéo

Urgences : des "super" infirmiers à l'hôpital

Vers une nouvelle vague d'"arrêts maladies groupés" ?

En attendant, les paramédicaux en grève ont été rejoints par des syndicats de médecins dans leur combat. Tous estiment que les annonces sont insuffisantes pour faire face à la situation. Alors ils poursuivent leurs actions comme ce vendredi 6 septembre, à Paris où ils ont, une fois encore alerté sur les "urgences qui débordent". 

Et brandissent, une nouvelle fois, la possibilité des "nouveaux arrêts maladies groupés", comme ce fut le cas à l'hôpital Lariboisière et celui de Saint-Antoine à Paris, en juin dernier. "On réfléchit à de nouveaux arrêts maladie groupés", explique Hugo Huon du collectif InterUrgences au JDD. Ce dimanche, le collectif recense 249 services en grève sur les 474 que compte l'hôpital public.  

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter