Débordée d'appels, l'association SOS Amitié cherche 500 nouveaux bénévoles

Débordée d'appels, l'association SOS Amitié cherche 500 nouveaux bénévoles
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APPEL A L'AIDE - Du renfort pour plus de réconfort. Débordée par les appels depuis le début de la crise sanitaire, l'association SOS Amitié cherche 500 bénévoles supplémentaires.

Cela fait cette année 60 ans que SOS Amitié existe. Et l'association, qui prête une oreille attentive aux personnes en détresse, n'aura jamais été aussi utile. Depuis le début de la crise sanitaire, les postes d'écoute sont plus que jamais débordés d'appels. Des appels à l'aide de personnes seules, de personnes angoissées, voire suicidaires. Pour faire face à cette vague et laisser le moins de personnes possible sur le carreau, l'association annonce être à la recherche de 500 bénévoles supplémentaires.

32% d'appels en plus pris pendant le confinement

"Avant la crise, nous recevions en moyenne 6000 appels par jour et nous en prenions entre 1500 et 2000, soit environ un appel sur 3, sachant qu’il y a des gens qui nous appellent plusieurs fois de suite. Au moment de la crise, le nombre d’appels entrants par jour est monté à plus de 8000", nous explique le président de SOS Amitié, Alain Mathiot. Les 1600 bénévoles que compte l'association, qui assurent des permanences d'à peu près quatre heures par semaine, ont tout fait pour répondre à un maximum de personnes. 32% d’appels en plus ont ainsi pu aboutir lors de la période du confinement par rapport à la même période 2019 : 102.644 appels pris du 15 mars au 10 mai 2020 contre 77.722 sur la même période 2019.

Le suicide et la solitude, deux sujets récurrents en cette période de crise sanitaire

Un mal nécessaire, d'autant que, selon le 10e Observatoire des souffrances psychiques publié en juin par SOS Amitié, le confinement a été "marqué par une croissance très forte" d'évocations au suicide "pour atteindre plus du double d’appels qu’en 2019". En avril, environ 650 appels ont tourné autour de ce sujet. Même si la thématique est aujourd'hui moins présente, elle reste malgré tout bien plus importante que l'an passé. "C’est très frustrant de ne pas pouvoir répondre à tous les appels. Pour tenter d'en prendre un maximum, nous essayons de ne pas consacrer trop de temps aux gens qui n’ont pas de problèmes très graves. Nous ne restons pas une heure avec une personne qui a envie de parler de la pluie et du beau temps, par exemple", admet Alain Mathiot.

La problématique de la solitude a également augmenté pendant la crise. "Pendant le confinement les gens qui étaient seuls se sont retrouvés encore plus seuls. Et même maintenant, certains n’ont pas encore vraiment pu reprendre le travail, ou bien n’y vont pas souvent et ne rencontrent pas beaucoup de monde. Il y a aussi beaucoup de gens angoissés par la situation. Notre travail est de la desserrer au maximum." Au téléphone, 47% des appelants ont évoqué sur l'année écoulée des troubles anxieux, une angoisse, ou une dépression.

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Des bénévoles à bout de souffle

Aujourd'hui, et alors que la crise sanitaire semble encore loin d'être terminée, le nombre d'appels n'a pas décru. Les bénévoles, eux, fatiguent. "Les écoutants ont accusé le coup et prennent aujourd’hui moins d’appels", fait remarquer le président de l'association. Alors qu'avant la crise, ceux-ci parvenaient à décrocher une fois sur trois, ils ne le font désormais plus qu'une fois sur cinq, "voire une fois sur dix". "Il y a aussi parmi eux des personnes un peu âgées et vulnérables qui hésitent à retourner à la permanence en raison des conditions sanitaires liées au Covid-19", explique-t-il. Pour pallier la fatigue et le nombre décroissant de ses écoutants, SOS Amitié cherche donc à recruter 500 bénévoles dans ses 44 antennes françaises. "Mais si on en avait 300 on serait déjà contents !", tempère Alain Mathiot.

Avant de pouvoir décrocher le combiné, ceux-ci bénéficieront d'une solide formation. Tout d'abord théorique, avec un psychologue, puis pratique, en doublon au téléphone avec un bénévole chevronné. "Cela dure minimum 4 mois et ça peut aller jusqu’à 6 ou 8 mois avant que le bénévole soit 'lâché'. Nous pratiquons vraiment une écoute professionnelle, centrée sur la personne", insiste le président. Grâce à ce renfort, l'association espère pouvoir augmenter encore le nombre d'appels pris, qui se chiffrait l'an passé à 700.000, soit plus d'un par minute.

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