"On ne pourra pas refaire un confinement généralisé", affirme le président du Conseil scientifique

Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique sur le Covid-19
Population

SANTÉ - Le Conseil scientifique a rendu un nouvel avis jeudi avec "quatre scénarios probables" sur l'évolution de l'épidémie. Son président Jean-François Delfraissy a écarté un reconfinement, même en cas de deuxième vague.

Reconfiner l'ensemble des Français n'est ni envisagé ni envisageable. C'est en substance le message adressé par Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, chargé de guider l'exécutif dans la gestion de la crise sanitaire du coronavirus.  Dans les colonnes du Parisien jeudi 4 juin, l'éminent immunologue de 72 ans a balayé l'idée d'un reconfinement, même si une deuxième vague - tant redoutée par les personnels soignants - venait à déferler sur le pays dans les prochaines semaines.

"Quoi qu'il arrive, on ne pourra pas refaire un confinement généralisé en France. La première fois, il était indispensable, on n'avait pas le choix, mais le prix à payer est trop lourd", a-t-il expliqué au quotidien. "La population ne l'accepterait sûrement pas, les conséquences économiques seraient majeures et, même d'un point de vue sanitaire, cela n'est pas souhaitable". Car, a-t-il rappelé, "en dehors du Covid, il y a eu tous les autres malades qui ont eu des retards de diagnostic durant cette période". 

On peut dire raisonnablement que l'épidémie est contrôlée- Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique

Alors que le Conseil scientifique a planché sur "quatre scénarios probables" selon l'évolution du comportement du virus, allant d'une "épidémie sous contrôle" à une "dégradation critique", son président a insisté sur le fait que le "virus circule toujours" sur le territoire. "Le premier (scénario, ndlr), tout va bien dans le meilleur des mondes. Le deuxième, un cluster critique apparaît, à l'image de Mulhouse, et là, on confine très localement", a détaillé Jean-François Delfraissy. "Dans le troisième - celui qu'on redoute le plus à l'automne - il n'y a pas d'explosion de l'épidémie mais une lente dégradation des indicateurs, comme le nombre d'hospitalisations. Dans le dernier, elle atteint un stade critique. C'est celui qu'il faut absolument éviter."

 Invité de France Inter ce vendredi 5 juin, le spécialiste en immunologie s'est montré plutôt optimiste pour les semaines et mois à venir. "On peut dire raisonnablement que l'épidémie est contrôlée. Le virus continue à circuler, mais il circule à une petite vitesse", a-t-il assuré. Nous pensons que c'est le scénario numéro un, celui d'un contrôle de l'épidémie, qui est le plus probable."

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Pour Jean-François Delfraissy, il faut toutefois se préparer au pire "dès à présent", à savoir une possible résurgence à l'automne, en mettant en place de solides plans de prévention. D'où ce nouvel avis du Conseil scientifique mis en ligne jeudi, le septième depuis le début de la crise sanitaire, qui "souligne la nécessité de préparer" des "mesures appropriées" à chacun de ces scénarios pour pouvoir les "activer le plus rapidement possible (...) lorsque cela sera nécessaire". 

Cela se traduit par une veille attentive "des Ehpad, des plus précaires, des hôpitaux mais aussi des grandes métropoles densément peuplées" et le déploiement de plusieurs mesures comme la mise en place d'équivalent au Plan canicule pour protéger les personnes âgées et la mise "sous cloche" de villes, où le virus ferait son retour, "pour une durée limitée".

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