Déconfinement : écoles, transports, vacances... les explications détaillées de Jean Castex devant le Sénat

Déconfinement : écoles, transports, vacances... les explications détaillées de Jean Castex devant le Sénat
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L'APRÈS-11 MAI - Réouverture des écoles, transports, masques, tests... Le coordonnateur national à la stratégie de déconfinement était auditionné ce mercredi par la commission des lois du Sénat.

Il avait deux heures pour convaincre. Et répondre aux - très - nombreuses interrogations des sénateurs. Jean Castex était auditionné ce mercredi 6 mai par la commission des lois du Sénat. Alors qu'Edouard Philippe doit présenter les derniers réglages de la fin du confinement jeudi, le coordonnateur national de la stratégie de déconfinement a profité de cette première audition pour préciser de nombreux dispositifs. 

De l'école aux transports, en passant par les masques, les tests et la possibilité de partir ou non en vacances cet été, de nombreux sujets ont été abordés. On fait le point.

Les écoles doivent-elles toutes redémarrer le 11 mai ? "Non"

La première question du président de la commission, Philippe Bas était limpide : "Serons-nous prêts le 11 mai?" Face à un Sénat en visioconférence, le "monsieur déconfinement" a d'abord confié que, si le cadre général était posé, il y aurait "sûrement quelques premiers jours de calage". Et tout particulièrement pour les écoles. Il a ainsi estimé que tous les établissement de France n'avaient pas à ouvrir "exactement" le même jour ni dans les mêmes conditions. "Dès lors que les règles sanitaires sont respectées, si dans telle commune il faut trois jours de plus, alors on prendra trois jours de plus." 

Tandis que de nombreux maires, comme c'est le cas en Île-de-France, demandent un report du retour en classe, Jean Castex a simplement souligné que si un élu local ne se sentait pas prêt, "l'école ne rouvrirait pas contre sa volonté". "L'intérêt c'est que la machine redémarre. Doit-elle redémarrer le 11 mai pile ? Non." Le haut fonctionnaire a néanmoins rappelé que cette décision ne revenait pas à la ville mais "au directeur de l'établissement sous la tutelle du directeur d'académie". 

Quoi qu'il en soit, le coordonnateur national à la stratégie de déconfinement a bien appuyé sur l'idée d'une mise en place "progressive". Si des "appels" ont été faits pour "inciter les familles à ramener leurs enfants décrocheurs", les écoliers devraient selon lui être "en plus grand nombre" au fur et à mesure des semaines. 

La question des transports est "la plus délicate"

Il l'avoue aisément : la question des transports est "la plus délicate" du plan de sortie du confinement. Soulignant encore une fois l'importance de "la progressivité", le "maître-mot", Jean Castex n'a cependant pas pu préciser davantage le plan de reprise, celui-ci n'étant "pas encore adopté". Encore "en cours", il se trouve entre les mains du préfet d'Île-de-France et du préfet de police de Paris, tous deux chargés de cette mission. "Probablement que ce plan va se mettre en place uniquement de manière échelonnée à partir du 11 mai."

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Transports : une reprise qui inquiète

Si des contraintes sanitaires ont "été fixées", que le masque y serra obligatoire et les rames "'réservées aux gens qui vont au travail" (en sachant que les entreprises sont poussées à "prolonger" le télétravail), tout dépendra aussi du comportement des usagers. Une donnée encore inconnue pour le moment. "Si je vous disais ici que tout va bien se passer, je pense que vous ne me croiriez pas", a lancé Jean Castex, fataliste.

Les tests seront un "troisième" indicateur

"Avec le plan de sortie du confinement, nous préparons des plans de reconfinement." L'idée est claire : en cas de reprise de l'épidémie, la France pourrait être amenée à se reconfiner. Mais quels seraient les critères pris en compte en vue d'un retour de la population chez elle ? Interrogé sur ce sujet, notamment par le Sénateur (PS) Patrick Kanner, le coordonnateur national de la stratégie de déconfinement a expliqué que "l'évolution de la situation épidémiologique" sera suivie "de la manière la plus fine possible" jusqu'au 2 juin afin de savoir "s'il faut faire marche-arrière". 

Une politique "territorialisée" basée sur la carte affichant les départements "rouges" ou "verts", pour l'instant distingués en fonction de deux critères, la "tension hospitalière" et la "circulation active du virus". Deux indicateurs auxquels s'ajoutera un troisième le 11 mai, à savoir celui des "résultats et l'exploitation des politiques de tests virologiques". "Dès que des éléments seront anormalement élevés, alors il faudra - y compris de manière localisée -  se donner les moyens d'agir immédiatement."

La sortie du confinement n'est pas la sortie de la crise sanitaire- Jean Castex, le coordonnateur national à la stratégie de déconfinement

Pour ce faire, il y aura un "changement significatif de la politique sanitaire de tests", assure celui qui est responsable du déconfinement, celle-ci étant selon lui "l'une des conditions de la réussite de cette phase sanitaire". L'objectif du gouvernement ? Une capacité "de l'ordre de 700.000 tests par semaine", a-t-il rappelé. "Non seulement les personnes présentant un symptôme seront testées systématiquement, mais surtout elles seront contactées pour savoir quelles sont les personnes avec lesquelles elles ont été en relation." Une politique de tests visant à "rompre la chaîne de contamination", qui sera une "politique sanitaire d'Etat", a-t-il fait valoir. "L'acteur privilégié sera donc le préfet, qui devra travailler avec les maires et les associations. Ce sera l'autorité unique."

Plages fermées : un choix assumé

La stratégie par territoire implique qu'il faudra "éviter que le virus circule entre les territoires", a souligné celui qui est aussi maire (LR) de Prades, dans les Pyrénées-Orientales. Si on pourra se déplacer à 100 kilomètres "à vol d'oiseau", les Français ne pourront donc pas se rendre dans un département d'une autre couleur. Au contraire, une personne pourra se déplacer, "même au-delà des 100 kilomètres", tant qu'il reste dans une zone "verte". Le but : éviter la "transmission massive" du virus dans l'Hexagone. Quant aux zones frontalières, le sujet n'ayant pas été "complètement arbitré" par le ministère des Affaires Etrangères , Jean Castex n'a pas pu donner aux Sénateurs de plus amples informations. 

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C'est d'ailleurs justement pour éviter la transmission du virus à travers des territoires que les plages resteront fermées, a-t-il indiqué. Interrogé à de nombreuses reprises par les élus de la Chambre haute, le "monsieur déconfinement" a défendu cette idée. Pour lui, cela permettrait "de ne pas donner la tentation de faire des migrations de personnes" et donc éviter le déplacement du virus. D'autant plus que "les plages se trouvent surtout dans des régions 'vertes'". Un détail qui n'a pas tardé à faire réagir : dès 11h sur LCI, Hervé Morin, président de la région Normandie, a une nouvelle fois appelé à rouvrir le littoral à ceux qui le souhaitent.

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