La pluie condamne-t-elle à la fermeture les bars et restaurants n'ouvrant que leur terrasse ?

La pluie complique la vie des gérants de bars et restaurants.
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À LA LOUPE – La réouverture des bars et restaurants en zone orange interdit au client l'accès à l'intérieur des établissements. En cas d'intempéries, les gérants n'ont guère le choix, et sont contraints de fermer s'ils ne disposent pas d'une terrasse très bien protégée.

Lorsque la réouverture des restaurants et des bars a été annoncée par le gouvernement, les propriétaires se sont réjouis de pouvoir reprendre le cours de leur activité. Bien que limités à l'ouverture des terrasses, les établissements en zone orange pouvaient espérer un retour des clients, grâce à la météo très clémente et ensoleillée des dernières semaines.

Manque de chance, le temps s'est dégradé sur une bonne partie du territoire, avec une chute du mercure et des averses parfois soutenues. Les établissements en zone orange ont dû faire face aux caprices de la météo, une situation d'autant plus délicate que toutes les terrasses ne protègent pas efficacement du vent ou de la pluie. Dans des villes comme Paris, la municipalité a autorisé la création ou l'extension de terrasses sur des emplacements qui n'y sont d'ordinaire pas dédiés, ce qui signifie que les tables qui y sont installées ne sont généralement pas abritées. Dès lors, que faire si la pluie s'invite ?

Pas d'autre choix que de fermer

En cas de brève averse, il serait imaginable que les clients d'un bar se protègent quelques minutes à l'intérieur avant de retourner à leur place, mais tout se complique pour les restaurants, puisque le déplacement des plats, couverts et autres corbeilles de pain ne se fait pas en un claquement de doigts. Surtout, "il est pour l'heure interdit en zone orange de se rassembler à l'intérieur", rappelle la Direction générale de la santé (DGS). 

"S'il fallait rentrer ne serait-ce qu'un quart d'heure, ce ne serait pas conforme aux recommandations concernant la distanciation physique", ajoute la DGS, pour qui ces consignes s'appliquent, "qu'il pleuve ou qu'il vente". Compliquée à gérer, cette situation contraint la clientèle à s'adapter, que ce soit en prévoyant un parapluie, ou en rentrant chez elle en cas d'averse. Envisageable quand il ne reste qu'à siroter la fin de son verre, plus délicat si l'on vient d'attaquer l'entrée de son repas.

La préfecture de police de Paris, contactée par LCI, se montre très claire sur le fait que les établissements ne doivent pas accueillir des clients à l'intérieur. "Les consignes sont strictes, quelle que soit la météo." Elle se réserve le droit de sanctionner les contrevenants : "Si de tels usages venaient à être constatés, un avertissement serait adressé au gérant et les clients priés de quitter les lieux. En cas de réitération, une fermeture administrative pourrait être prononcée."

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Pour les gérants en zone orange, la réouverture des seules terrasses s'avère donc délicate à gérer. Ce que confirme Laurent Fréchet, président de la branche restauration du GNI, groupement national des indépendants de l'hôtellerie et de la restauration. "La loi est la loi, on se doit de la respecter", insiste-t-il, "mais franchement, je me dis que quand ça veut pas, ça veut pas… On a eu un temps incroyable pendant deux mois, et voilà que c'est le déluge. On ne peut pas travailler dans ces conditions-là. Fermer, rouvrir, refermer… C'est impossible."

À titre personnel, face aux aléas de la météo, il a pris la décision de laisser close la porte de ses restaurants. "La fermeture s'impose pour la plupart des établissements, vous ne pouvez pas jouer au yoyo avec vos clients. On prend des réservations, on constitue des stocks, on mobilise du personnel… c'est compliqué." L'enthousiasme de la réouverture s'est trouvé douché par la fuite du beau temps : "On ne va pas mettre sur le dos du ministère la mauvaise météo. Avec un plein soleil, on serait ravi et heureux de pouvoir exploiter nos terrasses, mais on doit désormais nous réadapter en fonction d'une multitude d'éléments, dont la météo", glisse Laurent Fréchet. 

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Pour le représentant du GNI, la seule solution viable consisterait à autoriser une ouverture complète de tous les établissements, sans distinction de zone et avec un respect strict des recommandations sanitaires. "Depuis quelques jours, la neutralisation d'une place sur deux dans les trains est terminée. Si vous pouvez passer un trajet de deux heures coude à coude avec votre voisin dans le wagon, c'est compliqué pour nous d'entendre qu'il est dangereux d'accueillir des clients à l'intérieur de nos restaurants, en respectant les distances préconisées."

Malgré les complications nées de la pluie et du froid sur la reprise de l'activité pour une partie des bars et des restaurants, les mesures décidées par le gouvernement seront en vigueur jusqu'au 22 juin. Une réévaluation de la situation sera alors réalisée, et une ouverture complète pourrait être actée dans les actuelles zones classées en orange, si une amélioration de la situation sanitaire est constatée.

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