Déconfinement : faut-il tester les enfants de retour à l'école, comme le propose Anne Hidalgo ?

Déconfinement : faut-il tester les enfants de retour à l'école, comme le propose Anne Hidalgo ?
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RETOUR À L'ÉCOLE - Les enfants qui retourneront en classe après le 11 mai devront-ils être testés ? C'est la proposition de la maire de Paris, Anne Hidalgo, pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Une telle stratégie serait-elle vraiment efficace ? Un chercheur nous éclaire.

Alors que les écoles de la ville de Paris rouvriront progressivement leurs portes à compter du jeudi 14 mai, la maire de Paris, Anne Hidalgo, souhaite que les élèves puissent être testés avant leur retour en classe. "J'ai proposé qu'il puisse y avoir des tests PCR pour l'ensemble de nos agents de la ville qui interviennent dans les écoles, et j'ai également proposé que nous puissions tester les enfants, avec le consentement des parents, au moment de la reprise des écoles", a-t-elle affirmé ce mardi sur LCI (voir la vidéo en tête de cet article).

Les tests PCR, contrairement aux tests sérologiques, permettent de déterminer la présence du virus au moment de la réalisation du test. Selon le gouvernement, à compter du 11 mai, 700.000 tests seront réalisés chaque semaine en France, pour dépister les personnes symptomatiques ainsi que leurs contacts. Faut-il également tester les enfants avant leur retour en classe ? "C'est une bonne idée", répond à LCI Étienne Decroly, directeur de recherche au CNRS. "Mais il faut voir qui nous testons et ce que nous faisons ensuite."

En effet, selon le chercheur, pour que les tests sur les enfants soient utiles, il faut qu'ils soient effectués sur l'ensemble des élèves. "Si nous testons un enfant sur deux, cela n'a pas de sens", explique-t-il. "Si nous décidons que l'école doit être un sanctuaire, alors l'ensemble des personnes qui entrent dans l'établissement doivent être testés, de manière à éviter d'y laisser des personnes contaminées. Si nous ne testons que certains enfants, l'école deviendra un lieu de mélange entre des personnes testées, dont nous sommes certains qu'ils ne sont pas infectés, et des enfants dont nous ne connaissons pas le statut, dans lequel il y aura peut-être des infectés."

Tester sans isoler "n'a pas beaucoup de sens"

En outre, "si nous testons une partie des enfants et pas une autre et qu'ils sont ensuite en contact, c'est comme si nous n'avions testé personne", affirme Étienne Decroly. Pour le chercheur, "mieux vaut décider de tester une école et pas une autre, plutôt que de faire aléatoirement des tests un peu partout". "Sinon, ils ne seront pas très efficaces : il faut organiser des sanctuaires."

De plus, pour qu'une telle mesure soit efficace, les tests ne suffisent pas. "Depuis deux mois, nous répétons que tester pour tester, cela ne sert à rien", continue le directeur de recherche. "Ce qui fonctionne, c'est tester puis isoler, l'un sans l'autre n'a pas beaucoup de sens."

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À l'évidence, difficile de laisser à l'isolement un enfant pendant quatorze jours, le durée définie durant laquelle un malade est contagieux, contrairement aux adultes qui pourront être isolés dans des hôtels réquisitionnés. "Isoler un enfant est compliqué, parce qu'ils sont dans les familles", admet Étienne Decroly. "N'oublions pas que 85% des contaminations sont intra-familiales. Donc si nous testons un enfant positif et que nous le renvoyons dans sa famille, logiquement, le restant de ses proches va être positif."

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