Avec le télétravail recommandé pour la rentrée, "on va vers la disparition de la cohésion d'entreprise"

Avec le télétravail recommandé pour la rentrée, "on va vers la disparition de la cohésion d'entreprise"

EMPLOI - La ministre du Travail, Elisabeth Borne, appelle les entreprises à remettre en place le télétravail dans les zones où le virus est actif. Après cette annonce, Benoît Serre, vice-président de l'Association nationale des DRH, fait part de son inquiétude à LCI.

"Avec le port du masque obligatoire, les salariés ne vont pas vouloir venir travailler dans ces conditions", s’inquiète Benoit Serre. Le vice-président de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH) s'alarme des nouvelles annonces de la ministre du Travail, Elisabeth Borne. 

Port du masque obligatoire, télétravail recommandé, ces mesures représentent une "deuxième vague pour les entreprises" explique Benoît Serre. 

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières infos sur l'épidémieA quel stade en est l'épidémie, département par département ?

Perte du lien social entre les employés

Même si de nombreux Français ont plutôt bien vécu leur période de télétravail, et sont enthousiastes quant à son prolongement, les entreprises et certains salariés ne sont pas du même avis. Privilégier le travail à distance peut comporter de nombreux risques, "des tas de personnes ont vécu cette période comme un isolement professionnel, ils avaient besoin d’interactions sociales et ils appréhendent un retour au télétravail" explique Benoît Serre.

Réunion à distance, par téléphone ou par visio-conférence, "ce n'est pas la même chose qu’une réunion ensemble" insiste le vice-président de l'ANDRH. Il se soucie surtout de la perte du lien social entre les employés mais, aussi entre les employés et la direction, "depuis bientôt six mois, les gens viennent de temps en temps sur leur lieu de travail et on voit une évolution dans les relations". 

Terminé les pause cafés, ou les retrouvailles entre collègues. Chacun travaille de chez soi et la "cohésion d'entreprise disparaît" estime Benoît Serre. Et en cette période de rentrée, cette notion revêt une importance particulière. C'est le moment où les entreprises accueillent les nouveaux salariés, "comment va-on faire pour les formations ? Pour accueillir les alternants ou les nouveaux collaborateurs ?", et donc créer un lien social avec eux, se demande le vice-président de l'ANDRH. 

"On doit faire confiance aux entreprises"

Benoît Serre ne comprend pas le changement de cap du gouvernement. Depuis le mois de mars, et le début du confinement, les entreprises ont assuré la mise en place des mesures pour protéger leurs employés du coronavirus. Aujourd’hui, avec ces annonces, Elisabeth Borne change les règles. "On doit faire confiance aux entreprises, nous avons montré que nous étions responsables, maintenant on nous donne des ordres et on nous dit qu’on est irresponsables", s'inquiète le vice-président de l'association. 

Ces nouvelles mesures sont donc loin de faire l'unanimité... encore moins chez les petites et moyennes entreprises. Leur situation économique était déjà très fragilisée par la crise sanitaire et ces mesures "vont coûter très cher et donc aggraver leur situation" explique Benoît Serre. 

Et appliquer ces règles à toutes les entreprises n'a pas de sens pour le vice-président, "vous ne pouvez pas traiter de la même façon une entreprise comme une PME qui se trouve à Saumur et une grande entreprise comme celles qu’on trouve à la Défense". Il reconnaît les dangers face à la recrudescence de l'épidémie. Mais pour lui, il faut trouver un bon équilibre entre la protection des salariés et la relance économique, "et c’est sur le terrain que ça doit se passer".

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : plus de 5.900 malades en réa, 385 décès en 24h

CARTE - Covid-19 : quelle est la situation épidémique dans votre département ?

Pourra-t-on se déplacer normalement cet été ?

Une personne tuée et une blessée devant un hôpital du 16e arrondissement de Paris, le tireur en fuite

EXCLUSIF - Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, sort du silence ce soir sur TF1

Lire et commenter