Déminage d'une bombe à Paris : ce qu'il faut savoir sur cette opération hors norme

Population
DirectLCI
SÉCURITÉ - Les communes de Paris et de Saint-Denis s'apprêtent à évacuer près de 1.800 personnes dimanche afin de procéder à la destruction d'un obus américain de la Seconde Guerre mondiale découvert sur un chantier dans le 18e arrondissement. Voici ce que l'on peut dire de cette opération.

Une opération de ce type est rarissime dans la capitale. Les équipes de déminage de la préfecture de police vont procéder dimanche matin à la destruction d'un obus, découvert le lundi 4 février sur un chantier situé sous le boulevard périphérique, à la lisière de la porte de La Chapelle, à Paris, et de Saint-Denis. Une première opération engagée la semaine dernière avait permis de neutraliser une partie seulement du système de mise à feu, d'où la nécessité de détruire l'engin, même si les risques ont été écartés dans l'immédiat. 


L'intervention des équipes de déminage s'accompagnera dimanche d'une évacuation de l'ensemble du quartier situé dans le périmètre et de l'interruption du trafic sur le périphérique, sur l'accès à l'autoroute A1 ainsi que plusieurs lignes ferroviaires. Voici ce que l'on peut retenir de l'opération. 

De quoi s'agit-il ?

L'engin en question est une bombe américaine, "vraisemblablement larguée par un aéronef britannique en avril 1944", a indiqué cette semaine le préfet de police Michel Delpuech, sur la base des informations transmises par le laboratoire central de la préfecture de police. 


Si ce genre de découverte est rarissime, le fait que la bombe ait été retrouvée sur ce site n'est pas incongru. Les noeuds ferroviaires comme celui du quartier de la Chapelle étaient régulièrement pris pour cible durant la Seconde Guerre mondiale. En septembre 2015, une vaste opération de déminage avait été menée, là aussi en zone dense, à Noisy-le-Sec, correspondant également à un noeud ferroviaire pris pour cible durant le dernier conflit mondial. Concernant Paris intramuros, la dernière opération recensée concernait une bombe retrouvée en 2003 au fond de la Seine. 

Comment les habitants sont-ils évacués ?

Près de 1.800 personnes - 1.500 à Paris et 300 à Saint-Denis - doivent être évacuées dimanche matin. La préfecture de police et la mairie de Paris ont lancé conjointement des messages alertant les riverains concernés de l'opération. 

"Nous avons commencé à informer les habitants depuis mercredi soir, avec l'aide des bailleurs sociaux et des syndics", a indiqué samedi à LCI l'adjointe parisienne à la sécurité, Colombe Brossel. "Dans le 18e arrondissement, cela concerne deux tours et quatre autres immeubles. Nous avons ensuite mobilisé depuis vendredi des agents volontaires pour faire du porte-à-porte, informer mais aussi recenser les personnes les plus fragiles - et notamment les personnes à mobilité réduite." Dimanche matin, les équipes de la municipalité, les bailleurs et les syndics se rendront au pied des immeubles pour orienter les habitants. 


Ces derniers devront avoir évacué la zone neutralisée à 8h30. Ils seront conduits sur deux sites, le gymnase des Fillettes, sur le boulevard Ney situé à proximité, et la mairie du 18e arrondissement, vers laquelle ils pourront être acheminés par six bus mis à la disposition par la RATP.


"Une attention toute particulière a été apportée aux personnes à la rue, qui sont en plein dans le secteur" de la zone de déminage, a précisé Colombe Brossel. "Nous avons mobilisé les maraudes municipales ainsi que de France Terre d’Asile pour informer ces personnes du fait qu’elles ne pourraient pas rester sur place. Cela concerne environ 150 à 200 personnes."

Comment la bombe sera-t-elle détruite ?

Après une ultime vérification pour s'assurer que les logements à proximité ont été évacués entièrement, les autorités vont procéder au déplacement de la bombe sur une distance de 200 mètres, puis à son enfouissement dans un puits de 4 mètres de profondeur creusé à cet effet et entouré de tranchées. La bombe sera recouverte par 3 mètres de sable. Les démineurs la feront alors exploser. 


Les Parisiens ne devraient pas pour autant entendre une quelconque déflagration. "Il pourrait y avoir des projections de sable et des vibrations, mais dans un périmètre de 200 mètres, où il n'y aura personne", a précisé Colombe Brossel, sur la base des informations fournies par le directeur de laboratoire central de la préfecture de police. 


Sitôt l'opération terminée, les riverains pourront en principe regagner leur domicile dimanche en fin de matinée. 


Une cellule d'information du public est disponible tout le week-end au 0805 200 450.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter