Démission collective de 25 urgentistes du CHU de Toulouse, faute de moyens

Démission collective de 25 urgentistes du CHU de Toulouse, faute de moyens
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RAS LE BOL - A Toulouse, les urgences flambent... Vingt-cinq médecins urgentistes du CHU ont annoncé qu'il allait démissionner, en bloc de leur fonction. La raison ? Le manque de moyens pour leur service.

Les urgences de la ville rose voient rouge. La crise sanitaire n'est pas tout à fait derrière nous mais dans certains services d'urgences, c'est une autre crise qui couve depuis un moment. Excédés par le manque de moyens et de personnels, de nombreux services d'urgence se sont mis en grève ces derniers mois. Une grève qui a été mise en pause, le temps du pic épidémique mais qui semble repartir de plus belle, ces derniers jours. 

Au CHU de Toulouse, vingt-cinq urgentistes du CHU ont annoncé ce jeudi dans un courrier à l'Agence régionale de santé et à la direction du CHU, qu'ils allaient démissionner en bloc de leur fonction, éreintés et en colère à cause du manque de moyens pour les services d'urgence.

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Les lettres de démission seront envoyées ce lundi 13 juillet

Dans ce courrier, ils estiment qu'"exercer ce métier difficile, dans des conditions épouvantables et indignes pour les patients : c’est non. (...)". "C’est pourquoi nous choisissons de quitter nos fonctions dans une institution où la seule de nos revendications, celle de la sécurité de nos patients, est traitée avec le plus grand mépris", ont-il écrit à l'ARS et à la direction du CHU. "Nous allons envoyer les lettres (de démission) lundi", indique à l'AFP Julie Oudet, membre de ce groupe.

La tourmente de la crise sanitaire liée au Covid passée, ils exigent le maintien des "quelques moyens" débloqués pour faire face à la crise. "La direction du CHU de Toulouse a décidé de suspendre la totalité de ces moyens, nous contraignant à travailler dans la peur. Nous refusons désormais d’exercer au quotidien dans la peur, faute de moyens pour travailler correctement", dénoncent les médecins. "Ah ils étaient bruyants les applaudissements, tous les soirs à 20H00. Elles étaient larmoyantes, les déclarations comme quoi nous faisions un travail formidable...", ironisent-ils, dans la lettre diffusée jeudi par le journal Libération

Les urgentistes toulousains rappellent, dans leur courrier, qu'ils s’étaient déjà mobilisés en 2019 pour réclamer "plus de médecins régulateurs au Samu (et) plus d'équipes Smur", en estimant que le bassin démographique toulousain était "le moins bien doté de France". 

Ils essaient de noyer le poisson de manière systématique- Un médecin urgentiste à l'AFP

"On se voit mal revenir à la situation de pénurie d'avant Covid, on est tous, à différents niveaux, à bout. On est tous fatigués, inflammables, désabusés", confie à l'AFP un des 25 signataires, qui préfère rester anonyme. Il avertit par ailleurs que le mouvement pourrait s'étendre au delà des "25 premiers signataires" de la lettre du 1er juillet. Les médecins démissionnaires ont été reçus par la direction du CHU, qui est restée "inflexible". "On a l'impression qu'ils essaient de noyer le poisson de manière systématique", dit-il.

D'après cet urgentiste en poste à Toulouse depuis une dizaine d'années, les opportunités professionnelles sont nombreuses : "On n'a pas de souci à se faire, des hôpitaux périphériques cherchent des profils comme les nôtres, on peut aussi travailler comme généralistes, il en manque. Ce n'est pas de gaieté de cœur, mais on ira chercher du travail ailleurs". Au total, 90 médecins urgentistes travaillent au CHU de Toulouse. Contacté par l'AFP, le CHU de Toulouse n'a pas souhaité réagir à l'information.

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Et la colère n'est pas prête de retomber. Après avoir appelé à des journées de mobilisation, après le déconfinement, une nouvelle journée est prévue le 14 juillet prochain, à Paris. "Le Collectif Inter-Urgences appelle à une nouvelle journée de mobilisation nationale le 14 Juillet en ce jour de fête nationale pour réclamer plus de moyens à l’Hôpital Public qui répondent aux besoins de la population, plus Humain et un Système de Santé régit par l’Humain. Ce qu’on veut, c’est de la reconnaissance, des salaires, des moyens et arrêter les fermetures de lits dans les hôpitaux", indique de son côté, le collectif Inter-Urgences.

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