Des cercueils en carton, du bois à la place des pierres tombales : Paris veut expérimenter un cimetière écologique

Population
RETOUR À LA TERRE - Le conseil de Paris va étudier ce lundi la mise en place d'un "espace funéraire durable", au sein du cimetière d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Un cimetière écologique, où les stèles en bois remplaceront les pierres tombales.

Les élus du Conseil de Paris vont débattre d'un sujet inédit ce lundi : le lancement d’un espace funéraire écologique, le tout premier en Ile-de-France. A l’instar du cimetière de Souché, à Niort (Deux-Sèvres), des enterrements respectueux de l’environnement devraient être proposés dès le mois de septembre prochain, dans le cimetière d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) qui appartient à la capitale. 


"La ville de Paris a souhaité dans ce cadre créer un lieu de recueillement et d’inhumation respectueux de l’environnement, permettant de répondre aux demandes de funérailles écologiques. Le nombre de demandes relatives à ce type de funérailles est en progression", peut-on lire dans le projet de délibération, soumis au vote du conseil municipal. 

150 concessions durables

Le projet est ensuite détaillé : "Les inhumations de cercueils en carton seront privilégiées. Ces inhumations auront lieu en pleine terre, sans monument en surface, les tombes étant identifiées par des discrètes stèles en bois d’essences locales." Sur un espace de 1 560 mètres carrés, c’est donc du matériau en carton et en bois d’essences françaises qui remplacera les imposantes pierres tombales en granit, peu écologiques. 


150 concessions, "pour une durée de dix ans, trente ans ou cinquante ans" devraient être disponibles dans le cimetière d'Ivry. Les tombes seront creusées manuellement, se sont engagés les employés. Les soins des défunts seront quant à eux "limités à la présentation du corps (toilettes) et à "des fibres naturelles" pour habiller les corps. 

Une première à Niort en 2014

Ce modèle écologique d'espace funéraire n'est pas en première en France. A Niort, le cimetière de Souché a été inauguré dès 2014 avec ce même souci de respect de l'environnement. Là-bas, les cercueils sont directement posés sur le sol et des pupitres de calcaire font office de pierres tombales. "Nous essayons de sensibiliser les personnes qui désirent reposer ici", expliquait le conservateur des cimetières à la ville de Niort Dominique Bodin  à un journaliste de Reporterre, au moment de l'inauguration du projet qu'il a lui même initié, pour un budget de 50 000 euros.


S'agissant de Paris, la mairie souhaite déjà étendre ce type de cimetière durable en Ile-de-France, notamment à Thiais (Val-de-Marne) en 2020, Bagneux (Hauts-de-Seine) et Pantin (Seine-Saint-Denis). Un nouvel engagement vert de la part d'Anne Hidalgo, qui a déjà interdit depuis 2015 l'interdiction de l'utilisation de pesticides dans les cimetières parisiens. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter