Féminicides : des familles de victimes s'organisent en association

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DROITS DES FEMMES - Des familles de victimes de féminicides ont créé il y a quelques jours l'Union nationale des familles de féminicides (UNFF) pour venir en aide aux proches des femmes tuées par leurs compagnons ou ex. Elles espèrent également faire pression sur le gouvernement pour obtenir des mesures "concrètes et rapides".

Selon le collectif "Féminicides par compagnon ou ex", 123 femmes ont été tuées par leur compagnon ou leur ex depuis le 1er janvier 2019. En plus de leur décompte, tenu depuis 2016 sur leur page Facebook, des membres de ce collectif ont décidé de s'organiser et de créer une association, l'Union nationale des familles de féminicides (UNFF). Il s'agit de la "première association dont le bureau est exclusivement constitué de membres de familles de victimes de ces meurtres par (ex) compagnons", peut-on lire sur leur page Facebook.

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"Dans le désert institutionnel qui entoure les féminicides, l’UNFF apporte une réponse concrète aux attentes des familles", peut-on lire dans un communiqué. L'association s'est donné plusieurs missions : accueillir, écouter et soutenir des familles et proches de victimes ; accompagner psychologiquement, socialement et juridiquement les familles et proches de victimes ; sensibiliser des médias au traitement des féminicides conjugaux ; recenser les féminicides conjugaux en France en temps réel ; dialoguer avec les institutions pour porter les revendications des familles ; prévenir les violences conjugales. 

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Réconfort et expérience

"Les familles trouvent dans ce groupe un espace de parole et d’écoute par des proches de victimes ayant traversé des épreuves similaires" déclare la trésorière adjointe de l'UNFF Annick Gauthier, mère d’Hélène, poignardée à 28 ans par son ex-petit ami en mars 2017. "Nous pouvons échanger des mots de réconfort comme des conseils juridiques, nous appuyer sur l’expérience de celles qui sont déjà passées par là : récit des procès, coordonnées d’avocats, suivi thérapeutique… ". La présidence de l'association est assurée par Sandrine Bouchait, sœur de Ghylaine, 34 ans, immolée en septembre 2017 par son compagnon devant leur fillette de 7 ans ; la vice-président par Hélène de Ponsay,  sœur de Marie-Alice, 53 ans, droguée, étouffée puis jetée dans une valise en avril dernier par l’homme qu’elle avait décidé de quitter.

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L'association souhaite également peser dans le débat public, en demandant au gouvernement des mesures "concrètes et rapides", notamment l'inscription du terme "féminicide" au code pénal, la création de foyers destinés aux hommes violents, la surveillance sous bracelet électronique obligatoire des hommes faisant l’objet d’une mesure d’éloignement ou encore la suspension de l’autorité parentale pour les conjoints violents et la déchéance pour les meurtriers. 

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